La frénésie du mercato anglais n’a jamais été aussi intense que cet été. De quoi nourrir une certaine inquiétude outre-Manche : jusqu’où la Premier League ira-t-elle ?

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4 milliards. Plus précisément, 4.117.500.000 euros, selon le site spécialisé Transfermarkt. C’est la somme dépensée par des clubs de Premier League dans l’achat de joueurs lors du mercato estival, qui s’est achevé le mardi 1er septembre. De quoi pulvériser son record datant de l’été précédent, 3,60 milliards d’euros. Personne ne dépense autant que les Anglais, le monde du football le savait déjà. Mais l’inflation peut choquer.

Un seul autre championnat a franchi la barre du milliard de dépenses : la Serie A italienne (1,15 Mda). Suivent la Bundesliga allemande (781 M), la Liga espagnole (755 M) et la Ligue 1 (609 M). Le contraste s’explique d’abord par la différence au niveau des droits télés. «Entre les droits domestiques et les droits étrangers, ils sont à plus de 4 milliards d’euros à se partager» par an, rappelle l’agent de joueurs Bruno Satin dans les colonnes du Parisien.

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Le plus petit budget de Premier League serait top 6 en France

À titre de comparaison, les clubs de Ligue 1, victimes indirectes des fiascos de Mediapro puis de DAZN, n’avaient que 80 M€ à se partager la saison dernière selon L’Équipe . Les disparités se ressentent aussi dans les budgets. Sunderland était dernier de Premier League dans le domaine avec 110 M€ en 2025-26. En L1, il aurait eu le 6e plus gros budget, à égalité avec Lille, Lyon et Rennes.

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Cet été, dix joueurs ont été transférés pour plus de 80 M€, dont neuf en Premier League. Et parmi les neufs, sept sont passés d’un club anglais à un autre, de quoi renforcer un cercle qui s’avère vertueux... pour l’instant. «Une crise du crédit se profile, le monde du football peut s’inquiéter», a prédit un dirigeant outre-Manche dans les colonnes de The Independent .

Dans son enquête intitulée «Comment la cupidité de la Premier League pourrait bientôt causer sa chute soudaine», le quotidien britannique révèle que plusieurs responsables de clubs étaient «non pas enthousiastes, mais choqué et inquiets» devant ce mercato hors-sol. De nombreuses formations auraient soumis l’idée de transferts gratuits pour cette année, avec un paiement étalé sur les saisons suivantes.

Le gagnant du mercato ? «Les sociétés de crédit»

«On parle souvent de “Qui est le gagnant du mercato”. La réponse est évidente : les sociétés de crédit qui financent ces transferts», écrit The Independent, relatant le souhait de plusieurs dirigeants de voir naître un contrôle accru des transactions. Mais une «correction du marché» risquerait de faire «éclater la bulle», poursuit le journal britannique, soulignant que les clubs des divisions inférieures seront les plus impactés.

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«Tout cela s’effondrera. Et quand ça arrivera...», prophétise une autre personne influente sous couvert d’anonymat. En attendant, la Premier League est toujours considérée comme le plus grand championnat de football au monde avec ses chocs quasi hebdomadaires : Aston Villa-Arsenal la semaine dernière, Arsenal-Chelsea ce dimanche et le derby de Manchester le week-end prochain. Jusqu’ici, tout va bien.