Une vaste étude basée sur 57.000 témoignages déplore les conditions d’accueil jugées souvent insuffisantes dans les parcages visiteurs. Double fouille, palpations intrusives, restrictions de déplacement et équipements défaillants sont pointés du doigt.
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L’Association nationale des supporters (ANS) a publié, ce jeudi, une vaste enquête nationale sur les conditions d’accueil des supporters dans les secteurs visiteurs durant la saison 2025-2026. Cette étude repose sur 1.526 réponses correspondant à 298 déplacements en Ligue 1, Ligue 2, National et Coupe de France. Des témoignages d’environ 57.000 supporters en déplacement. La satisfaction moyenne des conditions à l’extérieur s’établit à 2,71 sur 4. L’ANS précise toutefois que son échantillon est principalement constitué de supporters organisés, 82% des répondants appartenant à un groupe.
D’après les retours collectés par l’ANS, quatre facteurs liés au dispositif de sécurité expliquent principalement la dégradation de l’expérience des visiteurs : la double fouille, l’appartenance à un groupe de supporters, les déplacements soumis à arrêté et le fait d’assister à un match de Ligue 1. La double fouille, effectuée successivement par les stadiers puis les forces de l’ordre, concerne 37% des personnes qui ont répondu à l’étude et constitue le facteur le plus pénalisant. Le rapport rapporte de nombreux témoignages faisant état de palpations jugées intrusives, notamment au niveau des parties intimes. Parmi les supportrices interrogées, 16% signalent en outre l’absence de personnel féminin pour effectuer ces fouilles corporelles.
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327 arrêtés préfectoral ou ministériel la saison passée, 192 concernant des rencontres de Ligue 1
Les forces de l’ordre sont, par ailleurs, moins bien évaluées que les stadiers et le personnel des clubs, avec respectivement 2,62 et 2,92 de satisfaction sur 4. L’ANS relève que 21% des supporters qualifient de «très mauvais» le comportement des forces de l’ordre, contre 19% qui le jugent «très correct». L’association dénonce également la multiplication des mesures administratives encadrant les déplacements : 59% des déplacements documentés sont concernés par un arrêté préfectoral ou ministériel, un taux qui grimpe à 63% en Ligue 1. Dans son enquête, l’ANS a recensé pas moins de 327 arrêtés au cours de la saison passée, dont 192 concernant des rencontres de Ligue 1.
Les conditions matérielles des parcages sont également, et massivement, pointées du doigt. Moins de la moitié des supporters interrogés signalent la présence d’un point d’eau gratuit (45%), de toilettes avec chasse d’eau fonctionnelle (46%) ou de papier toilette (41%), tandis que seulement 28% remarquent la présence de savon dans les toilettes. L’étude déplore également des problèmes d’accessibilité pour les personnes handicapées, des difficultés pour les familles avec de jeunes enfants et des restrictions d’accès aux toilettes ou aux buvettes pendant ou après les matches.
Le référent supporters (ou SLO pour Supporter Liaison Officer), chargé de faciliter les relations entre clubs et supporters, reste peu identifié durant les rencontres : seuls 32% des supporters qui témoignent disent l’avoir vu présent et disponible avant, pendant et après le match. L’Association nationale des supporters souligne toutefois que des accueils de qualité sont possibles, y compris lors de rencontres soumises à des mesures de sécurité. Amiens et Guingamp figurent parmi les exemples cités pour la qualité de leur accueil.
En conclusion, l’association recommande de limiter les doubles fouilles aux situations qui le justifient, de garantir des fouilles féminines réalisées par du personnel féminin, de mieux encadrer les mesures administratives de déplacement et d’améliorer les équipements dans les zones réservées aux visiteurs. Elle demande, par ailleurs, la présence systématique et identifiable des SLO, un accès gratuit à l’eau potable, des sanitaires correctement équipés et des dispositifs de protection préservant la visibilité du terrain. L’ANS compte 67 membres : les trois quarts sont des associations de clubs de L1, L2 ou L3, les deux tiers sont des associations de supporters ultras.