Manchester City a été reconnu coupable de graves infractions financières par une commission indépendante de la Premier League. Après près de huit ans d’enquête, le club connaît enfin le verdict dans l’affaire des «115 charges». La sanction reste désormais à déterminer.
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C’est l’histoire qui pourrait marquer un tournant pour Manchester City. La commission estime que le club a enfreint les règles financières de la Premier League entre 2009 et 2018. Selon elle, des accords commerciaux de «façade» auraient permis de gonfler artificiellement ses revenus et de masquer sa situation financière, afin de respecter «en apparence» les limites de dépenses imposées par la Premier League et l’UEFA. Ces mécanismes auraient amélioré les finances du club de plus de 900 millions de livres.
La commission estime également que les Sky Blues ont présenté des comptes inexacts aux instances du football et à leurs auditeurs. Elle leur reproche aussi de ne pas avoir pleinement coopéré à l’enquête : trois des quatre griefs retenus sur ce point ont été confirmés. De son côté, l’écurie anglaise conteste depuis le début les accusations.
Le rachat de 2008, point de départ
Pour comprendre l’affaire, il faut revenir au changement de dimension du club mancunien. Après son rachat par Abu Dhabi United Group, lié au cheikh Mansour ben Zayed Al Nahyane, le club change de statut. Les investissements affluent et les grands noms arrivent : Robinho, Carlos Tévez, Sergio Agüero ou encore Kevin De Bruyne. En 15 ans, les Citizens remportent huit titres de champion d’Angleterre, quatre Coupes d’Angleterre et sept Coupes de la Ligue, avant de décrocher leur première Ligue des champions en 2023.
Dans le même temps, l’UEFA met en place le fair-play financier pour limiter les dépenses des clubs et éviter qu’un propriétaire puisse financer sans limite son équipe. Les revenus commerciaux deviennent alors essentiels. Manchester City signe notamment un important partenariat avec Etihad Airways, la compagnie aérienne nationale des Émirats arabes unis.
Football Leaks, le dossier qui bascule
En 2018, le magazine allemand Der Spiegel publie des documents de Football Leaks accusant Manchester City d’avoir contourné les règles de l’UEFA. Une partie des revenus de sponsoring présentés par le club aurait en réalité été financée par son propriétaire. Des paiements liés à Roberto Mancini, alors entraîneur, sont également évoqués. Manchester City nie toute irrégularité.
L’UEFA ouvre une procédure et sanctionne le club, mais le Tribunal arbitral du sport annule ensuite la principale sanction européenne. La Premier League poursuit toutefois sa propre enquête, lancée en 2018.
«115 charges» : huit ans de procédure
Le dossier est complexe. Les enquêteurs examinent les comptes du club, ses contrats commerciaux, les rémunérations, les échanges de courriels et de nombreux documents financiers. En 2023, la Premier League accuse officiellement Manchester City d’avoir enfreint ses règles financières et de ne pas avoir correctement coopéré à l’enquête.
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L’affaire, résumée sous le terme des «115 charge », devient l’un des dossiers disciplinaires les plus importants du football anglais. L’audience devant la commission indépendante s’étend sur plusieurs semaines et des milliers de pages de documents et de témoignages sont étudiées. Le verdict met fin à près de huit ans de procédure.
Une sanction encore à déterminer
Manchester City doit désormais connaître sa sanction et peut faire appel du verdict jusqu’au 2 octobre. La Premier League dispose de plusieurs possibilités, dont une déduction de points ou d’autres sanctions disciplinaires.
Une éventuelle relégation ou les conséquences sur les titres remportés pendant la période concernée pourraient également être débattues. Mais à ce stade, aucune sanction n’a encore été prononcée.
