LE SCAN SPORT – Jeudi, par le biais de ses réseaux sociaux, Tiziri Digne est revenue sur ses propos – lunaires – ayant suivi les violences du 17 octobre. En tirant à tout-va sur le RN, les casseurs, la violence institutionnelle, etc.
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«Arrêtez de faire les choqués pour une vitrine de luxe pillée ou un arrêt de bus incendié alors qu’il y a des problèmes bien plus profonds qui touchent notre société.» Le week-end dernier, Tiziri Digne, la femme du footballeur du Paris SG Lucas Digne, avait commenté, par le biais de ses réseaux sociaux, les violences du 17 octobre en établissant notamment des parallèles pour le moins déplacés avec la Révolution française de 1789 ou d’autres révoltes populaires importantes de l’histoire de France.
Quatre jours après sa sortie pour le moins surréaliste, l’influenceuse et cofondatrice de l’association Smile for Kids a tenu à revenir sur ses propos, en commençant son (long) monologue de plus de dix minutes par une note d’intention, pour répondre aux nombreuses critiques suscitées par sa sortie sur Instagram. «Quand on touche à leur petit confort, au beau quartier de Paris, aux belles boutiques, tout le monde s’indigne, crie, est choqué, met des stories ou les republie. Alors moi, à ce moment-là, quand j’ai vu ça, je me suis dit : «Il y a quand même quelque chose qui ne va pas.» Ok, c’est grave. Ces casseurs doivent être arrêtés et jugés. À aucun moment, je n’ai été de leur côté. Je tiens quand même à le répéter, pour ceux qui n’ont pas bien compris. Je suis contre toute forme de violence et de délinquance. Or, cette violence-là, elle existe, il faut en parler et la dénoncer, il faut de la répression, de la fermeté dans les sanctions.»
On est en train de casser nos enfants, la santé et l’éducation. Et cette violence-là, on n’en parle pas assez et on n’en est pas assez choqués.
Tiziri Digne
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Tiziri Digne aurait alors pu en rester là et se contenter de cette mise au point, nette et précise. Mais tel n’a pas été le choix de la jeune femme, qui se lance ensuite dans une diatribe partant dans tous les sens. «En revanche, ce que je ne trouve pas normal, c’est que la violence institutionnelle qui nous concerne tous au quotidien depuis des années, personne n’a l’air plus choqué que ça de ces casses-là. Comme celle de l’hôpital. Quand on est en France et que les gens ne peuvent plus se soigner correctement parce qu’on manque de moyens, de personnel, de lits dans les hôpitaux ou tout simplement car ces personnes n’ont plus assez d’argent pour se soigner et avoir accès aux soins. Ça, pour moi, c’est de la casse. La casse de l’école, aussi. Quand nos enfants sont 35 par classe, comment voulez-vous qu’ils étudient correctement ? Les étudiants sont dans des locaux délabrés. Il y a un manque de professeurs. Parcoursup, ça ne fonctionne pas, l’algorithme est complètement à la ramasse. Les étudiants ne peuvent même pas choisir leurs études. On est en train de casser nos enfants, la santé et l’éducation. Et cette violence-là, on n’en parle pas assez et on n’en est pas assez choqués (…) Ça nous touche quotidiennement et ça va toucher nos enfants pour leur avenir. Et je trouve ça horrible d’en arriver là dans un pays comme la France en 2026.»
Et la femme de 33 ans de poursuivre, avec les médias et les politiques dans le viseur. «J’ai vu énormément de belles images de ces manifestations. J’ai vu des jeunes chanter, danser, j’ai vu des mamies applaudir, j’ai vu des papys donner des bouteilles d’eau, j’ai vu des jeunes accompagner des personnes âgées. Et malheureusement, les médias et le gouvernement préfèrent décrédibiliser ce mouvement et même l’invisibiliser en ne braquant les caméras que sur le négatif et ces casseurs. Parce que des casseurs, il y en a toujours. Ils viennent là pour foutre la merde, casser, voler, piller. Il faut en parler, le dénoncer. Mais quand ça prend plus de 70 % du temps d’antenne, excusez-moi d’être outrée. Au lieu de mettre en lumière les revendications du peuple, leurs demandes, leurs inquiétudes, de les entendre, de les écouter et, bien sûr, de leur donner des réponses.»
Au passage, Tiziri Digne en profite pour faire référence à Marine Le Pen, condamnée pour détournement de fonds publics à 3 ans de prison (dont 1 an ferme aménagé sous bracelet électronique). «La violence est également dans le choix de nos candidats pour les futures élections, puisqu’on peut maintenant être délinquant et se présenter à une élection présidentielle en France. On peut avoir des casiers judiciaires longs comme le bras, avoir un bracelet électronique et prétendre au plus haut poste. La violence, elle est là.» Sur les forces de l’ordre, elle se veut plus nuancée : «Je n’ai aucun problème avec la police. Pour moi, ce sont des hommes qui font un travail honorable. Ils sont là pour nous défendre, nous protéger. Je suis profondément humaine. J’aime les choses justes et honnêtes. Ce n’est pas parce qu’on respecte les forces de l’ordre qu’on ne peut pas aussi dénoncer les bavures policières, qu’on ne peut pas aussi dénoncer les réponses parfois disproportionnées, comme on a pu en voir au début du mouvement. Les coups de matraque sur des petits jeunes de 14 ans, étrangler des petites jeunettes sur les trottoirs, les lacrymos, etc. Je pense qu’il faut doser quand même.»
