CRITIQUE - Le premier roman de Yasmina Behagle retrace avec une rage tendre le parcours cabossé d’une jeune femme en mal d’évasion.

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Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l’étudiant en France est, après le journaliste et le policier, l’être le plus universellement méprisé. Semblable au fou qu’on évite du regard dans la rue, il survit d’expédients au bas de l’échelle, soumis à des conditions aberrantes. Pour peu qu’il soit inscrit dans un département jugé secondaire dans une université publique, personne ne jugera bon de lui accorder la moindre valeur d’usage.

Le premier roman de Yasmina Behagle, La méthode suédoise, peint la violence de cet abandon. Cela faisait longtemps qu’une romancière n’avait pas mis en scène de manière aussi crue le spectacle de la misère morale et l’étiolement des corps dans l’enceinte universitaire. On se laisse prendre sans résister par son ton réfractaire, provocateur, intrépide, frondeur.

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« La chair est triste, hélas », jurait le poète. Dans La méthode suédoise, elle est non seulement triste, mais fausse, morne, glaciale, mécanique, à peine récréative : « Et…