Alors que Bordeaux s’enfonce dans l’incertitude et que la FFF a dernièrement fermé la porte à une réintégration en National 2, les joueurs professionnels du club, soutenus par l’UNFP, ont décidé de prendre la parole pour dénoncer une situation devenue «intenable».
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Le silence a fini par se briser. Les joueurs professionnels des Girondins de Bordeaux, soutenus par l’UNFP, ont publié un communiqué pour raconter leur situation et réclamer des réponses, alors que le club traverse la période la plus sombre de son histoire. Sans entraînement collectif, sans projet sportif clair, et désormais privés de toute perspective nationale, les joueurs disent ne plus pouvoir patienter dans le flou.
Les Bordelais expriment «le sentiment d’être laissés à l’abandon» et demandent «des réponses claires, immédiates, sur ce que sera la suite pour chacun» d’entre eux, dans un communiqué diffusé mardi par l’UNFP, le syndicat des joueurs professionnels.
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«Nous, joueurs professionnels des Girondins de Bordeaux, soutenus par l’UNFP, avons gardé le silence et l’espoir pendant de longues semaines. Nous sommes dans l’obligation de nous exprimer sur notre situation, qui continue de se dégrader semaine après semaine»
Chaque jour qui passe réduit nos possibilités de poursuivre nos carrières
Joueurs des Girondins de Bordeaux.
Le contexte s’est encore assombri jeudi dernier, lorsque le Comex de la FFF a refusé de rouvrir le dossier bordelais et de réintégrer les Girondins en National 2. Laissant le club en Régional 1 (au mieux), et rapprochant encore davantage le spectre d’une liquidation judiciaire. La Fédération a estimé qu’elle ne disposait pas, dans les textes actuels, d’une voie permettant de réexaminer le dossier. La cession du club à Sparta Capital, un repreneur potentiel pour un euro symbolique versé début août à Gerard Lopez, arrivé en 2021 quand les Girondins étaient en Ligue 1, devrait être annulée, le fonds ayant toujours convenu qu’un maintien en division régionale entraînerait la fin de son projet de reprise et donc la liquidation des Girondins.
Une ultime bouteille à la mer
Bordeaux, de son côté, avait contesté avec virulence cette décision, affirmant notamment que le Comex n’avait ni délibéré ni voté sur sa demande. À moins qu’un très improbable repreneur se manifeste dans les prochaines heures, le plan de continuation va tomber et la société commerciale sera liquidée dans la foulée, mettant fin à près de 145 ans d’existence. Au milieu de ce bras de fer, les joueurs se retrouvent pourtant sans certitude sur leur avenir :«Mais ce que nous vivons aujourd’hui a changé de nature. Nous n’avons plus aucune visibilité : plus d’entraînement collectif, plus de projet sportif, et le sentiment d’être laissés à l’abandon.» Le constat est d’autant plus brutal que le temps joue désormais contre eux. «Tous les championnats ont désormais repris, y compris le Régional 1. Nous avons laissé passer des opportunités sportives parce que nous croyions encore à l’impossible.»
«Nous ne pouvons plus attendre indéfiniment une clarification qui ne vient pas. Chaque jour de silence supplémentaire nous prive un peu plus de la possibilité de rebondir, et engage désormais notre avenir professionnel autant que celui du club. Nous demandons des réponses claires, immédiates, sur ce que sera la suite pour chacun d’entre nous», insistent-ils.
Sur le terrain, le club doit entamer sa saison samedi en Coupe de France à Saintes (départementale 2) pour le troisième tour de Coupe de France, après avoir vu le report de ses deux premiers matches de Régional 1.
