Autre épicentre de la contestation du projet de société commerciale de Gianni Infantino, le foot espagnol appelle au départ du président italo-suisse de la Fifa.

Passer la publicité Passer la publicitéLe Real Madrid a accueilli chaleureusement l’annonce du retrait du projet commercial de Gianni Infantino. Ce recul est «une excellente nouvelle pour le football», a ainsi salué le club espagnol, exprimant sa «gratitude» envers l'UEFA et les fédérations qui s'y sont opposées.

«Le Real Madrid salue la décision de la Fifa d'abandonner son projet de vente partielle des droits commerciaux de ses compétitions. Notre club considère qu'il s'agit d'une excellente nouvelle pour le football, ses institutions et, surtout, pour les millions de supporters de notre sport favori», écrit le géant espagnol dans un communiqué.

Passer la publicité«Une bonne nouvelle» également saluée par Javier Tebas. Avant de sortir la sulfateuse. Le président de la Liga espagnole, ouvertement hostile à Infantino, qu’il accusait déjà de «détruire le football», l’assure en lettres capitales sur X : «Infantino ne doit pas continuer». «Ce serait une grave erreur de penser que cela résout le problème de gouvernance, embraye le médiatique dirigeant espagnol. Les confédérations, associations, Ligues, joueurs... ne devraient pas se contenter de ce retrait et considérer l’affaire comme close. La question est bien plus profonde.»

Plus que jamais contesté, Infantino fait face à une fronde internationale, menée en particulier par l’Europe et l’Amérique du Nord, où l’UEFA et la Concacaf poussent pour sa démission. Une gronde qui n’a pas été apaisée par son retrait du projet de créer sa société commerciale Fifa Forward Entreprise, dont une part aurait été vendue à des investisseurs privés, parmi lesquels un membre de la famille Trump.

Le projet de société commerciale, «la pointe de l’iceberg»

Selon Tebas, ce projet n’était finalement que «la pointe de l’iceberg» dans le dossier à charge du président de la Fifa. «Avons-nous déjà oublié le retrait de la carte rouge après une intervention politique , interroge l’intéressé. L’enquête ouverte au Congrès des États-Unis, qui a requis la comparution de Gianni Infantino pour des comportements extrêmement graves ? Le retrait d’accusations dans des cas historiques de corruption de la FIFA ? Les prix scandaleux des billets de la Coupe du monde ? Les décisions unilatérales sur le calendrier international, les nouvelles compétitions et les formats, prises sans un véritable processus de dialogue et d’accord avec les parties impliquées ?»

Très critique envers le cavalier seul de l’ancien secrétaire général de l’UEFA, Tebas dénonce un «modèle de gouvernance qui concentre le pouvoir». Avant de conclure : «Pour toutes ces raisons, je pense que Gianni Infantino ne doit pas continuer à la tête de la FIFA. Le football mondial a besoin d’un nouveau leadership qui modernise sa gouvernance, retrouve la crédibilité institutionnelle et construise les décisions d’avenir en les accordant avec les acteurs impliqués, en évaluant préalablement leur impact sportif, économique et social, plutôt que de les imposer de manière unilatérale.»