Pierre Gasly a perdu le podium à Monaco suite à un appel demandé par McLaren. Flavio Briatore a alors profité de la conférence de presse des directeurs, vendredi, pour

remettre en cause un des juges à l’origine de la décision.

Les conférences de presse des directeurs d’écuries sont un rituel qui se déroule chaque vendredi de week-end de Formule 1 dans une ambiance feutrée où diplomatie et faux sourires sont de mise. Pourtant, les membres du paddock devraient se souvenir de celle d’aujourd’hui pendant un bon bout de temps. En effet, quelques heures après que la cour d’appel a rendu son verdict et décidé de rétablir les deux pénalités de cinq secondes initialement infligées à Pierre Gasly pour excès de vitesse dans la voie des stands, Flavio Briatore a pris le micro avec la ferme intention d’exprimer sa colère.

Pour rappel, Pierre Gasly avait terminé troisième à Monaco avant de rétrograder au septième rang après une pénalité de dix secondes. Alpine avait ensuite obtenu le droit de contester cette sanction, après avoir prouvé une erreur du chronométreur concernant la longueur de la voie des stands. McLaren et Red Bull avaient fait appel de cette décision. Après l’audience du 25 août, le verdict rendu vendredi a finalement confirmé l’annulation de la pénalité de Gasly. Isack Hadjar, qui avait perdu puis retrouvé la troisième place, récupère donc officiellement son podium et Oscar Piastri marque deux points supplémentaires.

«C’est très injuste. Nous acceptons la décision, mais ce qui est très étrange, c’est que, parmi les quatre juges du panel, l’un d’entre eux agit comme un procureur», a-t-il d’abord réagi avant de poursuivre en accusant de façon assez virulente ce juge qui est, selon lui, «très lié à McLaren». «Nous avons une belle photo de cet homme lors d’un discours pour McLaren en 2018, chez McLaren Special Operations (MSO), à Beverly Hills. Il a une fondation appelée One Drop Foundation, et McLaren a donné deux ou trois voitures. C’est assez injuste. L’un des juges était lié à une équipe qui avait fait appel contre nous», a martelé le patron d’Alpine.

Des accusations émises par le dirigeant italien après qu’Andrea Stella a justifié la décision de son équipe de contester la procédure au nom de l’intégrité sportive. Pour le patron d’Alpine le problème n’est pas le verdict en lui-même mais l’indépendance du juge qui y a contribué. «Andrea ! Ce qui est injuste, c’est que le juge était lié à McLaren, c’est injuste. Normalement, le juge doit être complètement indépendant, et ce juge a été très désagréable pendant l’audience. Il agissait comme un procureur et, ensuite, nous avons découvert pourquoi il était si désagréable. Cet homme est très lié à McLaren», s’est-il énervé.

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«L’orientation prise par cette conférence est assez insultante pour McLaren»

Invité à réagir, Andrea Stella a semblé plutôt choqué de la tournure prise par cette conférence de presse, transformée en un véritable règlement de comptes en place publique. «Je trouve que l’orientation prise par cette conférence est assez insultante pour McLaren, pour la réputation d’une équipe qui mérite un grand respect. Quiconque formule de telles allégations, qui semblent très graves, devra en assumer la responsabilité publiquement. L’audience et l’ensemble de la procédure devant la Cour d’appel internationale se sont déroulés selon les normes les plus strictes ; il ne faut pas remettre en cause cette instance comme cela a été fait.»

Interrogé sur d’éventuelles poursuites judiciaires contre ce juge et McLaren, Flavio Briatore est resté très évasif. «Attendons la fin du week-end, et ensuite nous y réfléchirons», a-t-il répondu. Affaire à suivre donc...