Entre les ambitions affichées par Ferrari pour une victoire devant son public, les règles de déploiement d’énergie modifié par la FIA et Kimi Antonelli en fond de grille, le 13e Grand Prix de la saison ne manque pas de piment.

Passer la publicité Passer la publicité

Ferrari en capacité de gagner ?

Comme chaque année, le cœur de Monza va battre au rythme des performances de la Scuderia. Une victoire de Lewis Hamilton ou Charles Leclerc les érigerait alors immédiatement en héros de la nation italienne. L’équipe au cheval cabré s’est imposée comme une véritable force en présence depuis quelques rendez-vous et la pénalité de Kimi Antonelli le reléguant en fin de grille leur laisse une véritable chance de concrétiser une troisième victoire cette saison.

Des espoirs d’autant plus boostés par l’arrivée d’un nouveau moteur. «Voir les progrès s’accumuler chaque week-end, voir la voiture s’améliorer, c’est passionnant de constater que nous allons de l’avant et, vous savez, nous continuons à croire fermement que nous avons ce qu’il faut pour gagner», estimait ainsi Lewis Hamilton en conférence de presse jeudi. De son côté, Charles Leclerc, se veut plus prudent conscient que la vitesse de pointe en ligne droite reste leur talon d’Achille. Porté par les Tifosi, il espère toutefois «transformer toute cette excitation positive en une victoire dimanche», une troisième pour lui après celles de 2019 et 2024.

Des vitesses de pointe moins impressionnantes ?

Le Temple de la vitesse n’aura sûrement jamais aussi mal porté son nom que cette année. Sur un tracé où les pilotes passent environ 80% du tour à pleine vitesse, les réserves d’énergie s’épuisent vite et les portions permettant de la recharger sont faibles. Ce qui pose un véritable problème depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. Le paddock s’inquiétait ainsi de deux phénomènes : le «lift and coast» et le «super clipping». Dans le premier cas le pilote est obligé de lever le pied à l’approche d’un virage, sans appuyer sur le frein, pour recharger la batterie et perd donc de précieuses secondes. Dans le deuxième, le moteur électrique coupe le déploiement de puissance en pleine ligne droite pour forcer la recharge de la batterie et provoque une baisse nette de la vitesse de pointe (parfois plus de 30 km/h) ce qui constitue un gros problème de sécurité.

La FIA a ainsi décidé de limiter à 5 MJ par tour la quantité d’énergie pouvant être récupérée. Une mesure qui a pour conséquence de réduire considérablement la vitesse en lignes droites, sans vraiment régler les contraintes liées à la gestion de l’énergie qui représentent un véritable casse-tête. «Si la limite de récupération était plus élevée, nous ferions du super clipping partout et nous perdrions probablement 30 ou 40 km/h au bout de chaque ligne droite. Mais avec l’abaissement de la limite de récupération, le super clipping reste à un niveau plus ou moins normal. Nous avons aussi moins d’énergie à dépenser dans les lignes droites, donc la vitesse de pointe est assez faible. Mais c’est surtout parce que nous n’avons tout simplement pas assez d’énergie à dépenser. Et encore une fois, si vous nous donniez davantage d’énergie à utiliser, nous n’aurions alors nulle part où la récupérer. On se retrouve donc face à un problème quelle que soit la solution choisie», expliquait Oscar Piastri aux médias jeudi.

Premier week-end blanc pour Kimi Antonelli ?

Contraint de changer son moteur, Kimi Antonelli partira en fond de grille. Une situation que le jeune leader du championnat a décidé de prendre avec optimisme. S’il ne devrait, en effet, pas monter sur le podium ce week-end, ce nouveau moteur représente un avantage considérable pour la suite de la saison. Cette pénalité lui permet également d’aborder Monza avec moins de pression, lui qui aurait pu être écrasé par son statut de favori sur ses terres. «D’un côté, cela enlève un peu de pression, même si je préférerais me battre pour la pole position et partir devant. Cela me permet d’aborder le week-end plus détendu, de profiter davantage du pilotage et d’essayer d’autres méthodes de travail, notamment lors des essais libres. Ce sera un week-end très intéressant», a-t-il raconté.

Faut-il s’inquiéter pour Isack Hadjar ?

Isack Hadjar avait déclaré forfait pour le Grand Prix des Pays-Bas et est désormais contraint de manquer celui d’Italie également. En cause : une blessure au poignet dont on ne connaît pas précisément la nature, contractée pendant la trêve estivale. Liam Lawson a de nouveau été choisi pour remplacer le Français qui poursuit sa convalescence. Un premier arrêt maladie qui suscite quelques interrogations. Puisque si le Parisien croyait d’abord à une courte mise à l’écart, évoquant dans le paddock de Zandvoort ses espoirs d’un retour au volant dès Monza, sa rééducation dure finalement plus longtemps que prévu. Le clan Red Bull se veut prudent, assurant qu’il ne «prendra aucun risque inutile» concernant le retour à la compétition de son jeune pilote. Celui-ci s’est rendu au siège de l’équipe, à Milton Keynes, pour un entraînement sur simulateur. Le but étant de tester la capacité de sa main blessée à supporter le pilotage d’une monoplace. Sa présence à Madrid le week-end prochain reste, elle, très incertaine.

Ocon de plus en plus menacé ?

L’avenir d’Esteban Ocon chez Haas est sujet à des rumeurs qui prennent de plus en plus d’ampleur et la suite de son parcours en F1 comporte désormais de nombreux points d’interrogations. Alors que son contrat avec l’écurie américaine court jusqu’en fin de saison, le Français n’a toujours pas prolongé. Pour la première fois, Ayao Komatsu a même confirmé publiquement que le pilote était en concurrence avec quatre autres candidats en lice pour un seul baquet au sein de l’équipe en 2027. Les performances d’Esteban Ocon sont de plus en plus scrutées et, en parallèle, Haas vient d’organiser des évaluations pilotes au cours d’un important programme d’essais privés à Portimão. L’ancien pilote Alpine Jack Doohan doit, quant à lui, effectuer son propre essai avec l’écurie à Jerez au cours du mois de septembre.