Dans le prolongement de son retour au PSG Judo, le quintuple champion olympique a donné de ses nouvelles, lui qui manquera notamment les Championnats du monde au mois d’octobre en raison d’une blessure à l’épaule.
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Sportivement, que vous apporte le fait de resigner au Paris SG jusqu’en 2028 ?
Teddy Riner : Sportivement, le fait d’être dans un club comme le Paris Saint-Germain, cela signifie participer à la Ligue des champions chaque année. Parler du championnat de France, je pense que ça serait un petit peu trop minimaliste. Après, la structure fait que, médicalement parlant, je dispose de tout ce qu’un sportif de haut niveau doit avoir pour pouvoir être au top. Autour de moi, j’ai mon préparateur physique, un spécialiste technique et c’est une des choses pour lesquelles j’ai signé : avoir les meilleures personnes et les meilleures structures pour pouvoir m’entraîner à l’international.
Vous avez dû renoncer aux Championnats du monde en raison d’une blessure. En quoi celle-ci vous gêne-t-elle ?
Elle me gêne parce que je ne peux pas faire de judo pour l’instant, puisque j’ai une fissure au niveau de mon épaule. Mais je reste hyper positif parce que je me suis déjà fait opérer en 2013 d’une telle blessure, et cela a tenu jusqu’en 2026 tout en me permettant de gagner de belles compétitions. Donc il faut voir aussi le bon côté des choses. J’arrive en fin de carrière, et ce petit pépin sera bientôt réglé, j’en suis persuadé. Cela fait partie de la carrière des sportifs de haut niveau. Il faut juste que je prenne mon mal en patience.
Justement, ne trouvez-vous pas le temps très long depuis votre dernier combat en décembre 2024 ?
Là, il est surtout un petit peu long depuis que je suis blessé. Mais si on parle de mes dernières compétitions qui sont pour moi les Jeux olympiques à Paris en 2024 et la Ligue des champions qu’on a remportée avec le club, non, car j’ai été pendant de nombreuses années sur le tapis, et cela a toujours été une course contre la montre pour être prêt à chaque grande compétition. Aujourd’hui, avec ce que j’ai fait dans ma carrière, je peux davantage me permettre de prendre mon temps. Et si je continue, ce n’est pas pour courir, pour avoir des contraintes ou pour me confronter à une partie parfois négative, je veux vraiment être juste positif jusqu’en 2028 pour prendre du plaisir et avoir le smile (sourire).
À deux ans des Jeux de Los Angeles, avez-vous le temps de prendre votre temps ?
Oui, car ce n’est pas comme si je ne savais pas comment préparer des Jeux olympiques. Je sais exactement comment m’y prendre et avec qui. Donc non, je ne suis pas inquiet. Dans mon idée, la période juin-juillet 2027 marquera le top départ.
Donc cette blessure ne vous apparaît pas comme un fâcheux contretemps…
Non, je ne le vis pas du tout comme ça. Je le vis comme un «tant pis» parce que cela n’aurait pas été mon premier Championnat du monde. Je suis rentré à l’INSEP en 2004 et depuis, j’en ai mangé des Championnats du monde. J’ai eu la chance d’avoir une belle carrière. Elle n’est pas finie. Cette blessure fait partie du jeu et il faut l’accepter. Moi, je n’ai pas de problème avec ça, vraiment.
Arriver numéro un mondial, ce n’est pas mon objectif. Arriver dans le top 10, c’est mon objectif.
Teddy Riner
À Lausanne, vous auriez pu vous mesurer à Inal Tasoev, le numéro 1 mondial de votre catégorie…
On aura le temps de se rencontrer. Et puis, si on ne se rencontre pas et que je gagne, tant mieux pour moi. Mais de toute façon, la compétition, c’est comme ça. Je ne peux pas en disputer une et me dire que je ne vais combattre aucun grand nom. De toute façon, tôt ou tard, je vais aller chercher la rivalité, la vraie.
D’ici aux Jeux, contrairement à Paris 2024, il va falloir que vous alliez chercher un quota olympique, ce qui signifie faire plusieurs compétitions…
Oui, je sais bien. J’ai en tête qu’il va falloir monter sur quelques compétitions pour me qualifier, pour me placer pas trop mal dans le tableau. Arriver numéro un mondial, ce n’est pas mon objectif. Arriver dans le top 10, c’est mon objectif. Cela veut dire qu’il faudra que je prenne à quatre ou cinq grandes compétitions, maximum six, d’ici les Jeux. Après, on verra lesquels selon mon état de forme.
Beaucoup de Français aimeraient vous revoir à l’occasion du Grand Slam à Paris en février…
Ça sera toujours un plaisir de remonter sur les tatamis parisiens, mais comme je le disais, on verra au moment voulu pourquoi on fait cette compétition et quel est le but qu’on recherche par rapport aux Jeux olympiques de 2028. Je suis plus sur mes deux ou trois dernières belles années de judo, donc à un moment, il faut aussi savoir quelles sont les priorités. Donc chaque chose en son temps. Là, si tout va bien, je devrais pouvoir reprendre d’ici deux ou trois semaines. Quand mon corps sera bien remis et débarrassé de tout pépin physique, alors je pourrais me projeter et commencer à établir une feuille de route.
La Ligue des champions à Paris, est-ce un réel objectif pour vous sur ces deux prochaines années ?
Bien sûr, c’est un objectif pour le club, donc c’est un objectif pour moi. Gagner une nouvelle Ligue des champions, soit décrocher la troisième avant le foot, pourquoi pas ? Parce qu’il y a aussi cette petite rivalité. C’est un club multisport, on est tous sous le même étendard, mais on aime aussi se challenger. Donc ça serait bien de pouvoir la gagner à la maison. L’objectif est là. On a le groupe et le potentiel pour.
Léa Fontaine a été victime récemment d’insultes et de propos grossophobes sur les réseaux sociaux. Quel est votre regard sur cette situation ?
Comme d’habitude, on voit que certains, derrière la toile, se permettent certaines choses inadmissibles, qu’il faut sanctionner parce que je trouve que c’est déplorable. C’est inconcevable aujourd’hui de laisser des choses comme ça se faire. Surtout que Léa Fontaine est jeune. Heureusement qu’elle a la tête bien sur les épaules et qu’elle ne fait pas attention à ça pour avancer, parce que ça peut faire du mal. Je veux qu’elle sache en tout cas qu’on est avec elle et qu’on ne laissera pas passer ces choses-là.
