Ce mardi à Concarneau, le monde de la voile salue la mémoire du vainqueur du Vendée Globe, décédé en juin dernier.
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Un hommage à la hauteur du personnage. Et une grande fête populaire pour un homme discret. Le monde de la course au large a honoré mardi à Concarneau (Finistère) le vainqueur du dernier Vendée Globe, Charlie Dalin, emporté par un cancer en juin, à l'occasion d'un émouvant rassemblement maritime. Trois mois après le décès du navigateur, sa famille, les habitants de la ville où il résidait et des passionnés de voile se sont réunis en baie de Concarneau dans l'après-midi pour une parade nautique et un long temps de recueillement.
Peu après 17h00, des géants trimarans Ultim aux petits monocoques de la classe Mini, en passant par les Imoca du Vendée Globe, les Optimist et les Figaro, des dizaines de bateaux ont commencé à parader au large, devant des milliers de personnes. «Ce sont tous les bateaux qui ont jalonné la carrière de skipper de Charlie», a expliqué à l'AFP le marin Yann Eliès, l'un des organisateurs de l'événement, vainqueur en 2019 de la Transat Jacques Vabre avec Dalin.
Ce que Charlie aurait aimé transmettre va bien au-delà de la performance. Son message était finalement très simple : toujours croire en ses rêves.
Perrine Le Pape-Dalin
À bord de ces différents voiliers, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Tom Laperche, Yoann Richomme ou encore Armel Le Cléac’h, des dizaines d'anciens adversaires, équipiers ou amis du Normand, qui naviguaient à l'unisson lors d'un ballet impressionnant.
Le long de la corniche, le public écoutait attentivement les prises de parole de la ministre déléguée chargée de la Mer Catherine Chabaud, du président de la Fédération française de voile Jean-Luc Denéchau, et celle de la veuve du marin Perrine Le Pape-Dalin.
«Ce que Charlie aurait aimé transmettre va bien au-delà de la performance. Son message était finalement très simple : toujours croire en ses rêves. Il savait que ses rêves ne se réalisent jamais sans obstacle. Il a connu les doutes, les échecs, les moments où tout semble plus difficile, parfois même les épreuves qui paraissent insurmontables. Mais il avait cette capacité extraordinaire à ne jamais renoncer, à transformer les difficultés en énergie, et à faire de chaque épreuve une force», a-t-elle déclaré lors d’un magnifique discours.
«Il ne cherchait pas un chemin facile mais il cherchait son chemin. Alors, si son histoire peut aujourd’hui donner à une seule personne le courage de croire en elle, de poursuivre un rêve qu’il lui paraît trop grand ou simplement de se relever après une épreuve, alors son parcours aura pris un sens encore plus grand. Un sens qui dépasse les mers, les courses et les palmarès. Et c’est peut-être la plus belle manière de faire vivre Charlie : continuer à croire, continuer à avancer et ne jamais laisser les difficultés nous faire renoncer à ce qui nous fait vibrer», a-t-elle ajouté.
«Une sérénité, une simplicité dans son regard, son sourire»
«Charlie dégageait vraiment une sérénité, une simplicité dans son regard, son sourire», a raconté ému Jean Valognes, 72 ans, retraité venu d'Île-de-France pour saluer un «grand bonhomme» de la voile. «C'est extraordinaire, ce qu'il a fait. Ça me fait penser à Eric Roy (entraîneur de Brest également décédé d'un cancer, ndlr). Ce sont des gens qui se battent jusqu'au bout, qui sont inspirants», a estimé Paule Dubost, restauratrice à Vannes (Morbihan).
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À 18h30, l'Imoca utilisé par Dalin dans le Vendée Globe 2024/2025, barré par son successeur Sam Goodchild et embarquant l'équipe de la Macif, doit remonter le chenal jusqu'au quai situé en face de la corniche. L'hommage se conclura à 19h, par une minute de bruit, un survol de la patrouille de France et un feu d'artifice.
Le décès le 10 juin de Charlie Dalin à 42 ans, après deux ans et demi de combat contre une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST), avait généré une vague d'émotions et de réactions à travers la France et au-delà. Sans la médiatiser initialement, le navigateur avait emporté la maladie à bord de son bateau, avec l'autorisation des médecins et un traitement adapté, lors de son tour du monde victorieux en un temps record (64 jours 19 heures 22 minutes).
