À 33 ans, l’attaquant du Bayern et des Three Lions anglais a été consacré ce lundi, à Londres, 70 ans après Stanley Matthews, premier lauréat du Ballon d’Or.
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70 ans après, le Ballon d’Or est de retour en Angleterre. Au propre comme au figuré. Alors que la cérémonie se déroulait à Londres pour la première fois, en hommage au premier lauréat du Ballon d’or, Sir Stanley Matthews, en 1956, le panel de votants (100 journalistes) a choisi de récompenser Harry Kane ce lundi, au London Palladium, à Soho. Consécration pour ce buteur longtemps qualifié de loser, pour ses années vierges de titre à Tottenham et avec l’équipe d’Angleterre. Il a rempli son armoire à trophées au Bayern, où il est arrivé en 2023, pour 95 millions d’euros. Il n’a pas mis longtemps à se sentir comme chez lui…
La saison dernière, il a remporté son deuxième titre de champion d’Allemagne, sa deuxième Supercoupe d’Allemagne et sa première Coupe d’Allemagne. Et des buts en cascade : 36 en Bundesliga, 61 au total toutes compétitions confondues, 73 en comptant la sélection. Machine. Mais aussi un joueur tourné vers le collectif, avec ses sept passes décisives sous les couleurs bavaroises, et ses efforts, ses décrochages. Un joueur complet, humble, élégant sur le terrain et en dehors. «Je suis dans la meilleure forme de ma vie», souriait-il encore récemment. 33 ans mais des jambes de feu et un sens du but inégalé, une seconde nature.
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Rien de scandaleux
Des performances, des buts, de l’élégance, un palmarès : tout pour plaire aux votants. Ce Ballon d’or n’est en rien scandaleux. Loin de là. Mais on l’a dit, les prétendants étaient nombreux : Lamine Yamal, Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, «Kvara», Michael Olise, Lionel Messi… Beaucoup de prétendants, aucun candidat idéal. Ils traînaient tous un boulet, plus ou moins gros. Celui de Kane, c’était de n’avoir gagné aucun des deux principaux trophées de la saison écoulée, demi-finale en Ligue des champions, troisième place à la Coupe du monde 2026. Des parcours plus qu’honorables, toutefois. Et une vraie régularité.
Natif de Walthamstow, Harry Kane a grandi dans une famille de fans de Tottenham. Bazardé après une saison non concluante à Arsenal, l’Anglais a connu un parcours cabossé pour finalement débarquer à l’academy des Spurs en 2004. De 2011 à 2013, Kane a enchaîné les prêts. Avant d’enchaîner les buts avec Tottenham : 10 ans pour inscrire 280 buts en 435 matchs, avec 63 passes décisives en prime. Buteur et créateur. Qualité de passe, vision et intelligence de jeu font partie de ses atouts. À noter que Kane s’est, au fil des ans, imposé comme le fer de lance des Three Lions : 91 buts en 125 capes. Capitaine. Recordman.
Je crois que Harry Kane est le meilleur joueur du monde en matière de force mentale, de volonté et de détermination
Mauricio Pochettino
L’intéressé n’a toutefois pas grandi avec une cuillère en argent dans la bouche. On l’a dit, il n’a pas été considéré comme un prodige à ses débuts. Tout ce qu’il a obtenu, c’était à force de travail. La résilience, c’est peut-être ce qui le caractérise le mieux. «Je crois que Harry Kane est le meilleur joueur du monde en matière de force mentale, de volonté et de détermination», jugeait encore récemment Mauricio Pochettino. Monstre de travail.
«Il est incontestablement le meilleur attaquant de sa génération», juge le sélectionneur anglais, Thomas Tuchel. «C’est un attaquant de classe mondiale», jure son ancien coach à Tottenham, Antonio Conte. «Pour moi, il est déjà le meilleur attaquant du monde», s’enflammait Mauricio Pochettino, sous les ordres duquel il a disputé 242 matchs et a atteint la finale de Ligue des champions, en 2019. Le plus grand fait d’arme des Spurs.
Anti-star portée au firmament
Sacré meilleur Espoir à 19 ans, Lamine Yamal attendra. Kylian Mbappé aussi. Dans une année où aucun favori ne se détachait réellement, le sacre de Harry Kane fait du bien au football. Une anti-star portée au firmament. Beau symbole pour cette distinction en forme de «poison» pour l’ex-Bleu Robert Pirès et qui «fatigue» le chantre du collectif Luis Enrique. Kane, personne n’y trouvera rien à redire. Surtout pas lors d’une cérémonie à Londres. Longtemps au mauvais endroit au mauvais moment, Harry Kane, l’homme qui tombe à pic.
