Entraîneur de l’Asvel depuis le début de la saison, l’ancien meneur des Bleus et des Spurs a fait le point après la victoire de son équipe à Paris, mercredi, en Euroligue.

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Le match et la victoire 98-96 à Paris : «Je pense que c’était un super match. On était devant à la mi-temps, après une première période moyenne parce qu’on avait 13 balles perdues à la pause (dont 9 dans le premier quart, NDLR). C’est dur de gagner un match de basket quand tu perds autant de ballons... Et en deuxième période, c’était un peu mieux. Mais après, il faut donner du crédit à Paris. Ils ont fait des runs incroyables, ils ont mis des tirs incroyables avec Tyson Etienne (27 pts), Nadir Hifi (30 pts)... Et ce que j’ai bien aimé de mon équipe, c’est qu’on est restés forts mentalement. On n’a rien lâché. On est restés calmes. Et à la fin de match, sur les deux dernières minutes, on a exécuté les actions que j’ai dessinées sur le temps mort. Et défensivement, on a fait les stops.»

Gagner un match si serré : «C’est une très grosse victoire pour nous parce que ce n’est jamais facile de gagner à l’extérieur. C’est très difficile de gagner à Paris. Ça faisait un an qu’on n’avait pas gagné contre Paris. Donc, c’est une grosse victoire pour nous, pour la confiance. Après, on sait que ça ne reste qu’un match. Et que ça va être le premier d’une longue série contre eux. Parce qu’on va les revoir, bien sûr, en Euroligue, en championnat de France, peut-être en Leaders Cup ou en Coupe de France. On va les jouer souvent. Donc, c’est une bonne victoire. C’est une bonne première. Maintenant, il faut qu’on se concentre sur la saison.»

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Ce qu’il a changé après le premier quart-temps à neuf ballons perdus : «J’ai juste mis un coup de pression. Ils m’ont vraiment énervé. En plus, il y avait le micro… Je suis désolé pour tous les gros mots (sourire). C’est sorti tout seul.»

Ce que j’aime bien, c’est qu’on a appris de nos erreurs contre Valence, on a rectifié, et là, on est récompensé avec une grosse victoire à l’extérieur.

Tony Parker

19 pertes de balle mais 26 passes décisives sur 34 tirs marqués : «On joue très bien en attaque. On l’a déjà vu, on l’a déjà prouvé. On a marqué 61 points en une mi-temps contre Valence (défaite 92-105 lors de la 3e journée, NDLR). C’est le record de l’histoire de l’Asvel. Ce n’est pas un problème d’attaque. On a des forces en attaque. On joue bien en basket. On a la volonté de se passer la balle. Mais le truc que je dois gérer, ce sont les balles perdues. On en a trop. Il faut que défensivement, on soit meilleurs, qu’on respecte davantage plan de jeu qui a été choisi par le coaching staff et moi. Si on arrive à respecter le plan de jeu, je pense qu’on aura toujours une opportunité de gagner. On ne l’a pas fait contre Valence. J’étais vraiment déçu après ce match-là parce que j’ai trouvé qu’on avait fait une première période remarquable, on avait mené presque tout le match et on perd à la fin parce qu’on veut essayer de faire du "hero basketball", sans respecter le plan de jeu en défense. Aujourd’hui (mercredi), on a été mieux dans l’exécution, on a mieux défendu, on a plus respecté le plan de jeu et donc, ça finit par une victoire. Ce que j’aime bien, c’est qu’on a appris de nos erreurs contre Valence, on a rectifié, et là, on est récompensé avec une grosse victoire à l’extérieur.»

L’adresse à trois points (51%) : «Ce n’est pas la première fois qu’on shoote à ce niveau-là. On a beaucoup de très bons shooteurs. Paris est pareil, ils ont de super shooteurs, de grande classe. Etienne, Hifi, Sebastian Herrera… Forcément, il va y avoir des paniers. En plus, le basketball moderne, on joue beaucoup plus vite, on a beaucoup plus de possessions. Forcément, tu auras des opportunités de mettre des points».

Une rivalité en construction : «Forcément, ça va être une grosse rivalité parce qu’on va les jouer beaucoup. Au moins quatre fois entre le championnat et l’Euroligue, puis éventuellement en Leaders Cup ou en Coupe de France… Forcément, ça va créer une rivalité et je trouve ça génial pour le basketball. On a besoin de ça dans le sport. On le voit dans le foot, le football américain, le baseball. Les rivalités, c’est ce que les gens veulent voir. Je pense qu’on n’a pas déçu les fans sur ce premier match. C’était un match de grande classe.»

La banderole moqueuse des supporters de Paris : «(N’ayant pas vu la banderole, qui moquait le recrutement avorté de Sylvain Francisco, il répond sur le départ du meneur français et l’été agité de l’Asvel) Cette histoire, c’est derrière moi. J’étais trop content de voir Sylvain à Athènes (lors du match contre le Pana, NDLR). On a parlé pendant presque 30 minutes. Tout va bien avec Sylvain. C’est clair que je lui souhaite tout le meilleur. Malheureusement, ça n’a pas pu se faire. Je retiens juste qu’il a choisi notre projet et le jour où j’aurai les moyens de pouvoir finaliser tout ça, on va pouvoir construire une grosse équipe à l’Asvel parce qu’on met plein de choses en place. On met des process en place et les joueurs adhèrent. Je pense que là, on le voit au quotidien. Pour moi, c’est juste reculer pour mieux rebondir. (un journaliste lui explique l’aspect chambreur de la banderole) Je ne l’ai même pas vue. Ça fait partie du sport. C’est génial. Ma motivation, ce n’est pas cette banderole. Moi, c’est le "big picture", être sûr que le basket français avance et qu’on continue à avoir des résultats au niveau européen. C’est le dernier de mes soucis.»

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Gestion minutieuse des vétérans Mills et Crowder

Les 21 points de Patty Mills : «Il est toujours précieux. Il a énormément d’expérience. Il monte en puissance. Il avait déjà fait un gros match contre Valence. J’avais décidé de les reposer avec Jae Crowder contre Gravelines (victoire 70-65, NDLR) . C’était un gros risque pour nous. Mais je sais très bien que sur le long terme, si je veux avoir Patty et Jae à fond, je vais beaucoup les reposer en championnat de France. Il faut que l’équipe comprenne que ça va être comme ça. Dans le championnat de France, il va falloir que les joueurs se montrent encore plus afin d’avoir tout le monde en Euroligue, d’avoir tout le monde. Là, ça va. On n’a qu’un match d’Euroligue cette semaine. Contre Roanne, tout le monde va jouer. Mais la semaine d’après, on a Belgrade et Madrid avant Limoges. Donc là, il y a un match où Jae et Patty ne vont pas jouer. Et ça va être comme ça toute l’année. On a un effectif assez large et il faut faire confiance à tout le monde.»

Premier bilan du début de saison : «Je pense qu’il y a beaucoup de choses positives. Comme je l’ai dit juste avant, mentalement, j’ai trouvé l’équipe très solide. On a montré du caractère. Ce n’est pas facile de tenir dans cette salle. C’est de bon augure pour la suite. Bien sûr, je ne vais pas les lâcher. On va regarder ce qu’on peut faire de mieux à la vidéo. Là, on va pouvoir s’entraîner. On ne s’est pas entraîné depuis longtemps. Donc ça va faire du bien. Demain (jeudi), on sera off. Mais vendredi et samedi, on va pouvoir s’entraîner. Et dimanche, on sera prêt contre Roanne. On a quand même des affaires à régler avec eux, parce qu’ils nous ont battus lors du premier match (la demi-finale de Supercoupe à Roland-Garros , NDLR). Donc ça va être une belle première à l’Astroballe».

C’est notre plus grosse victoire du début de saison.

Tony Parker

Match référence : «Pour l’instant, c’est un match référence, c’est sûr. C’est notre plus grosse victoire. C’est notre match référence du début de saison, clairement. Moi, je trouve que Paris, c’est beaucoup plus fort que le Maccabi. Même si le Maccabi a un gros roster et qu’ils vont se réveiller. Mais je trouve Paris plus fort. Surtout qu’ils sont en feu en ce moment, après une super victoire au Mans, donc il y avait beaucoup de confiance de leur côté. Etienne fait un match monstrueux. Il a mis des tirs de grande classe. Donc oui, bien sûr, c’est une victoire de référence pour nous».

Propos recueillis en conférence de presse