Le légendaire pilote, champion du monde en 1980 sur une Williams, est décédé à 80 ans. Il était une icône en Australie.

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Ingénieux et excellent pilote des années 1980, l'Australien Alan Jones est parti en Angleterre sans le sou pour rejoindre quelques années plus tard la Formule 1, où il a côtoyé notamment Alain Prost et Niki Lauda avant d'être sacré champion du monde.

Décédé jeudi à l'âge de 80 ans, Jones est le premier pilote à avoir gagné en 1980 le titre mondial de F1 au volant d'une Williams (avec 13 points d’avance sur Nelson Piquet, 25 sur Carlos Reutemann et 33 sur Jacques Laffite). Il était arrivé cinq ans plus tôt dans la discipline, avant d'être recruté par Frank Williams dans l'élan de sa première victoire en Grand Prix dans une Shadow en 1977 en Autriche.

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L'écurie de celui qui va devenir Sir Frank change alors opportunément de catégorie grâce à des capitaux saoudiens et Jones se retrouve enfin dans une voiture capable de gagner, lui qui a couru aussi pour Hesketh et Hill-Lola.

Au Grand Prix d'Autriche 1977, Jones souffle la première place à l'Autrichien Niki Lauda privé de sacre chez lui. L'Australien s'adjuge quatre victoires fin 1979 et encore quatre au début de la saison 1980, dans une monoplace aussi performante que fragile.

Face au redoutable Nelson Piquet (Brabham), plus régulier, Jones réussit à s'imposer dans les deux dernières manches de la saison pour conquérir le titre et devenir le deuxième champion du monde de F1 australien après l'incomparable Jack Brabham. Le Brésilien prendra sa revanche la saison suivante, pour quatre points.

Au Grand Prix d'Allemagne en 1981, un duel mémorable oppose Jones au Français Alain Prost. Au moment où Prost et son compatriote René Arnoux se battent ou négocient un dépassement, Jones glisse habilement sa monoplace au milieu pour doubler les deux pilotes d'un coup. Mais il finit au 11e rang.

L'année suivante, Jones arrête la Formule 1, avec un palmarès de 12 victoires et 24 podiums. Dans une interview en 2012, il regrettera de ne pas avoir répondu assez vite à Ferrari qui lui proposait un contrat de titulaire à la suite de l'accident mortel de Gilles Villeneuve.

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Icône

L'Australien est revenu deux fois en F1, en 1983 dans une Arrows (abandon à Long Beach), et en 1986 dans une Lola de l'écurie Haas-Béatrice, avant d'essayer d'autres catégories (voitures de tourisme, GT). Il a participé aux 24 Heures du Mans dans une Porsche, mais sans grande réussite.

Né le 2 novembre 1946, le fils de Stan Jones, un excellent pilote des années 50 aux antipodes, était parti seul en Angleterre à la suite de la faillite de son père.

Très débrouillard, il avait débuté en F3 en 1969 mais avait dû attendre six ans pour débuter en F1. Une fois rangé des voitures, il est devenu consultant pour les réseaux de télévision australiens qui couvraient la F1, d'abord Channel 9, puis Network 10.

Très respecté dans son pays, il est resté une icône pour les spectateurs du GP d'Australie, et l'exemple à suivre pour Daniel Ricciardo, chez Renault. Car il n'y a eu, en 70 ans de F1, que deux Australiens champions du monde : Sir Jack Brabham, trois fois, et Alan Jones, une fois.

À la mort de Niki Lauda en 2019, Jones a raconté une anecdote sur l'ex-champion du monde autrichien, rapportée par le site d'informations sportives Speedcafe.

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Un jour, Jones prend un avion de Lauda Air, la compagnie de l'Autrichien, pour regagner l'Australie depuis Vienne. Une fois assis, il entend une voix dans le haut-parleur et dit à sa femme : «c'est Niki!». Jones demande alors à une hôtesse d'aller dire au pilote qu'il est assis dans l'avion. Puis Lauda le fait venir dans le cockpit où il est resté «pratiquement pendant tout le vol».