L’entraîneur de l’attaque tricolore a salué le retour de la charnière Dupont-Ntamack, plus de 600 jours après sa dernière apparition sous le maillot bleu.
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Un petit événement, samedi à Lyon contre les Fidji. Antoine Dupont et Romain Ntamack commenceront ensemble sous le maillot bleu pour la première fois depuis 610 jours, et un match contre l’Irlande le 7 mars 2025. Une charnière toulousaine aperçue sous le maillot du XV de France qu’à deux reprises depuis la Coupe du monde 2023. Un grand retour qui réjouit, évidemment, le Catalan Patrick Arlettaz, en charge de l’attaque tricolore.
Que vous procure comme émotion le retour, enfin, de la charnière Dupont-Ntamack ?
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Patrick Arlettaz : Émotion, ça va un peu loin. Mais on est ravi de les revoir associés tous les deux parce qu’ils sont en forme tous les deux. Ils sont très compétitifs depuis la fin de saison dernière… On sait que ça suscite beaucoup de passion. Que c’est un atout important pour le XV de France. Et, en même temps, on est déçus de ne pas avoir tout le monde (Jalibert est forfait, NDLR)…
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Depuis la Coupe du monde 2023, ils n’ont été associés qu’à deux reprises en équipe de France. Mais, est-ce que pour vous, cette charnière restait celle que vous souhaitiez voir ?
On ne réfléchit pas à qui on va associer. On fait avec les forces du moment, les performances individuelles. On a cette richesse d’avoir des profils différents avec Max (Lucu), avec Antoine, avec Matthieu (Jalibert), Romain, Thomas (Ramos). Chacun a quelque chose à amener. Bien évidemment, on est ravis d’avoir Antoine et Romain à ce niveau-là. On est très impatients de démarrer cette compétition avec eux. Mais, pour se projeter sur une charnière - je sais que vous aimez ça (sourire) -, on voit que malheureusement, par le biais des blessures, il n’y a souvent plus de choix à faire.
Le Tournoi, finalement, ça a été un peu précipité. Antoine relevait d’une grave blessure, il avait eu très peu de matchs pour se préparer et, sans doute, l’a-t-il un petit peu traîné.
Patrick Arlettaz
Aviez-vous trouvé, comme certains, qu’Antoine Dupont était un peu en dedans lors du dernier Tournoi des six nations ? Et diriez-vous qu’il est désormais revenu à son meilleur niveau ?
Quand on parle d’Antoine Dupont, c’est toujours très difficile de dire qu’il est un peu dedans ! Je crois que, déjà, il est beaucoup mieux physiquement. Je le trouve ressourcé, en pleine capacité de ses moyens physiques. Le Tournoi, finalement, ça a été un peu précipité. On a tendance à trouver tout normal du moment qu’Antoine enfile le maillot. Mais il relevait d’une grave blessure, il avait eu très peu de matchs pour se préparer et, sans doute, l’a-t-il un petit peu traîné. Là, on voit bien qu’il est en pleine possession de ses moyens, qu’il est à 100 % physiquement. Comme techniquement, il est au-dessus de n’importe quel joueur, il arrivait à compenser là-dessus pendant le Tournoi. Là, il a les deux à la fois. Donc, il n’y a pas à se plaindre.
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Il y a un an, à Bordeaux, les Fidjiens vous avez posé beaucoup de problèmes (victoire 34-21). Comment éviter le même scénario ?
Ce sont des joueurs qu’on connaît bien puisqu’ils sont nombreux en Top 14. Ils ont d’énormes qualités individuelles de vitesse, d’appui, de destruction de temps en temps tellement leur physique est impressionnant. Ils nous avaient posé avant tout beaucoup de problèmes sur le milieu de terrain. On se souvient que très vite, d’ailleurs, on avait perdu Pierre-Louis Barassi et Émilien Gailleton, soit le titulaire et celui qui était rentré à sa place (au centre). Ensuite, ils nous avaient également posé des problèmes sur les extérieurs et en défense en nous empêchant de développer notre jeu. Après avoir mené 21-0, on s’est perdu un tout petit peu.
C’est-à-dire ?
Dès que vous ne gagnez plus les duels face à ce genre d’équipe, dès que vous ne mettez plus le combat dans le collectif mais que vous tombez dans du un-contre-un, fatalement, vous allez vers une déconvenue. Donc il va falloir que, collectivement, on soit meilleurs. Il va falloir qu’on gagne les microduels pour les empêcher, eux, de se retrouver en avançant. Ils adorent le duel. il faut les renvoyer tout le temps à un combat collectif. Pour s’en sortir contre les Fidjiens, il faut les mettre dans quelque chose où ils ne sont pas à l’aise. Parce que là où ils sont à l’aise, ils sont parmi les meilleurs du monde. L’année dernière, je trouve qu’on les avait confortés dans ce qu’ils font de mieux. Et c’était un peu une faute professionnelle…
Les joueurs fidjiens ont très envie de battre les joueurs français parce qu’ils jouent avec eux en Top 14. Ça rajoute à l’esprit.
Patrick Arlettaz
Est-ce le fait que les joueurs des deux équipes se côtoient dans le championnat de France modifie la préparation de cette rencontre ?
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Non, ça ne la change pas. La seule chose, c’est que les joueurs fidjiens ont très envie de battre les joueurs français parce qu’ils jouent avec eux dans le championnat. Ça rajoute à l’esprit. Et les Français connaissent toutes les qualités des Fidjiens parce qu’ils les prennent toutes les semaines ou alors ils jouent avec eux. Ça rend ce match trop important et trop difficile pour pouvoir penser au suivant.
Cette rencontre est-elle une forme de répétition générale avant d’affronter les Springboks, six jours plus tard au Stade de France ?
Ça aurait pu… sur l’imaginaire. Et puis je me suis rappelé le match de l’année dernière contre les Fidjiens (sourire). Ce qu’on va faire, c’est qu’on va beaucoup penser aux Fidjiens pendant quatre jours. Il sera à temps, après, de penser à l’Afrique du Sud… On voit bien toute la dangerosité de cette équipe des Fidji. Ce n’est pas un match de préparation pour le celui d’après. C’est un vrai match difficile à gagner d’entrée. Donc on va se concentrer énormément sur celui-là parce que si on veut continuer d’être premiers de la Conférence Nord, il faut qu’on batte les Fidji. Et je ne suis pas sûr qu’en le prenant comme un match de préparation, on soit en capacité de les battre.
Justement, le fait que le Championnat des nations soit une compétition avec un classement, et non plus une simple tournée, est-ce que cela en modifie l’approche ?
Cet été, on a bien senti l’engouement populaire pour cette nouvelle compétition. Mais également un intérêt particulier chez les joueurs qui s’intéressaient au classement, à savoir comment ils se situaient par rapport aux autres équipes de l’hémisphère nord. C’est indéniable. Ce sont tous des compétiteurs. Ils veulent tous gagner des trophées, ils ont un appétit insatiable. Dès que vous leur rajoutez un trophée, fatalement, ils sont dedans. C’est un des moteurs dans notre sport. C’est aussi pour ça qu’on fait ça. Et les joueurs n’échappent pas à la règle. Donc, effectivement, on a senti cette excitation. Je trouve ça chouette…
Propos recueillis en conférence de presse
