Soutien du président de la Fifa, la légende camerounaise explique, dans un entretien accordé à L’Équipe, les problématiques auxquelles il fait face pour développer le football dans son pays, et plus généralement en Afrique.
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Président de la fédération camerounaise de football depuis décembre 2021, Samuel Eto’o va «soutenir» Gianni Infantino en vue des prochaines élections à la présidence de la Fifa prévues en mars 2027. C’est ce qu’il affirme dans les colonnes de L’Équipe ce vendredi. L’ancien grand attaquant du FC Barcelone et de l’Inter Milan explique notamment que le débat est «biaisé» entre les différentes institutions continentales et appelle à ne «pas situer l’UEFA comme l’unique confédération ou la plus importante.»
«Qui finance le football ? Ce sont des entreprises qui achètent des espaces pour communiquer. Qui sont les propriétaires des entreprises ? L’Europe regarde ses intérêts aussi avec la pression des clubs. Pourquoi, nous, on devrait nous juger quand nous regardons les nôtres ? Et aujourd’hui, le président Infantino donne la possibilité aux Africains de rêver de développer le football. Il a contribué à ce que le foot africain s’améliore, vous n’auriez pas ainsi autant de sièges de Fédérations construits», développe Eto’o.
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Selon lui, l’aide de Gianni Infantino reste précieuse pour le continent africain. C’est pourquoi la CAF (Confédération africaine de football) ne s’est jamais opposée publiquement au patron de la Fifa, très fragilisé depuis son projet avorté d’investissements privés autour de la Coupe du monde. «On lui prête beaucoup de choses. Quand vous gérez une passion du monde, c’est difficile, défend la légende camerounaise au sujet du dirigeant italo-suisse. Mais regardez les bénéfices des Coupes du monde au Qatar puis aux États-Unis. C’est ce que nous voulons pour le football. Si nous n’avons pas d’argent, nous ne pouvons pas le développer. Les gens doivent être conscients de ça.»
On ne pourra jamais avoir la même perception des choses. Quand vous voyez certaines Fédérations qui ont des budgets de 150 000 euros, comment se battre face aux gros pays ?
Samuel Eto’o
Après le sacre de sa sélection féminine à la Coupe d’Afrique des nations, le meilleur buteur de l’histoire des Lions indomptables (56 buts en 116 sélections) explique par ailleurs les problématiques auxquelles il fait face, loin de l’Europe. «On ne pourra jamais avoir la même perception des choses. Quand vous voyez certaines Fédérations qui ont des budgets de 150 000 euros, comment se battre face aux gros pays ? Personne ne se demande comment certains présidents de Fédérations africaines font pour organiser le foot dans leur pays. Et s’il y a une fuite de talents, on nous pointe du doigt. Mais si nous avions au Cameroun la possibilité de compter sur un budget de 20 millions ou de 40 millions de dollars par an, bien évidemment que nous aurions eu des Mbappé, des Tchouaméni (des joueurs avec des origines camerounaises)… Nous aurions mieux organisé notre football», détaille-t-il.
Et d’ajouter : «Je sais ce que c’est de n’avoir rien eu, pas même de crampons, mais il y a aujourd’hui le défi de jouer dans un stade, le défi de manger, de boire de l’eau potable. Oui c’est aussi difficile que ça ! Comment voulez-vous que je pense comme un président de fédé européenne ? [...] Mais les gens ne se rendent pas compte qu’on a des jeunes, juste parce qu’ils rêvent de devenir footballeurs, qui vont se taper 20 kilomètres parce qu’il n’y a pas un terrain à côté de chez eux. Combien il y a de stades à Paris ? Pourquoi nous, les Africains, nous devons nous empêcher de rêver, de construire nos pays comme ça ? Et ça passe par des initiatives comme celle du président Infantino.»