Anthony D. et Mohamed C., figures connues du milieu des ultras niçois, ont été relaxés des faits de violences en réunion et violences aggravées à l’encontre de deux joueurs du Gym, apparues dans un contexte de forte tension entre le club et ses supporters, excédés des mauvais résultats.
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C’est un mélange de satisfaction teintée de soulagement qui a plané au-dessus de la salle d’audience du tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes), ce vendredi après-midi. Le jugement de « relaxe totale », à l’encontre des deux supporters du club de football de l’OGC Nice, Anthony D. et Mohamed C., semblait ne plus être une option pour les deux intéressés, qui ont laissé éclater leur joie et leurs larmes à la sortie du tribunal, soutenus par leurs avocats. Tous deux étaient poursuivis pour violences violences en réunion et violences aggravées à l’encontre des deux Aiglons Jérémie Boga et Terem Mofi, et avaient toujours défendu « ne pas avoir porté de coups » aux deux joueurs du club niçois. Les parties au procès ont dix jours pour faire appel de cette décision.
Lors de l’audience à la fin du mois de juillet, le ministère public avait pourtant requis deux années de prison, dont une ferme contre Mohamed C., ainsi que deux ans ferme avec mandat de dépôt contre Anthony D., assortis de la révocation d’un an de sursis probatoire - de l’une de ces précédentes condamnations pour violences, envers des supporters. Damien Martinelli, le procureur de la République de Nice, avait dénoncé « un passage à l’acte sciemment organisé, construit et décidé » par les deux mis en cause, départi de « toute volonté d’apaisement de leur côté. L’objectif de la soirée, c’est que les joueurs viennent assumer », avait-il répété à l’audience.
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Versions opposées
Les faits remontent à plus d’un an, désormais ; le soir du 30 novembre 2025, le club rouge et noir enchaînait sa sixième défaite consécutive, à l’issue d’un match contre Lorient, perdu trois buts à un. De quoi alimenter les craintes d’une relégation en Ligue 2 et la colère des supporters - tout particulièrement des ultras. Peu avant minuit, alors que le Gym retourne au centre d’entraînement niçois, ces derniers sont plus d’une centaine - « jusqu’à 200 » selon le ministère public - à attendre des explications. La plupart sont cagoulés, vêtus de sombre.
Les deux mis en cause, dont les âges oscillent autour d’une trentaine d’années, ont pénétré à l’intérieur du bus des joueurs, « à la demande du staff », afin de tenter « d’apaiser la situation » - non sans agonir d’insultes les footballeurs. Dès lors, deux versions s’affrontaient au sujet de la descente du bus des onze joueurs ; les deux attaquants Moffi et Boga ont rapporté des « crachats, coups et insultes » envers eux, là où les supporters maintenaient, d’une part « ne pas avoir violenté » qui que ce soit et d’autre part, ne pas y avoir incité.
Nombre de soutiens du club avaient interprété ces incidents comme une façon pour les deux joueurs, en difficulté au sein du club, de trouver une porte de sortie « à des fins mercantiles, personnelles et d’enrichissement », regrettait l’un des avocats de la défense. « On est satisfait de cette décision, on s’y attendait parce que le dossier tel qu’il est apparu au moment du jugement n’était pas celui qui l’était au moment de la comparution immédiate », a réagi ce vendredi maître Rudy Cohen, l’avocat de l’un des prévenus relaxé.
