Visage incontournable de la rentrée, en club comme en sélection, le prodige espagnol, en campagne pour le Ballon d’Or, est le facteur X de la Roja, qui vise le sans-faute en Croatie ce mardi (20h45).
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Un coup de canon d’entrée, un nouvel éclair, le troisième en trois matches, le troisième en moins de dix minutes sur le pré. Un triptyque express et un constat : Lamine Yamal ne s’embarrasse même plus avec une mise en route. Sur ses trois dernières sorties avec la Roja, de Wembley face à l’Angleterre (2-3) à samedi dernier face à la République Tchèque samedi (3-1), le prodige a frappé sur son premier ballon. Inévitable. «Il ne cesse jamais tous de nous surprendre», constate son sélectionneur Luis de la Fuente, lui-même circonspect après le dernier bijou de son numéro 19 face à la Tchéquie. Un contrôle pour s’orienter depuis l’angle de la surface avant d’enrouler dans le petit filet opposé, imparable.
Deux mois après la symphonie collective aux États-Unis, où il n’avait pas exactement régné sur la compétition, un temps diminué et surtout emporté par le collectif, Yamal a pris les choses en main en cette rentrée automnale. Après un début de saison déjà éclatant avec le Barça, la pépite catalane s’est imposée comme le visage de cette première fenêtre internationale de la saison, avant sa dernière sortie en rouge, pour la dernière journée de cette fenêtre de Ligue des nations, ce mardi en Croatie (20h45).
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Un adversaire comme une victime expiatoire pour l’ailier de 19 ans, qui a dû observer avec gourmandise la déroute historique des Vatreni face à l’Angleterre samedi (0-7). Si Luis de la Fuente présage un «sursaut d’orgueil et un supplément de motivation» pour la bande à Luka Modric, la bête blessée n’est pas du genre à effrayer l’Espagne et son joyau, déjà auteur d’un doublé exquis et d’une passe décisive au match aller à Séville (4-1). «Une de plus», avait ensuite publié l’intéressé en référence à sa liste de performances déterminantes dans la course au Ballon d’Or. Car ces coups d’éclat arrivent dans la dernière ligne droite des votes pour le Ballon d’Or (les votes sont clos depuis lundi), l’objectif assumé par l’attaquant espagnol. Et si la période de référence s’étendait sur la saison passée, jusqu’à la finale du dernier Mondial le 19 juillet, le début de saison de Yamal, en club comme en sélection, ne peut laisser personne insensible. Pas même les jurés les plus légalistes. Dans un sport où la culture de l’instant est plus forte que dans d’autres, l’état de forme du Barcelonais est un argument de poids au-delà de l’inédite campagne médiatique menée pour contrer les sorties des prétendants français (Dembélé, Mbappé).
Le Ballon d’Or comme objectif principal
Incontournable depuis la rentrée, le Catalan est considéré comme l’actuel meilleur joueur du monde, consacré par 60% de nos internautes dans un sondage comme par la presse madrilène, qui n’a d’autres choix que de s’incliner devant l’éclatante réussite du rival de Barcelone. «Lamine Yamal est en or» pour AS, «un candidat sérieux au Ballon d’Or» pour Marca. Un constat unanime à l’international à moins d’un mois de la cérémonie à Londres, le 26 octobre prochain. Deuxième l’an dernier, derrière l’intouchable Ousmane Dembélé, Yamal a fait de la distinction individuelle suprême l’un de ses grands objectifs de carrière à très court terme, lui qui n’a manifestement jamais été aussi pressé. «Si je ne gagne pas le Ballon d’Or, l’année suivante, je dois le gagner. Et si je le gagne, je veux en gagner cinq de plus. Je pense qu’on ne peut jamais s’arrêter, on peut toujours gagner encore et encore», a détaillé l’intéressé dans un long entretien à L’Équipe.
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Et pour prétendre à la récompense suprême, Yamal a décidé de se rapprocher de la zone de vérité. S’il soutient que «le Ballon d’Or n’a rien à voir avec le nombre de buts marqués», le Catalan a néanmoins compris que sa voix portait plus en gonflant les statistiques. Ainsi, avec 8 buts et 4 passes avec le Barça, où il s’éclate avec son compère Raphinha puis l’Espagne (4 buts, 1 passe) il s’est imposé comme le maître du monde du football depuis août. Le prodige s’exile moins sur son côté droit fétiche, où ses dribbles ne faisaient pas toujours avancer le jeu, et se retrouve plus proche de la surface. Résultat, il n’a jamais été aussi dangereux. «J’essaie aussi de me rapprocher davantage de la surface, de courir plus, de progresser encore, convenait-il auprès de L’Équipe fin septembre. L’efficacité était un aspect que je devais améliorer. Peut-être qu’entre le milieu de terrain et la surface, j’étais bon, mais il me manquait peut-être un peu plus, et je pense que je suis en train de m’améliorer là-dessus. Et ça se voit.»
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Début des responsabilités
À 19 ans, le jeune pressé a acté qu’il avait encore une marge de progression importante, et c’est peut-être la clé de son évolution. «Il a tellement de talent, de qualités et de possibilités qu’il nous reste encore à voir le meilleur de Lamine, promet son sélectionneur. Il progresse à un rythme effréné et maintient son niveau de performance de la sélection nationale, où il est déjà un élément incontournable. (…) Nous le voyons mûrir chaque jour davantage et c’est un plaisir de le regarder jouer.» Ses temps de passage invitent aux plus belles perspectives, ainsi que l’a récemment remarqué Andres Iniesta dans les colonnes de Mundo Deportivo : «Ce n’est pas normal d’avoir ce niveau-là, à cet âge, et ce qui est beau et important dans tout ça, c’est son ambition, son aisance… ce qui l’attend est magnifique.»
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Devenu début septembre le plus jeune capitaine de l’histoire du Barça, à 19 ans et 59 jours, un soir où il a fêté cette distinction par un coup franc, rappelant les grandes heures d’un certain gaucher capitaine en Catalogne, Yamal gagne déjà en maturité et en responsabilité, ce qui n’a échappé à personne et pas à son sélectionneur Luis de la Fuente, qui s’évertue toutefois, comme Hansi Flick à Barcelone, à protéger sa pépite, n’hésitant pas à la sortir à la mi-temps samedi à Oviedo. Et si, en bon diplomate, le sélectionneur de l’Espagne refuse de (trop) mettre en avant Yamal au détriment de ses autres partenaires prétendants au Ballon d’Or, puisque c’est de ceci qu’il s’agit pendant encore trois semaines, il reste emballé pour la suite des événements, en club comme en sélection : «Il est en train de devenir un joueur de légende».
