18 mois de prison avec sursis pour des faits de violences volontaires sur son ancienne compagne ont été requis contre un arbitre de Ligue 1, jugé ce vendredi par le tribunal correctionnel de Nîmes. Une décision qui intervient à quelques jours de la reprise du championnat.

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À moins de deux semaines du coup d’envoi de la nouvelle saison de Ligue 1, Abdelatif Kherradji, arbitre central ayant officié dans l’élite lors des deux derniers exercices, était jugé ce vendredi par le tribunal correctionnel de Nîmes pour des faits de violences conjugales. 18 mois de prison avec sursis, avec exécution provisoire et obligation de soins, ont été requis contre l’homme de 40 ans.

Selon des informations révélées ultérieurement par l’Équipe, confirmées par le parquet, deux épisodes distincts étaient reprochés à l’arbitre. Le premier remonte au 13 mars 2026, lorsqu’il est accusé d’avoir saisi son ancienne compagne «par le cou», avant de la tirer «par les bras et par les cheveux» au cours d’une dispute. Un second incident serait survenu, deux mois plus tard, le 13 mai, au cours duquel il lui est cette fois-ci reproché de l’avoir «tirée par le bras, agrippé par les épaules et plaquée contre le mur». La victime s’était alors vue prescrire trois jours d’incapacité temporaire de travail (ITT).

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Une défense fondée sur l’altercation réciproque

Au cours de l’enquête, Abdelatif Kherradji a contesté être le seul responsable des faits. Il a évoqué devant les enquêteurs une agression réciproque sur fond de fortes tensions au sein du couple. Son avocat, Eric Borghini, avait par ailleurs rappelé que son client bénéficiait de la présomption d’innocence et indiqué que sa défense serait exclusivement présentée devant le tribunal. Une demande de dépaysement du dossier avait également été formulée, l’ancienne compagne de l’arbitre exerçant comme avocate dans le ressort de Nîmes.

De son côté, Maître Olivier Morice, conseil de la plaignante, avait souligné auprès de l’Équipe la portée symbolique de cette affaire : «Les violences conjugales touchent tous les milieux, y compris celui de l’arbitrage. Il exerce un métier consistant à faire respecter les lois du football (...). Ma cliente attend une décision marquante de la justice afin qu’il ne puisse plus reproduire ce type d’acte.»

L’exemplarité du football français mise à l’épreuve

Avant l’audience, la Commission fédérale des arbitres avait déjà entendu Abdelatif Kherradji afin de recueillir sa version des faits. Placé sous contrôle judiciaire depuis le 15 mai et actuellement en arrêt maladie, l’arbitre n’a pas repris ses fonctions.

La Fédération française de football avait, jusqu’à présent, indiqué ne disposer d’«aucune information officielle» sur cette procédure, tout en précisant qu’elle adapterait sa réponse «dans le respect de son exigence constante d’exemplarité» si des éléments judiciaires lui étaient communiqués.

Le tribunal rendra son délibéré le 19 août à 9 heures.