L’entraîneur de Brest est décédé en juin dernier, à 58 ans, des suites d’un violent cancer. Loetitia Roy s’est confiée sur son rôle d’aidante et le long combat de son mari contre la maladie qui l’a emporté.
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Dans un entretien accordé au Parisien, la femme de l’entraîneur, Loetitia Roy, a accepté de se livrer pour la première fois depuis le décès de son mari, à l’âge de 58 ans, le 17 juin dernier. Une date lourde de sens puisque le couple fêtait ce jour-là ses 31 ans de mariage. «Un cadeau pour se libérer et me libérer un peu moi aussi», estime-t-elle.
Au cours de l’interview, elle revient sur le cancer du pancréas de stade 4 qui a touché Eric Roy, diagnostiqué en décembre 2022. «On se met en mode combattant, ensemble», avait-il alors assuré à l’époque. Bien décidé à honorer le contrat qu’il vient de signer avec Brest, l’entraîneur choisi de cacher sa maladie à tout le monde. «On a pensé que ça serait difficile de prendre la peur des autres. Et lui voulait travailler sereinement et pas que ses rapports avec les gens changent. Il a refusé d’être le malade de service, il ne voulait pas de la pitié des gens, ni avoir de privilèges», raconte-t-elle.
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Roy voulait éviter les soupçons
Le couple est immédiatement aidé par le CHU de Brest. «Ils ont adapté son traitement en fonction du calendrier européen. Il arrivait à se cacher de son groupe. Il y avait aussi beaucoup de pudeur. C’est un beau groupe, dans un club qu’il adorait, ça l’a poussé ça aussi. Certains se doutaient que ça n’allait pas bien». Seuls les dirigeants du club et quelques amis comme Jérôme Alonzo, sont mis dans la confidence. «Quand je lui ai dit (à Jérôme Alonzo), il était dans un état pas possible, il a presque vomi», révèle-t-elle.
Afin d’éloigner les soupçons, Eric Roy met en place plusieurs stratagèmes, à commencer par le port d’une casquette pour camoufler sa perte de cheveux. Au-delà de ce changement d’apparence physique, le secret très lourd à garder a entraîné des moments douloureux. «Avant certaines rencontres, il se cachait dans les vestiaires pour résister aux effets secondaires horribles de la chimio», raconte sa femme.
Il ne pouvait même plus s’habiller
Loetitia Roy
Son état s’est ensuite dégradé au fil des mois jusqu’aux derniers matchs de la saison 2026 qui ont été un vrai supplice. «J’ai fait ces déplacements parce qu’il ne pouvait même plus s’habiller, il arrivait à peine à marcher », explique-t-elle. «Il avait des collants de contention, j’avais l’impression que ses jambes pesaient 50 kg. Là, les joueurs ont bien vu qu’il était kaput. Le pire a été le dernier match de la saison (contre Angers). Je n’ai même pas pu regarder sa conférence de presse tellement il était mal», avoue Loetitia Roy.
«Lui, il est épuisé, il a mal de partout. Le lendemain, on rentre à Nice. Dans sa tête, il allait se reposer et partir sur une nouvelle saison. Moi, j’avais tout préparé pour faire l’hôpital à domicile avec un lit médicalisé. Il est rentré, et j’ai appelé mes enfants en leur disant : “Papa, c’est pour bientôt. Il faut que vous reveniez”. Lui me parlait encore d’aller au moins une fois à Brest. Finalement, je l’ai convaincu d’appeler son staff, qu’il avait prévenu quelques mois plus tôt, et des joueurs cadres pour leur dire.»
Alors qu’il espérait pouvoir retourner dans le Finistère pour «dire au revoir à tout le monde», il n’en aura finalement pas eu le temps. Mais jusqu’au bout il aura tenu son rôle, préparant même sa succession en invitant le président du club à promouvoir son adjoint Julien Lachuer comme entraîneur numéro 1 à sa place.
