Capable de détecter un contact invisible à l’œil nu, le ballon connecté s’installe progressivement dans le paysage du football. Son intervention lors de Portugal-Croatie lors du Mondial 2026 avait déjà offert une démonstration spectaculaire de son potentiel, avant son arrivée à grande échelle en Liga.

Passer la publicité Passer la publicité

Le football n’a jamais autant cherché à objectiver ses décisions. S’il a longtemps été un simple instrument du jeu, le ballon lui-même est en train de devenir aujourd’hui une véritable source de données. La technologie du «Connected Ball», déjà utilisée par la Fifa depuis le Mondial 2022, permet désormais de savoir, avec une extrême précision, quand et comment le cuir a été touché. Une évolution certes discrète, mais appelée à prendre une place croissante dans l’arbitrage avec une arrivée progressive dans les plus grandes compétitions.

Le principe repose sur un petit capteur intégré au ballon. En Liga, où cette technologie sera utilisée cette saison, celui-ci pèse seulement 15 grammes et associe notamment un accéléromètre et un gyroscope. Pour résumer, cela permet de mesurer les mouvements du ballon, sa vitesse, les forces qui lui sont appliquées et surtout, détecter les contacts. Des données qui sont ensuite transmises à des antennes installées dans les stades.

Passer la publicité

En Espagne, douze antennes assureront cette couverture, avec trois derrière chaque but et trois sur chaque tribune latérale. Le but est simple et permet de déterminer avec précision la position exacte du ballon en synchronisant ces informations avec les images des caméras. Le système transmet jusqu’à 560 signaux par seconde aux antennes et permet de localiser le ballon à raison de 100 signaux par seconde. L’objectif est ensuite de faire parvenir toutes ces informations directement à la salle de VAR.

Comme l’explique Luis Mosquera, expert des données football et technologie chez Kinexon cité par Mundo Deportivo, «tout ce flux et d’images de caméras est synchronisé» afin de permettre aux arbitres de disposer d’une lecture beaucoup plus précise des situations litigieuses.

Cinq situations particulièrement surveillées

Évidemment, le ballon connecté n’a pas vocation à intervenir sur chaque action. Son utilisation concerne surtout les situations où les images peuvent laisser subsister un doute.

Le premier cas concerne les hors-jeu, notamment lorsqu’un joueur effectue une touche intermédiaire avant la passe décisive. Il peut également aider à déterminer un contact avec la main difficilement visible, l’ordre des contacts lors d’un tacle ou d’un duel, certains ballons disputés à proximité des lignes et les éventuels doubles contacts sur penalty.

Le cas du hors-jeu constitue sans aucun doute l’une des applications les plus spectaculaires. Puisque le ballon sera capable d’indiquer précisément à quel moment un joueur l’a touché, permettant de synchroniser cet instant avec la position des joueurs fournie par le système de détection automatique du hors-jeu, rien que ça.

Passer la publicité

Eduardo Prieto, responsable de la VAR au CTA espagnol, résume les faits d’une formule bien plus parlante :«Nous avons réussi à faire parler le ballon. Grâce à cette voix, nous allons être plus précis», toujours sur Mundo Deportivo.

À lire aussi Ligue 3 : qu’est-ce que le Football Video Support, la nouveauté de l’arbitrage testée en France ?

La démonstration grandeur nature de Portugal-Croatie

Rappelez-vous le Portugal-Croatie, le 3 juillet dernier, lors de la Coupe du monde. En huitième de finale, les Croates pensaient avoir égalisé dans le temps additionnel grâce à Josko Gvardiol, mais, l’action avait commencé par un contact extrêmement léger d’Igor Matanovic avec le ballon.

Le capteur du Trionda avait enregistré ce toucher. Celui-ci signifiait que le ballon avait été remis en jeu par Matanovic avant de parvenir à Mario Pasalic, finalement signalé hors-jeu... le but avait donc été refusé. Une décision qui avait suscité le plus vif intérêt.

Un nouveau maillon de la chaîne technologique

La technologie ne s’arrête pas à l’arbitrage. Les données récoltées peuvent également renseigner sur la vitesse du ballon, la puissance d’une frappe ou certains paramètres liés au toucher de balle, autant d’informations susceptibles d’intéresser les staffs techniques et les diffuseurs.

En Liga, chaque club disposera de vingt ballons connectés, qui seront vérifiés avant les rencontres, rechargés puis conservés sous surveillance. Au total : quatorze ballons seront prévus pour un match (même si un seul sera utilisé sur le terrain à la fois).

Passer la publicité

Pour l’UEFA, comme pour les différentes instances qui développent ces outils, l’enjeu est vraisemblablement de rendre les décisions plus rapides, plus précises et surtout plus cohérentes. Néanmoins, chaque nouveau degré de précision ouvre aussi une nouvelle frontière, surtout dans un football enregistré, quantifié, et analysé presque instantanément.