Ancien rival de Gianni Infantino pour la présidence de la Fifa, le prince Ali ben Al Hussein a salué l’arrivée des fonds promis à sa fédération mais garde de «sérieuses préoccupations sur la gouvernance de la Fifa».

Passer la publicité Passer la publicité

De l’argent versé comme par magie. Deux jours après les violentes accusations du prince Ali ben Al Hussein à l’encontre de Gianni Infantino et sa gestion de la Fifa, l’instance internationale aurait procédé au versement de fonds promis à la Fédération jordanienne. «Merci à l’administration de la Fifa d’avoir soudainement délivré ce qui était dû aux joueurs et aux membres du staff pour leur accession à la finale de la Coupe arabe en décembre. Ces fonds qui auraient dû être versés il y a huit mois déjà», a posté sur X le président de la Fédération jordanienne de football.

Mardi, l’ancien rival de Gianni Infantino à l’élection pour la présidence de la Fifa, en 2016, avait ouvertement critiqué le patron du foot mondial, l’accusant de «chantage». «Il est clair que le véritable problème vient de la direction» de l’instance mondiale, avait écrit le prince. «Pendant des mois, la Fifa a refusé de nous aider sur ces questions ou sur d’autres, jusqu’à ce qu’on me dise oralement, pendant la Coupe du monde, que si je soutenais Infantino, cela contribuerait grandement à aider notre fédération».

Ce mercredi, Infantino a convié sa garde rapprochée pour une réunion de crise exceptionnelle à Rabat, au Maroc, après laquelle la Fifa s’est fendue d’un long communiqué d’excuses pour le projet de société commerciale de son président. Avant de procéder donc au versement de cette prime de participation à la Coupe arabe au Qatar, où Gianni Infantino était d’ailleurs présent, lui qui peut toujours compter sur le soutien du Qatar.

La Fédération jordanienne ne votera pas Infantino en mars

Les versements de ces fonds n’auraient toutefois pas changé le fond du problème. «Si cet argent est le bienvenu pour le développement de nos joueurs, ça ne change rien aux sérieuses préoccupations au sujet de la gouvernance de la Fifa, ni au traitement qui a pu nous être réservé par le passé», poursuit le demi-frère du roi de Jordanie. Ce dernier avait notamment dénoncé les problèmes de visa et les conditions d’accueil de sa sélection aux États-Unis, où elle a été éliminée en phase de poules du mondial.

À lire aussi Crise à la Fifa : plus isolé que jamais, Gianni Infantino au bord du vide

Clientélisme déplacé ou non, la Fédération jordanienne ne changera pas d’orientation pour l’avenir de la présidence de l’instance, qui pourrait se décider en mars prochain, lors du Congrès de la Fifa à Rabat (Maroc). «Tout ceci est symptomatique de ces difficultés que nous traversons tous, et qui sont le plus souvent liées aux élections à la présidence de la Fifa. Et rien ne fera changer ma position concernant la gouvernance de la Fifa : ma Fédération et moi ne soutiendrons le président Infantino, et nous ne voterons pas pour lui.»