Le Grand Prix de Bahreïn se dispute en Malaisie, la guerre en Iran ayant empêché sa tenue initiale à Sakhir. Un week-end inédit pour la 16e de la saison, sur une piste que les équipes n’ont plus vue depuis neuf ans.

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On l’avait cru définitivement rayé du calendrier mais il est là. En mars, la guerre en Iran avait eu raison du Grand Prix de Bahreïn, prévu le 12 avril à Sakhir. Il refait surface en octobre, mais à 6 000 kilomètres de chez lui : c’est à Sepang, en Malaisie, que la F1 débarque ce week-end. Un décor familier pour les nostalgiques, puisque le circuit n’avait plus accueilli le championnat depuis 2017.

Il avait vu passer 19 éditions, depuis la première, en 1999. La dernière avait souri à Max Verstappen, vainqueur avec Red Bull malgré la pole position de Lewis Hamilton sur Mercedes. Neuf ans plus tard, la scène se rejoue sous un autre nom. Après le Grand Prix d’Azerbaïdjan, remporté par George Russell, la 16e manche de la saison 2026 s’appelle bien Grand Prix de Bahreïn… mais se court en Malaisie.

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Antonelli ou Russell, jusqu’au bout ?

Vainqueur à Bakou, George Russell accuse 66 longueurs de retard sur Andrea Kimi Antonelli, leader du championnat. Toto Wolff promet l’égalité des chances, tout en rappelant que l’équipe passe avant. La rivalité a pourtant déjà dérapé : à Monza, le jeune Italien a tenté de dépasser Russell au premier virage et a fini dans les graviers, et le directeur technique allemand a reconnu avoir envisagé d’intervenir à la radio. Aux Pays-Bas, le pilote anglais avait dû laisser passer son équipier.

Le patron de Mercedes sait ce que ces batailles peuvent coûter. Après la victoire de Lewis Hamilton à Barcelone, il estimait que courir loyalement avait « peut-être coûté la victoire ». Dès le printemps, Martin Brundle conseillait à Russell de voir en Antonelli « Lewis Hamilton à son apogée ». À Sepang, Russell a signé le deuxième temps des EL1, derrière Max Verstappen : un duel interne mal géré, et Red Bull en profite.

Quelle est la durée de vie d’une réconciliation chez Alpine ?

«Ce genre de pilotage ne mérite pas d’être en F1». À chaud, Lando Norris n’avait pas mâché ses mots après l’accident de Bakou, qui l’avait lui aussi sorti de la course. Il s’est excusé depuis, mais le mal était fait : Franco Colapinto, 23 ans, a reçu un flot d’insultes sur les réseaux, condamnées ensuite par Alpine. Il décrit des jours parmi «les plus difficiles» de sa carrière.

Jeudi, à Sepang, le pilote argentin a assumé «l’entière responsabilité» d’une «erreur stupide» aux conséquences «très graves». Il se dit «un peu surpris» par la sortie de Norris, qu’il juge «sous le coup de l’émotion». Entre les deux pilotes, «tout allait bien». Chez Alpine aussi, les excuses ont été acceptées : Pierre Gasly assure que Colapinto «est venu s’excuser», et le directeur d’équipe d’Alpine, Flavio Briatore, pourtant «extrêmement déçu», a renoncé à toute sanction supplémentaire. Une sanction ? Franco Colapinto partira avec cinq places de pénalité, et après les tensions des Pays-Bas et de Madrid, c’est déjà le troisième épisode en quelques semaines.

Red Bull sort-il de sa tanière ?

Quatre titres mondiaux, 71 victoires en carrière… et aucune en 2026. Pendant qu’Andrea Kimi Antonelli en compte huit et George Russell trois, Max Verstappen court toujours après sa première victoire de la saison. Il reste huit Grands Prix, Sepang compris, pour en faire l’objectif de la fin d’année. Le Néerlandais le reconnaît sans détour : les Flèches d’argent sont «les plus rapides», du moins pour l’essentiel de la saison.

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Il n’en est pourtant pas loin. À Bakou, il a perdu la victoire face à Russell pour moins de deux dixièmes. Puis ce week-end, il y a Sepang, dont il est le dernier vainqueur, en 2017, lui laisse un souvenir physique : «Il faut prévoir quelques sous-vêtements supplémentaires», sourit-il. Laurent Mekies, le directeur de Red Bull, reste prudent : «Tout le monde est hors de sa fenêtre de fonctionnement en ce moment». Maintenant, reste à savoir si celle de «Mad Max» s’ouvre dimanche.

Frédéric Vasseur sur un siège éjectable ?

Face aux rumeurs, la porte-parole Maria Conti a déclaré que Ferrari avait déjà fait ses choix et gardait toute sa confiance à Frédéric Vasseur. Son contrat court jusqu’à fin 2027. Lewis Hamilton et Charles Leclerc, eux, ont fait bloc : les deux pilotes l’ont défendu publiquement jeudi à Sepang. Le Monégasque juge ces rumeurs «irrespectueuses», selon la presse italienne, et Hamilton aurait assuré que «Fred est un leader exceptionnel et c’est vraiment l’homme qu’il faut pour mener cette équipe dans la bonne direction».

Pourtant les résultats ne sont pas là. La Scuderia Ferrari arrive sans podium depuis cinq courses. Le président de la Formule 1, Stefano Domenicali a mis en garde contre les « solutions fantaisistes » et jugé qu’un remplacement immédiat serait une erreur. Cependant, le calendrier pourrait être l’allié de l’ingénieur français. Frédéric Vasseur estime que Sepang et Singapour, avec des lignes droites plus courtes, doivent permettre à l’écurie italienne de revenir dans le coup.

Esteban Ocon, un baquet pour 2027 ?

Trois points avant Bakou, puis une huitième place devant son équipier Oliver Bearman : le Français a fini fort, sans que cela suffise. Il quittera Haas à la fin de l’année, et les baquets encore libres paraissent verrouillés. Chez Haas, Rafael Camara, leader de la F2, est favori pour l’autre voiture ; chez Racing Bulls, la filière Red Bull passe d’ordinaire en priorité. Reste Mercedes, où il avait été réserviste en 2019 avant de rebondir chez Renault, et dont il a été vu entrant dans le motorhome à Bakou. Cependant «GPblog» assure que Frederik Vesti occupe déjà ce rôle. Esteban Ocon, lui, jure avoir « toujours autant faim de réussite ».