Contraint de s’éloigner des terrains après une opération urgente des cervicales, l’entraîneur de Rodez se confie dans un entretien accordé à L’Équipe sur ses problèmes de santé, les séquelles de sa carrière de joueur et son chemin vers la guérison.

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Didier Santini traverse une période particulièrement éprouvante. L’entraîneur de Rodez, en poste en Aveyron depuis 2022, a dû prendre ses distances avec le football après avoir été opéré en urgence des vertèbres cervicales, son corps lui ayant progressivement fait défaut au point de lui faire perdre une partie de ses capacités physiques.

Dans cet entretien, l’ancien joueur professionnel, passé notamment par l’OM, Bastia et Lille, revient sur l’origine de ses maux, qu’il rattache à une carrière menée à une époque où l’on se souciait bien peu du fait de préserver son corps. «Les coups de tête répétés dans un ballon ont fragilisé les cervicales. À l’époque, c’était n’importe quoi. Les tacles, les contacts. On mettait la tête plutôt que le pied. Et puis on ne respectait rien après une blessure. Je me souviens avoir rejoué deux jours après un trauma crânien, c’est vous dire», confie-t-il.

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«Ma tête voulait, pas mon corps»

Face aux premiers signaux d’alerte, le technicien a longtemps refusé de voir la réalité en face. «Un neurologue m’annonce que je souffre d’une compression de la moelle épinière, car deux vertèbres cervicales se touchent, et qu’il faut m’opérer d’urgence. Je demande si on peut attendre la fin de saison, en mai ou juin. (…) Je continue à penser bêtement que ce n’est pas grave et que je vais me soigner avec des médicaments».

Son état n’a cessé de se dégrader sous les yeux inquiets de ses proches et de ses joueurs, sans qu’il n’entreprenne de véritable parcours de soins. Tous voyaient qu’il n’allait pas bien, lui continuait de relativiser. «Tout le monde voit que ça ne va pas. Sauf moi. Pendant la trêve internationale, j’ai des douleurs énormes, mais surtout un vrai mal-être. Quand je marche, j’ai un pied qui frappe le sol tout seul».

Alors que Rodez traversait une passe sportive délicate, il peinait de plus en plus à assurer ses missions quotidiennes. «À chaque causerie de dix minutes, je devais récupérer pendant une heure et demie. Je ne les ai pas beaucoup aidés dans les moments difficiles. Ma tête voulait, pas mon corps». Il a tout de même fini par accepter l’opération, réalisée avec succès la semaine dernière. Tout geste brusque lui est désormais interdit et il doit observer une période d’arrêt. Il a donc confié les rênes de l’équipe, actuellement 14e de Ligue 2, à son adjoint Emerick Darbelet.

Un club à ses côtés

Santini tient par ailleurs à saluer le soutien de son club. «Ce club, cette ville sont incroyables. Et mon président m’a accompagné tout le long des démarches, m’a emmené faire les examens, s’est occupé des papiers. C’est mon meilleur ami. Il m’a appelé en visio après la victoire à Dijon (2-1, le 24 octobre) pour que je participe de loin à la célébration».

Il lui faudra donc suivre les matches des Ruthénois à distance, puisque plusieurs semaines de convalescence l’attendent encore. Il manquera notamment le match de Coupe de France contre Versailles (L3), où évolue son fils Jérémi. «On fera un point début décembre pour démarrer la rééducation. Je marche tous les jours et c’est déjà une victoire. Je peux prendre un stylo dans la main. J’espère pouvoir revenir voir des entraînements en faisant très attention à mes mouvements et à mon humeur».