L’emblématique numéro 8 du Stade Rochelais, rappelé en équipe de France après un an d’absence, va faire face, ce dimanche à Deflandre, au jeune Bordelais, grand espoir du poste.

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Retour en force. Grégory Alldritt a été rappelé, ce mercredi, en équipe de France, après un an de mise à l’écart, loin des radars. L’an dernier, il faisait partie des bannis, avec Damian Penaud et Gaël Fickou, ces anciens cadres tricolores écartés pour le dernier Tournoi des nations, finalement remporté par les Bleus. Encore capitaine des Bleus contre l’Australie en novembre 2025, en l’absence d’Antoine Dupont, Alldritt n’avait pas été revu à Marcoussis depuis. Moins performant après une blessure à un mollet.

Longtemps seul troisième-ligne centre de métier du groupe France, le Gersois a été moins en vue durant le second mandat de Fabien Galthié. Moins percutant, moins tranchant dans ses prises de balle, lui qui habituellement gagnait de précieux mètres balle en main. Le Rochelais aux 58 sélections avait d’ailleurs demandé après le Mondial 2023 de pouvoir faire une pause, afin de se régénérer. Début octobre, il reconnaissait sans langue de bois : «Pour être honnête, je sais que j’ai du retard avec l’équipe de France. Donc je vous avoue que je préfère me concentrer sur le fait que La Rochelle doit redevenir un club dominant et, moi dans le sillon, être dominant à mon tour.»

Tout ce temps loin de Marcoussis, ça m’a manqué et ça m’a aussi remotivé

Grégory Alldritt

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Retour de flamme. Le solide numéro 8 des Maritimes (1,91 m pour 115 kg) a retrouvé, depuis, de son mordant et de sa densité. L’équipe de France étant, pour lui, un objectif affiché. La prochaine Coupe du monde, une source évidente de motivation. «Je suis assez détaché, mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas être en équipe de France et que je m’en fous, loin de là. Jouer cette Coupe du monde fait partie de mes rêves», a-t-il récemment reconnu dans les colonnes de L’Équipe, avant que son retour ne soit officialisé. Auparavant, il avait confié sans fard : «Tout ce temps loin de Marcoussis, ça m’a manqué et ça m’a aussi remotivé. Je suis prêt.»

En son absence, la concurrence s’est aiguisée. La relève a pointé le bout de son nez. Le deuxième-ligne lyonnais Mickaël Guillard, descendu d’un cran, a d’abord brillé, en numéro 8, lors de la tournée 2025 en Nouvelle-Zélande. Option nouvelle. Et puis, dans la foulée de ses excellentes performances avec l’UBB double championne d’Europe, Marko Gazzotti, seulement 22 ans, a gagné en maturité, il s’est fait la couenne. «J’avais simplement envie de donner le maximum de ce qu’il me restait dans les jambes après cette longue saison. Pour le reste, c’est au sélectionneur et au staff de décider si j’ai marqué des points ou non», confiait-il fin juillet après sa tournée réussie dans l’hémisphère sud.

«Il est très ambitieux, dans le bon sens du terme. Il a parfois fallu le tempérer»

L’ancien champion du monde U20 (1,92 m, 110 kg) a beaucoup d’énergie et de puissance à revendre. Comme en atteste sa performance de (très) haut vol lors de la finale de la dernière Champions Cup remportée par Bordeaux-Bègles face au Leinster, à Bilbao. Et le joueur formé à Grenoble sait où il veut aller. Tout en haut. Dans L’Équipe, son manager Yannick Bru avait raconté : «Il est très ambitieux, dans le bon sens du terme. Il a parfois fallu le tempérer. "Marko, tu n’as que 19 ans…", puis "Marko, tu n’as que 20 ans…" et aujourd’hui "Marko, tu n’as que 21 ans"… Mais pour lui, ça n’allait pas assez vite. Il a cette rage de réussir.»

Il est redoutable sur le grattage, c’est un très gros plaqueur, avec une puissance dingue. Un marteau-piqueur dans les rucks, avec cette force naturelle

Yannick Bru à propos de Marko Gazzotti

Le manager bordelais dresse tous les points forts du natif d’Aix-les-Bains, débarqué en Gironde à l’été 2023. «Il est redoutable sur le grattage, c’est un très gros plaqueur, avec une puissance dingue. Un marteau-piqueur dans les rucks, avec cette force naturelle…» Tout en soulignant «une capacité d’accélération, un travail de pieds et un changement de rythme dans les collisions exceptionnels.» Et l’intéressé - qui, plus jeune, avait pour modèles «Richie McCaw et Thierry Dusautoir pour le travail de l’ombre et Louis Picamoles car il avançait tout le temps» - de confier : «J’essaie de prendre du plaisir sur le terrain et de donner le maximum pour l’équipe. J’espère pouvoir continuer encore longtemps de cette façon.»

Fabien Galthié avait expliqué ce qu’il attend d’un troisième-ligne centre : «Un numéro 8, c’est quelqu’un qui contrôle le jeu. Il contrôle le jeu de l’équipe, mais aussi celui de l’adversaire. Il est en connexion avec les décideurs, c’est-à-dire les animateurs de la défense et de l’attaque. C’est son rôle, il doit le tenir.» Ce dimanche soir, à Marcel-Deflande, les deux grands numéros 8 vont vouloir marquer leur territoire. Pour Alldritt, montrer qu’il n’appartient pas au passé. Pour Gazzotti, prouver qu’il incarne bien l’avenir. Choc des générations.