Pour sa troisième participation à la Ligue des champions en six saisons, le LOSC nourrit des ambitions renforcées par sa fiabilité sur la scène européenne, et son bon début de saison en Ligue 1.

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Il y a le Paris Saint-Germain, seul sur sa planète. Et il y a un clair deuxième représentant français sur la scène européenne. Au jeu du coefficient UEFA, qui classe les clubs en fonction de leurs résultats sur les cinq dernières années, Lille est 28e, loin devant Lyon (45e) alors que Monaco et Marseille sont hors du top 50. Le club nordiste, qui reçoit le Real Betis ce mardi (21h), va disputer la Ligue des champions pour la troisième fois en six saisons, et même la quatrième fois sur les huit dernières.

Lorsqu’Olivier Létang est devenu président du LOSC, en décembre 2020, l’équipe entraînée par Christophe Galtier était sur la route d’un titre de champion de France. Elle n’a plus contesté la domination du PSG depuis, mais le club est devenu un modèle de stabilité sportive et financière. «Jouer la Ligue des champions n’est pas vital pour notre modèle économique. Notre priorité est de préserver l’équilibre du club. Nous voulons gagner, être performants, mais jamais au prix d’une prise de risque financière excessive», expliquait Létang en juillet dernier.

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Deux victoires de prestige face aux clubs de Madrid en 2024

Le président lillois s’est appliqué à rembourser une dette colossale de 400 millions d’euros, héritage de l’ère Gérard Lopez, au point d’être «non seulement bénéficiaire, mais cash positif», nous confiait son bras droit Christophe Chenut, administrateur du club. Le secret ? Surperformer constamment par rapport au budget alloué. Lille a fini dans le top 5 de Ligue 1 lors des quatre dernières saisons, et a surtout toujours brillé en coupe d’Europe.

À VOIR AUSSI - Les buts du spectaculaire match nul entre Lille et le PSG le 28 août dernier (2-2)

En 2021-22, les Dogues avaient atteint les huitièmes de finale de la Ligue des champions (éliminés par Chelsea). En 2024-25, ils avaient réussi l’exploit de finir 7es de la phase de ligue, se payant le Real Madrid de Kylian Mbappé (1-0), l’Atlético de Madrid d’Antoine Griezmann (1-3), avant de rendre les armes à nouveau en huitièmes, contre Dortmund. La saison dernière, malgré un recul en Ligue Europa, ils se sont encore hissés en huitièmes (battus par Aston Villa, futur vainqueur). Un plancher appréciable pour le football français, habitué aux fiascos de l’OM ou Nice, entre autres.

Et tout ça en se renouvelant constamment. Lors de ses quatre dernières participations à la Ligue des champions (2026-27 inclus), le LOSC avait à chaque fois un entraîneur différent. Il est aussi contraint de vendre ses meilleurs éléments, attirés par de plus grands clubs (Ayyoub Bouaddi, Leny Yoro, Jonathan David...), et s’efforce de ne pas faire de folies. «J’ai un cadre que je me suis fixé», rappelait Létang il y a une semaine pour justifier le départ de Thomas Meunier, trop gourmand en salaire.

Renouvellement constant, exigence permanente

Dans le même temps, il flaire les bonnes affaires. Le défenseur Nathan Ngoy, acheté 3 M€ au Standard de Liège l’an dernier, était titulaire avec la Belgique à la Coupe du monde 2026. Le gardien turc Berke Özer, recruté pour 4,5 M€, a été encore héroïque jeudi dernier pour écœurer Toulouse (victoire 0-1). Grâce à lui, Lille compte deux victoires et un nul après trois journées de championnat. De premiers résultats prometteurs pour Davide Ancelotti et ses joueurs, passé à un rien de s’offrir le PSG (2-0 à la 90e, 2-2 score final).

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La prestation était nettement moins aboutie à Toulouse, et parce que l’exigence est permanente dans le Nord, Létang n’a rien laissé passer. «J’ai vu beaucoup de choses qui m’ont inquiété dans les attitudes et les comportements», a-t-il averti. «Nous avons été mauvais, voire très mauvais», a regretté le capitaine Benjamin André, l’un des vétérans, avec Olivier Giroud, qui apporte continuité et expérience pour survivre aux joutes européennes.

Le Betis, qui a fait tomber le Real Madrid vendredi dernier (1-0), est un premier piège. Il y aura deux ogres au programme, Arsenal (13 octobre) et le Bayern Munich (25 novembre), et un déplacement piège à Bodö/Glimt, dans le cercle polaire (3 novembre). Le LOSC n’est pas au bout de ses surprises. Mais ces dernières années, il est surtout habitué à les créer, les surprises.