LE SCAN SPORT - Diplômé de Harvard, ancien investisseur et grand père de six petits-enfants, Tony Downer a pourtant passé neuf ans à courir sur les courts de Flushing Meadows et raconte cette étonnante passion à L’Équipe
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À 68 ans, Tony Downer continue de courir après les balles. Une image surprenante pour cet ancien professionnel du capital-risque, diplômé de Harvard et aujourd’hui grand-père de six petits enfants. Pourtant, le tennis occupe une place particulière dans sa vie depuis l’enfance. «Dans notre famille, nus n’allions pas à l’église, nous allions à l’US Open», raconte-t-il à L’Équipe.
En 2002, à 44 ans, il tente une première fois de devenir ramasseur de balles avec ses deux fils jumeaux. Tous trois réussissent les sélections, mais son emploi l’empêche finalement de participer au tournoi. Quatorze ans plus tard, devenu plus disponible, Downer retente sa chance parmi 450 candidats. Il est retenu et passera ensuite neuf ans comme ramasseur à l’US Open, avant de devenir superviseur.
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«Il y a toujours deux joueurs, six balles, les mêmes règles»
Avec son expérience, l’Américain accompagne désormais les plus jeunes ramasseurs, notamment lorsqu’ils découvrent la pression des grands courts. Son conseil tient en une phrase :«Quand je les vois paniquer sur les grands terrains, je leur explique que le Arthur Ashe n’est pas différent d’un court annexe. Il y a toujours deux joueurs, six balles, les mêmes règles».
Ce qui continue de le fasciner, c’est surtout la proximité avec le jeu. «Lorsque vous êtes sur le terrain, vous percevez vraiment la vitesse du jeu, la violence avec laquelle les joueurs frappent la balle, leur explosivité, leur jeu de jambes.» Une position privilégiée qui lui permet aussi d’observer la solitude des joueurs, seuls face à leurs décisions entre deux points.
Et son âge lui offre un autre avantage, avec une pointe d’ironie :«Si un joueur est un vrai connard, ce qui est rare heureusement, il est moins susceptible de se comporter comme tel avec moi qu’avec un garçon ou une fille de 14 ans.»
À Dallas, en février, son parcours avait encore intrigué le public. Présenté lors du toss avec Frances Tiafoe et Terence Atmane, ses diplômes de Harvard et ses six petits-enfants avaient été annoncés au micro. Dans les tribunes, une question s’était alors imposée :« Mais, c’est qui ce gus ?»
