Plombé par l’absence de titre, l’athlétisme français finit 19e au tableau des médailles. La semaine a été marquée par la faillite de certains leaders mais aussi les premiers podiums internationaux de jeunes pousses.
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Faut-il voir le verre à moitié vide, ou à moitié plein ? Le bilan de l’équipe de France aux championnats d’Europe d’athlétisme peut se lire de façon encourageante avec 11 médailles (3 en argent et 8 en bronze). C’est certes moins que les 24 à Rome en 2024, mais c’est plus qu’en 2022 et 2016, ces dernières années.
«Sur le nombre de médailles, on est la cinquième nation. Et 55% de notre délégation est dans le top 8», a tenu à préciser Frank Bignet, le directeur technique national de la Fédération française d’athlétisme (FFA). En effet, la France (11 médailles) se place juste derrière l’Italie (22), l’Allemagne (21), la Grande-Bretagne (19) et les Pays-Bas (13) au total de médailles glanées.
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Si l’on change de perspective, on observe l’absence de titre européen, une rareté puisque c’est seulement la quatrième fois de son histoire que les Bleus repartent d’un Euro sans médaille d’or. Cela avait été le cas en 2022, avant quatre titres à Rome deux ans plus tard. Avant 2022 et donc 2026, il faut remonter à 1982 pour trouver une campagne européenne aussi maigre.
Les héros romains à la peine
Champions à Rome, Alexis Miellet, Cyréna Samba-Mayela, et Gabriel Tual n’ont même pas vu la finale de leur discipline. La première, spécialiste du 100 m haies, a déclaré forfait pour blessure après une période post-olympique délicate et risque, selon L’Equipe, une suspension pour trois manquements à ses obligations de localisation. Invité, le steepleur Alexis Miellet ne s’est, lui, pas extrait des séries. Le demi-fondeur Gabriel Tual s’est enfin arrêté en demi-finales.
Seule Alice Finot (3 000 m steeple) a enchaîné à Birmingham et glané la médaille d’argent. La coureuse de 35 ans a assuré «ne pas pouvoir faire mieux».
Ils ont performé comme attendu
Régulier au plus haut niveau européen, Just Kwaou-Mathey a assumé son statut de prétendant au podium en décrochant la médaille d’argent sur le 100 m haies derrière l’intouchable Suisse Jason Joseph. Derrière le sprinteur de 26 ans, plusieurs jeunes têtes ont répondu à l’appel pour remporter leur première médaille internationale.
Hilary Kpatcha (saut en longueur) tournait autour du podium depuis sa quatrième place aux derniers Mondiaux et a confirmé son statut avec du bronze. Tout comme Baptiste Thiery (saut à la perche) qui a signé une belle troisième place, avec une barre franchie à 5,85 m, derrière l’inatteignable duo Karalis-Duplantis.
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Il y a eu également les belles médailles de bronze, plus ou moins annoncées, de Laëticia Bapté (100 m haies) et Marie-Julie Bonnin (saut à la perche), ainsi que la breloque des coureurs français sur le marathon par équipes, emmené par Valentin Gondouin et Emmanuel Rodolff-Lévisse.
Les jolies surprises
D’abord, celle d’Étienne Daguinos (5.000 m) qui a apporté la première médaille aux Bleus. Ses larmes de joie étaient presque à la hauteur de la surprise du Français, qui ne se voyait pas sur le podium (en bronze), pour la première fois là encore. Muhammad Abdallah Kounta (400 m) a également surpris, en argent, et concassé ses records personnels pour briller sur la plus grande scène pour la première fois de sa carrière. Aurélien Quinion (marathon marche), en bronze, a lui aussi décroché son premier podium.
Les déceptions
Champion du monde en titre du 10 000 m et 3e du 5 000 m, Jimmy Gressier a connu une semaine contrastée, mais pas à la hauteur des ambitions placées en lui. Très déçu de sa 4e place sur 5 000 m en début de semaine, le patron du fond français s’est rattrapé sur le 10 000 m avec du bronze. «J’ai failli à ma mission», avouait-il après le 5 000 m. Le titre sur 10 000 m ensuite, son objectif annoncé et légitime vu son statut, aurait pu venir du leader de l’athlétisme français.
Au marteau, le très régulier Yann Chaussinand n’a pas accroché la médaille alors qu’il se trouvait être un candidat sérieux au podium, voir au titre. Il termine 9e, loin de ses standards. Enfin, le lot de médailles en chocolat fait partie des frustrations côté tricolore, avec pas moins de sept 4es places, aucun pays ne fait mieux. Si près, si loin.
Relever la tête pour les JO 2028
À deux ans des Jeux Olympiques de Los Angeles, l’équipe de France veut croire en sa méthode mais reconnaît qu’il va falloir «trouver les solutions» pour jouer le podium ou le titre mondial. «Au tableau des médailles, sans or, on rétrograde sévèrement», a noté le DTN Frank Bignet. «Tout l’enjeu va être de trouver les solutions qui doivent permettre aux athlètes de jouer les médailles ou le titre», a estimé celui qui juge que l’athlétisme français est «à sa place» lors de ces championnats d’Europe.
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Jean Galfione, directeur de la haute performance au sein de la FFA, se veut résolument optimiste. «Le bilan est positif, voire très positif. On a passé une marche sur ces Championnats d’Europe. Les jeunes trouvent leur place, les anciens tirent vers le haut», a résumé au micro de France TV le champion olympique du saut à la perche en 1996, arrivé lui aussi après les Mondiaux en septembre dernier.
Le son de cloche n’est pas exactement le même chez les spécialistes. «Ce n’est pas un bilan positif que ce soit par le nombre de médailles, mais aussi de titres. On est plutôt en difficulté alors qu’on a avancé avec une équipe qui laissait imaginer mieux», a notamment regretté Stéphane Diagana, consultant pour France TV. Le World Athletics Ultimate Championship (11-13 septembre, Budapest), toute nouvelle compétition conçue par la fédération internationale, se présente désormais devant l’athlétisme français, avant surtout l’Euro en salle (4-7 mars 2027) à Valence, en Espagne. «Le temps est précieux, il y a de l’urgence», alerte Franck Bignet.
