Leader actuel du Rolex SailGP Championship, le marin australien se confie avant de retrouver l’équipe de France ce week-end à Genève.

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Super star de la voile internationale et australienne, Tom Slingsby a tout gagné : Jeux olympiques (en 2012 à Londres en catégorie Laser), championnats du monde (cinq titres), Coupe de l’America (en 2103 avec l’équipe américaine Oracle)… Désormais à la barre de l’équipe australienne Bonds Flying Roos engagée sur le Rolex SailGP Championship et leader actuel de ce circuit spectaculaire en plein développement, le marin de 42 ans participe ces vendredi et samedi à l’étape de Genève, la 11e sur 13, sur le Lac Léman. L’occasion pour le «Témoignage Rolex» de répondre (par mail) aux questions du Figaro avant d’affronter (notamment) l’équipe française DS Automobiles Team.

LE FIGARO. - Avec cinq victoires lors des neuf premières épreuves de la saison SailGP, vous avez clairement dominé le circuit cette année. Comment expliquez-vous un tel succès ?

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Tom SLINGSBY. - Cette année a été formidable et je l’explique par le fait que nous sommes une équipe extrêmement soudée, qui progresse constamment. Nous avons apporté quelques petits changements pendant l’intersaison, mais nous sommes convaincus qu’il faut toujours être meilleurs que la veille. Que pouvons-nous faire, individuellement et en équipe, pour nous améliorer sans cesse ? Je crois que ce travail acharné au quotidien explique nos excellents résultats cette saison.

Que pensez-vous de la navigation sur le lac Léman ? Est-ce radicalement différent de la compétition en mer ?

J’aime beaucoup naviguer sur le lac Léman. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours été considéré comme un « spécialiste du vent fort », mais j’apprécie vraiment le défi qui consiste à améliorer mes compétences par vent faible. Genève offre l’occasion parfaite de continuer à apprendre et à progresser. De plus, la finale à Abou Dhabi se déroulera dans des conditions de vent faible ; Genève constitue donc l’entraînement idéal pour la grande finale.

Je pense que je ne me suis jamais autant amusé au cours de ma carrière

Tom Slingsby

Quel plaisir retirez-vous de naviguer à des vitesses aussi incroyables ?

Naviguer à de telles vitesses procure une énorme montée d’adrénaline, mais ce que j’apprécie le plus, c’est le défi d’essayer d’aller juste un peu plus vite que nos concurrents. Peu importe s’ils vont à 100 km/h, je veux aller à 100,1 km/h ; s’ils vont à 31 km/h, je veux aller à 31,1 km/h. C’est de ce défi que vient mon véritable plaisir.

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Avez-vous déjà ressenti ce niveau d’excitation et d’adrénaline auparavant au cours de votre remarquable carrière ?

Je pense que je ne me suis jamais autant amusé au cours de ma carrière. J’ai 42 ans aujourd’hui et, lorsque j’étais plus jeune, je cherchais à tout gagner sans jamais profiter des victoires. Il fallait toujours passer à la suite. Maintenant que je suis plus âgé, je ressens beaucoup de gratitude en sachant que je navigue dans le meilleur championnat de voile qui ait jamais existé, le Rolex SailGP Championship, avec certains de mes meilleurs amis. Nous remportons des succès et nous représentons notre pays avec honneur. Je suis vraiment reconnaissant de la position dans laquelle je me trouve aujourd’hui.

Le circuit SailGP continue de grandir année après année. Comment expliquez-vous le succès spectaculaire du championnat ?

Je pense que le succès du Rolex SailGP Championship s’explique par sa capacité à évoluer en permanence. À chaque épreuve, le circuit s’efforce d’améliorer tous les aspects de l’expérience, de la diffusion aux courses, en passant par l’accueil du public. Nous cherchons constamment à faire mieux que lors de l’événement précédent, et c’est cette exigence qui, selon moi, alimente la croissance continue de SailGP.

Jusqu’où pensez-vous que SailGP puisse se développer ?

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Honnêtement, je ne sais pas jusqu’où le championnat peut aller. Je crois qu’un jour, SailGP pourrait devenir l’une des cinq ligues sportives les plus regardées. Le championnat possède tous les éléments nécessaires pour réussir.

Que pensez-vous de l’équipe française SailGP ? Selon vous, quelles sont ses principales forces et faiblesses ?

L’équipe de France SailGP compte parmi les formations les plus talentueuses du circuit. Elle a remporté des épreuves et a été en lice pour de grandes finales, mais a subi quelques revers importants dans les phases finales. L’accident que l’équipe a subi (le 4 février dernier à Auckland, violent choc entre le bateau français et celui des Néo-Zélandais) a compliqué sa saison, mais elle possède de nombreuses qualités : de la vitesse, de l’audace et une vraie capacité à donner le meilleur d’elle-même sous pression. Sur le circuit SailGP, le moindre détail compte et la constance, d’une course à l’autre comme d’une épreuve à l’autre, fait souvent la différence. Si l’équipe française parvient à combiner son potentiel avec cette régularité, elle pourra s’installer durablement parmi les prétendantes au titre.

J’ai énormément de respect pour la tradition française de la course au large

Tom Slingsby

Vous avez accompli presque tout ce qu’il est possible d’accomplir en voile : titres olympiques, victoires aux championnats du monde, succès dans la Coupe de l’America… Si vous ne pouviez conserver qu’une seule course ou une seule victoire de votre carrière, laquelle choisiriez-vous ?

C’est une question très difficile, car j’ai eu la chance de vivre des moments incroyables. Mais, pour moi, ce sera toujours ma médaille d’or olympique en 2012 à Londres. Les hauts et les bas, ainsi que la difficulté de ce parcours sur le plan personnel, en font ma plus grande réussite.

Après avoir remporté la Coupe de l’America, le Néo-Zélandais Peter Blake s’est consacré à battre le record du tour du monde à la voile en équipage. Est-ce le genre de défi qui pourrait vous séduire ?

Haha, malheureusement je suis d’une autre trempe que sir Peter Blake. J’aime beaucoup la course au large, mais je pense que je préfère mon lit à neuf mois passés en mer. Ces gars étaient vraiment très endurants et j’ai désormais une jeune famille avec laquelle je souhaite passer tout mon temps libre en dehors de SailGP.

En France, la course au large en solitaire est une véritable institution. Comprenez-vous pourquoi elle occupe une place si particulière ?

J’ai énormément de respect pour la tradition française de la course au large. Les Français ont toujours montré la voie dans cette discipline de notre sport, et j’aime voir comment les traditions se transmettent de génération en génération. L’un de mes objectifs est de voir des traditions similaires autour de SailGP se transmettre aux jeunes navigateurs australiens.

Admirez-vous les marins capables de faire le tour du monde entièrement seuls ?

Absolument. J’ai pas mal pratiqué la course au large — rien de comparable à un tour du monde — et ces marins sont des athlètes incroyablement endurants et mentalement forts, comme on n’en voit dans aucun sport.

Avez-vous déjà navigué sur un trimaran Ultim ?

Non, mais j’aimerais beaucoup le faire.

Quels défis pourraient encore vous inspirer et vous enthousiasmer à l’avenir ?

Honnêtement, je suis tellement déterminé à ramener l’Australie sur la plus haute marche du podium de SailGP que cela concentre toute mon attention. L’année prochaine, nous aurons de nouveau une équipe australienne engagée dans le Coupe de l’America, dont je ferai partie ; je me concentrerai donc sur SailGP et sur l’America’s Cup.

En tant que Témoignage Rolex, que signifie cette relation pour vous ?

Je suis honoré d’être un Témoignage Rolex. Rolex entretient un partenariat de très longue date avec la voile au plus haut niveau et, lorsque l’on pense à la voile, on pense à Rolex. C’est donc une affiliation extraordinaire dont je fais désormais partie, et je veux représenter la voile et Rolex du mieux possible.