Remis seulement à 70% de sa blessure à l’adducteur droit, le quadruple champion olympique est revenu ce dimanche sur la réduction de son programme et ses ambitions.

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Vous avez beaucoup travaillé le 400m 4 nages cette saison. On imagine que la décision d’y renoncer n’a pas été simple à prendre…

Oui, cela a été une décision très difficile à prendre. C’est la course que j’avais envie de réussir le mieux cette année. Tout ce que j’ai fait dans l’eau depuis le début de l’année, c’était vraiment pour nager le plus vite possible le 400m 4 nages. Il y a trois jours, j’ai décidé de ne pas le faire, donc forcément, c’est difficile. Je suis très déçu de tout ça sur un plan personnel, mais aussi pour les gens qui voulaient venir me voir sur les épreuves de quatre nages cette semaine. Néanmoins, cette décision me soulage aussi parce que ça m’a pris pas mal la tête quand même ces dernières semaines de savoir si j’allais le faire ou pas. C’est une émotion partagée que je ressens en fait.

L’avez-vous prise seul ?

Non. J’ai été accompagné par les médecins qui m’ont suivi, les kinés, mais aussi par mes coachs, etc…

Aviez-vous pu vous tester en brasse à Vichy ?

Oui, je me suis testé, mais rapidement. J’avais peur de me refaire une blessure. Je n’ai pas senti que c’était assez solide pour pouvoir reconstruire une brasse, dans les temps en tout cas pour ces Championnats d’Europe.

Si la compétition avait été organisée ailleurs qu’à Paris ou en France, y auriez-vous participé ?

Oui, parce que je pense que je suis quand même capable de m’amuser cette semaine dans les courses où je suis engagé. Je pense qu’en crawl et en papillon, je peux réaliser de belles performances et j’ai envie de me tester sur autre chose. Donc je pense que même si c’était ailleurs, je n’aurais pas renoncé à toute la compétition.

Allez-vous participer ce lundi au relais 4x200m, ainsi qu’à d’autres durant la semaine ?

Demain soir, si on passe en finale, je vais m’aligner sur le 4x200m nage libre. Ensuite, j’aurai le 200m papillon à partir de vendredi et le 400m crawl le dernier jour. C’est mon programme pour le moment, je ne sais pas encore si je ferai d’autres relais.

Allez-vous motiver les jeunes qui prendront part aux séries le matin ?

Oui, après, je ne suis pas leur coach. Ce n’est pas moi qui vais les motiver. Je pense qu’ils ont tous déjà envie de réussir. Je pense que demain matin, ça va être une course assez importante parce qu’on a besoin d’être bien placé en finale, si on passe. Donc ils vont faire de leur mieux. Je leur souhaite le meilleur. Et surtout, c’est une course qui est assez sympa à vivre, donc je pense qu’ils vont essayer de profiter au maximum.

Ressentez-vous encore une douleur ou une gêne en papillon ou en crawl ?

J’ai une légère gêne en papillon quand je suis vraiment à 100% parce que je sollicite énormément mes adducteurs en ondulation. Mais c’est vraiment une gêne, ce n’est pas une douleur, donc je pense que ça devrait être parfaitement gérable.

Qu’attendez-vous de ces deux courses individuelles ?

Je pense que je ne vais pas les aborder de la même manière. Le 200 pap’, j’en ai beaucoup fait déjà dans ma carrière alors que le 400 crawl, très peu. Je pense qu’il y aura bien sûr plus de doutes sur celui-ci le dernier jour. Mais c’est aussi un plus gros challenge pour moi, donc c’est quelque chose qui peut m’apporter beaucoup d’énergie et d’envie. Après, je vais voir comment je gère l’attente, comment j’arrive à garder mon énergie, à être prêt le jour J. Le 400 crawl, c’est quelque chose qui est très excitant, mais aussi très mystérieux. Je ne sais pas tellement comment le faire, comment le prendre. Je l’ai répété beaucoup de fois à l’entraînement, mais c’est vrai qu’en compétition, surtout à haut niveau, je ne sais pas trop.

Vous n’avez encore jamais été champion d’Europe. Est-ce une motivation importante de combler ce trou dans votre palmarès ?

Oui, toujours. À chaque championnat, j’ai envie de gagner, de faire une course avec une médaille d’or. J’ai quand même fait les championnats d’Europe à Glasgow, mais c’était en petit bassin et j’avais fait une finale dont j’étais déjà très fier. Mais cette semaine, je vais essayer d’aller chercher l’or sur une des courses.

Quelle serait une compétition réussie à vos yeux pour vous-même ?

Que je m’amuse, que je me crée des souvenirs, notamment avec les relais, mais aussi que je puisse me tester sur des courses que je ne fais pas d’habitude à haut niveau. Le fait de ne pas faire le quatre nages, je me suis dit que c’est le moment d’aller à fond sur le 200 crawl dans le relais et sur le 400 crawl le dernier jour. Au final, je suis assez curieux de voir comment ça peut évoluer.

Quelle importance ont ces Championnats d’Europe à deux ans des Jeux de Los Angeles ?

Ils sont vraiment importants. Je pense que de toute façon, c’est la seule véritable compétition à enjeu qu’on a cette année. Et depuis août, je me prépare pour ces championnats d’Europe.

Le temps ne va-t-il pas vous sembler long jusqu’à vendredi matin et les séries du 200m papillon ?

Si. Après on a une belle équipe de France, donc je pense que je vais m’amuser. Je vais enfin pouvoir venir à la piscine juste pour regarder les courses, donc ça va être cool aussi.

Quelles sont vos impressions sur cette piscine du Centre aquatique olympique ?

Il y a des nageurs de l’équipe de France qui ont fait le Giant en France, qui a eu lieu justement dans cette piscine. Du coup, on m’avait déjà un peu raconté l’ambiance de cette piscine et je la trouve vraiment super. Elle est neuve, donc assez jolie. Il y a beaucoup de lumière, l’eau est claire. C’est un endroit que j’aime beaucoup, depuis le jour où on est arrivé. Je me sens bien aussi dans l’eau, c’est important. Et je trouve que l’organisation est au top pour le moment, donc tout se passe bien.

Qu’attendez-vous de vos retrouvailles avec le public ?

Je ne sais pas trop quoi en attendre. Je vais essayer de prendre l’énergie qu’il y a à prendre. J’espère que les gens seront là pour nous encourager.