À l’occasion de la rentrée des classes pour la Ligue féminine, plusieurs représentants du club lorrain ont fait part de leur colère de ne pas avoir été reçu à l’Élysée malgré leur sacre européen.

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Il y a le Paris SG version foot d’un côté, et le Metz Handball de l’autre. Le 31 mai dernier, juste après son deuxième triomphe d’affilée en Ligue des Champions, le premier avait été reçu avec faste à l’Élysée, Emmanuel Macron se faisant alors un plaisir de prendre la pose avec Ousmane Dembélé et consorts. Une semaine plus tard, la formation lorraine décrochait, elle, la première Ligue des Champions de l’histoire du handball féminin français en dominant le club hongrois de Györ, double tenant du titre, en finale (29-31). Un authentique exploit qui n’a pas suffi, aux yeux du chef de l’État, pour mériter a minima une petite réception avec quelques cacahuètes et autres chips au Palais présidentiel.

Une différence de traitement qui reste encore en travers de la gorge des Lorrains interrogés sur le sujet ce mardi, en marge de la conférence de presse de la rentrée pour la Ligue nationale féminine. «L’Élysée, je n’ai trouvé ça pas normal du tout», affirmait ainsi Emmanuel Mayonnade, l’entraîneur messin. «Le PSG en foot avait été reçu quelque temps avant et, même si je n’ai pas envie d’en faire une histoire politique, on connaît l’actionnariat parisien. L’actionnariat messin, lui, ne repose que sur du local avec des structures et des sociétés messines ou régionales qui investissent beaucoup, à leur échelle, pour nous soutenir. On essaie de développer plein de choses et honnêtement, je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne méritions pas d’y être reçu.»

J’aurais vraiment aimé qu’Emmanuel Macron reçoive les filles, ainsi que la ministre des Sports puisque tout le monde parle de parité, de sport féminin, etc.

Thierry Weizman

Une opinion partagée pleinement par son président, Thierry Weizman. «Parmi les rares déceptions qui ont suivi ce titre européen, il y a eu le peu de reconnaissance sur le plan national, à la tête de l’État. J’aurais vraiment aimé qu’Emmanuel Macron reçoive les filles, ainsi que la ministre des Sports puisque tout le monde parle de parité, de sport féminin, etc. C’était vraiment le moment de donner un coup de pouce. Ça n’a pas été fait pour des raisons qui leur sont propres et que je respecte, mais je constate que rien n’a été fait pour nous.»

Cette opportunité, ratée, de mettre en avant le sport féminin est également soulignée par un Mayonnade ne cachant pas son amertume. «On est du sport féminin. Il y a tous ces discours politiques qui veulent le mettre en avant mais là, je ne peux plus en entendre un seul qui consisterait à dire : «Mais si elles gagnent ça ou ça, on va…» Là, il y avait une occasion, magnifique, de mettre des actes sur de belles paroles. Après, ce n’est pas une fin en soi, bien évidemment, mais je ne comprends pas du tout. Cela leur aurait coûté quoi ? Donc je suis très déçu pour toutes les femmes qui mènent des combats, et pour tous les hommes qui les défendent. Je n’ai pas trouvé ça normal du tout.»