DÉCRYPTAGE - Le RC Lens a vécu une soirée cauchemardesque en Belgique. Malgré plusieurs occasions franches en première période, les hommes de Yannick Cahuzac ont été punis par l’efficacité du Club Bruges (3-0), avant de sombrer après la pause face aux offensives belges.

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TOPS

Sommer a été inarrêtable

Auteur de six arrêts, le gardien suisse a écœuré les Lensois. Yann Sommer a été décisif à plusieurs reprises, notamment sur le coup franc enroulé de Thorgan Hazard (13e), la frappe de Matthieu Udol au retour des vestiaires (48e) et surtout la tête de Florian Thauvin, à peine entré en jeu (60e). L’ancien portier de l’Inter Milan a également repoussé une tentative de Jean-Clair Todibo avant de voir sa défense intervenir sur plusieurs situations chaudes. Jusqu’à la dernière minute, il a été impérial avec un dernier arrêt face à Edouard (88e). S’il a fini par être aidé par ses partenaires, il a surtout permis au Club Bruges de conserver son avantage dans les moments où Lens semblait capable de revenir. Une prestation de patron, essentielle dans ce succès belge après quelques erreurs lors des deux premières journées de C1.

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Le virevoltant duo Forbs/Virgili

Les deux offensifs brugeois ont constamment posé des problèmes à la défense lensoise avec 86 ballons touchés à deux. Carlos Forbs a fait parler sa vitesse et sa capacité à éliminer, avec une accélération dévastatrice sur le troisième but (72e). Après une perte de balle de Florian Thauvin, il a pris le dessus sur son adversaire avant de tromper facilement Risser du pied gauche. Déjà impliqué sur le deuxième but avec son centre à ras de terre pour Joaquin Seys (50e), il a été l’un des grands artisans de la victoire belge. De son côté, Jan Virgili a apporté, malgré quelques déchets, du mouvement et de la percussion, à l’image de sa tentative contrée par Aguilar (28e) et de ses déplacements entre les lignes. Leurs appels ont régulièrement étiré le bloc lensois et mis en évidence ses difficultés à défendre les espaces.

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La belle sensation Kadile

Dans une soirée difficile pour le RC Lens, certaines individualités ont tout de même montré de belles choses, à commencer par Junior Kadile. Remuant dès les premières minutes, l’international congolais a provoqué plusieurs fautes et contribué à installer son équipe dans le camp adverse. Le natif de Rennes a surtout été tout proche de faire basculer la rencontre avant la pause. Après une première situation lensoise dans la surface, il a obligé Sommer à réaliser une superbe parade sur une tête bien placée (43e), puis a vu Spileers repousser sa frappe devant la ligne (41e). Sa mobilité et sa capacité à se projeter ont régulièrement déstabilisé la défense brugeoise. Malgré la défaite, Kadile a marqué des points et confirmé qu’il pouvait représenter une option intéressante pour la suite de la campagne européenne.

FLOPS

Les curieuses décisions de Cahuzac

Le choix de Yannick Cahuzac de faire tourner en Ligue des champions interroge forcément après une telle défaite. Florian Thauvin, Odsonne Édouard et Kyllian Antonio ont tous débuté sur le banc, alors que le RC Lens avait besoin de ses meilleurs éléments pour affronter une équipe brugeoise particulièrement dangereuse offensivement. L’entrée de Thauvin à la 58e minute a d’ailleurs immédiatement changé le visage de l’attaque lensoise. L’international français a apporté du mouvement et s’est procuré une grosse occasion de la tête, repoussée par Sommer (60e). Le remplacement de Samson Baidoo par Jean-Clair Todibo dès la pause pose également question, tant le trio défensif lensois avait jusque-là plutôt bien contenu les offensives belges. Avec le recul, et malgré le choc face au Paris FC samedi en Ligue 1, ces choix n’ont pas permis aux Sang et Or de rivaliser sur la durée.

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Les fumigènes du parcage lensois

Les supporters lensois ont aussi contribué à une soirée difficile pour leur équipe. La rencontre a été interrompue à la 29e minute après des incidents dans le parcage visiteur, où des projectiles ont été lancés depuis les tribunes. Cette interruption a cassé le rythme d’une équipe artésienne jusque-là entreprenante, qui s’était procuré plusieurs occasions franches - dont un poteau d’Ivanovic, et semblait en mesure d’ouvrir le score. Le temps additionnel de 3 minutes a ensuite permis au Club Bruges de porter un coup terrible aux Lensois, avec l’ouverture du score de Hans Vanaken à la 45e+3 minute. Impossible d’affirmer que cet épisode a directement provoqué le but, mais cette fin de première période a constitué un tournant majeur. Alors que Lens avait jusque-là dominé les débats, les Sang et Or ont rejoint les vestiaires avec un retard particulièrement cruel.

Le manque de réalisme lensois

C’est sans doute le principal regret de cette soirée européenne. Comme face au Sporting la semaine dernière, le RC Lens, dont le compteur final affiche 11 tirs cadrés pour zéro but, a eu les occasions pour prendre l’avantage, mais n’a jamais réussi à concrétiser ses temps forts. Dès la 13e minute, Thorgan Hazard a obligé Yann Sommer à une belle parade sur coup franc, avant que Franjo Ivanovic ne trouve le poteau sur une frappe enroulée (14e). Junior Kadile a ensuite buté sur le gardien suisse (43e), tandis que Jorne Spileers a repoussé sa tentative devant la ligne (41e). Au total, les Lensois ont multiplié les situations dangereuses sans parvenir à faire trembler les filets. En face, avec trois buts sur cinq frappes cadrées, Bruges a puni presque chaque erreur avec les buts de Vanaken (45e+3), Seys (50e) et Forbs (72e). À ce niveau, cette différence d’efficacité se paie cash. Et les Artésiens en ont fait l’amère expérience, avec une défaite (3-0) qui ne reflète pas totalement leur première période, mais souligne leurs lacunes dans les deux surfaces.