Deuxième de l’épreuve du 3km knock-out en eau libre ce vendredi, le nageur Français a su surmonter plusieurs obstacles pour monter sur le podium.

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Vous êtes apparu très ému à l’issue de la course…

Marc-Antoine Olivier : Oui, je pense qu’il y a un peu de tout, la nervosité et le stress sont redescendus d’un coup. Je savais que je n’avais pas très bien commencé ces Championnats et qu’en plus, mon coude a un peu fait des siennes. Mais je pense qu’on a montré qu’on montait en puissance sur ces Championnats et on ouvre le compteur pour l’eau libre, donc c’est très cool. Après, en ce qui me concerne, cette médaille est pour ma compagne et mon petit bébé. Ils ont fait énormément pour que je sois là aujourd’hui, avec le maximum de ce que je pouvais faire cette année en termes d’entraînement et de forme. Malheureusement, il y a eu cette douleur qui m’a un peu gêné sur les 10 et 5 bornes, mais il n’y avait pas que ça. Je pense qu’il me manquait aussi des heures d’entraînement. Mais là, je suis très fier pour l’équipe de France, pour ma famille et tous les partenaires qui m’ont suivi sur ce projet-là. Et ce n’est pas fini. Demain (samedi), il y a le relais. On a besoin de bien récupérer. Je dois aussi un peu me soigner, parce que j’ai quand même senti sur la dernière ligne droite que j’avais encore un peu mal, mais je pense qu’on peut faire une très belle chose sur ce relais.

Était-ce pesant collectivement de rester bloqué à zéro médaille ?

Oui, c’est toujours embêtant pour une nation comme la France, d’autant plus à Paris. Mais je pense que moi, j’ai assez prouvé dans ma discipline. J’ai assez donné aussi. Donc indirectement, ça ne me pesait pas. Et comme je l’ai dit, on monte en puissance sur ces Championnats. C’est bête qu’on n’ait pas réussi à faire ces choses-là dès le début.

Comment avez-vous traversé les différents tours ? Est-ce que vous aviez un plan de bataille ?

Je savais que si je rentrais en finale sans douleur, je pouvais faire quelque chose, même si je savais qu’il y avait des gros nageurs de bassin. Après, le 1.500m (au 1er tour) était quand même assez difficile parce que je n’ai presque pas nagé hier. J’ai vraiment laissé reposer au maximum mon coude et mon avant-bras où j’avais mal. J’ai essayé de faire quand même du vélo, histoire de ne pas rester à rien faire. J’ai pris aussi des forces auprès de ma compagne et de mon petit bébé, histoire de penser à autre chose que la douleur. On a trouvé des bonnes solutions aussi avec le staff pour qu’on puisse nager aujourd’hui. Donc le 1.500 a été assez compliqué, mais ça m’a mis dedans. Au tour suivant, j’étais mieux placé pour le 1.000m, c’était un peu plus tranquille. Et après sur la finale, je me suis dit : «Si j’arrive à la bouée et que je suis encore aux avant-postes, normalement, c’est mon gros point fort.» Et ça a été le plan parfait parce que je suis passé à l’intérieur et après, j’ai réussi à me décaler. J’ai essayé de donner le max, je me suis fait rattraper, mais j’ai réussi à quand même à aller chercher une belle médaille d’argent.

Que représente cette médaille par rapport à toutes celles que vous avez déjà remportées ?

Déjà, il y a ma petite fille désormais, c’est une nouvelle vie. Tout parent sait que ce n’est pas évident d’avoir un nouveau-né. Ça a été beaucoup de changements, mais on a su s’adapter. Je savais qu’en plus ce serait une année transitoire où il me serait très compliqué de performer à l’international, mais j’ai fait troisième au classement général de la Coupe du monde. Là, je prends une médaille sur le knock-out, donc c’est prometteur pour les prochaines années. L’objectif principal, ça reste Los Angeles. C’est vraiment la médaille que je veux avoir autour du cou. Et je vais bosser pour.

Entre votre blessure au coude et Logan Fontaine (3e) en béquilles, c’est curieux d’avoir deux médaillés comme ça…

Oui, ça n’a pas dû arriver souvent, mais je pense que ce qui a fait beaucoup aussi, c’est l’énergie que les supporters nous donnaient entre les phases de repos. D’avoir cette atmosphère-là, ça mettait du baume au cœur et cela donnait de l’énergie pour ne pas penser à nos douleurs respectives. C’est l’avantage qu’on a d’être chez nous. Et puis, comme je l’ai dit, on n’a pas fait de très bons débuts de Championnat donc quand on a vu qu’on était aux avant-postes et qu’on pouvait jouer quelque chose, je pense que cela nous a donné une énergie supplémentaire.