L’équipe de France a débarqué avec une sélection de 80 athlètes en Angleterre avec l’ambition de terminer dans le Top 8 européen.

Passer la publicité Passer la publicité

À mi-chemin entre Paris-2024 et Los Angeles-2028, l'équipe de France d'athlétisme arrive ambitieuse à Birmingham pour les championnats d'Europe (10-16 août), épaulée par un nouveau staff plus impliqué que jamais pour «reconstruire» un collectif en difficulté depuis des années.

Il y a certes des absences qui font grincer des dents, comme celles de la vice-championne olympique du 100 m haies Cyréna Samba-Mayela, blessée, et de Clément Ducos, quatrième aux JO sur 400 m haies mais pas remis d'une infection pulmonaire. Cependant les 80 Bleus attendus en Angleterre ont tous, selon la Fédération française d'athlétisme, «le potentiel pour terminer dans le top 8» à Birmingham.

Passer la publicité

Lors de l'Euro-2024 à Rome, l'équipe de France s'était particulièrement illustrée avec 16 médailles dont quatre en or à quelques semaines des JO. Mais avant Birmingham, le nouveau responsable de la haute performance, Jean Galfione, se garde bien d'annoncer un objectif chiffré.

«On ne sait pas. On sait qu'il y a des absents et ça affaiblit notre comptabilité mais je pense qu'il va y avoir de très belles surprises», estime l'ancien perchiste, champion olympique en 1996 à Atlanta.

L'Euro-2026 fait office de premier grand test pour Galfione, qui a pris ses fonctions en 2025 dans un contexte morose entre difficultés financières héritées de l'ancienne administration et un manque de résultats au plus haut niveau depuis plusieurs années.

«On est en phase de construction», répète-t-il aux journalistes. «Depuis que je suis arrivé, on a l'ambition de reconstruire une atmosphère générale dans l'équipe de France où les athlètes se sentent accompagnés tout au long de l'année».

«Mieux accompagnés»

«Bien sûr, on ne peut pas mesurer encore si ça va faire des médailles, car c'est sur ça qu'on sera jugés, mais j'ai l'impression que ça plaît aux athlètes, ils apprécient qu'on s'intéresse plus à leur quotidien, à leur parcours (...) Je pense que, déjà, on a remis la troupe en marche vers un objectif commun», indique Galfione.

Passer la publicité

Le sentiment semble partagé: «on se sent mieux accompagnés. Sur les contacts, sur la logistique, sur plein de petits détails, c'est plus clair», affirmait en juin le hurdleur Just Kwaou-Mathey, résumant bien l'impression générale des athlètes interrogés sur le sujet.

«Il y a eu une évolution dans la communication, on sent qu'il y a déjà un peu plus d'intérêt pour les athlètes», appréciait aussi en juin Renaud Lavillenie, cadre de l'équipe de France depuis une quinzaine d'années mais pas sélectionné cette année pour l'Euro.

«Sur la dernière olympiade, on a dû prendre trois fois de mes nouvelles, ce n'était clairement pas la même dynamique», souligne le perchiste. «C'est quelque chose qui avait été énormément reproché mais rien n'avait été fait. Là, on a des référents et on sait que Jean (Galfione) est facilement joignable. C'est appréciable.»

Le sprint à la peine

Si la dynamique est positive, Galfione est conscient qu'il faut désormais «transformer tout ça» en résultats sur la piste de l'Alexander Stadium.

Il peut s'appuyer sur une poignée de têtes d'affiche: le champion du monde du 10.000 m Jimmy Gressier ou les champions d'Europe en titre Alice Finot (3.000 m steeple) et Gabriel Tual (800 m).

Passer la publicité

«Je ne suis pas inquiet sur leur état de forme», a-t-il balayé samedi, alors que Gressier et Finot ont peu couru en compétition. «S'ils n'étaient pas en mesure de viser le podium, ils ne seraient pas là. Ils vont permettre de tirer l'équipe vers le haut, c'est la locomotive».

Derrière, ils sont une dizaine à pouvoir sérieusement croire au podium, notamment Agathe Guillemot (1.500 m), Samuel Vessat (400 m), Hilary Kptacha (longueur) ou encore Yann Chaussinand (marteau).

Grosse ombre au tableau toutefois: pour la première fois depuis 1934, aucun Français ne courra le 100 m aux Europe. Gemima Joseph, alignée sur 200 m, est la seule représentante du sprint français à Birmingham.

«C'est un constat d'échec. On a des blessés et derrière, le banc de touche n'est pas suffisant» en sprint, admet Galfione, qui précise qu'un groupe de travail a été lancé à la FFA pour réfléchir aux solutions possibles.

«Tout ne se fait pas en un claquement de doigts. Il y aura encore sûrement des déceptions. Mais on va dans le bon sens», assure-t-il.