Après sa cinquième victoire sur la Grande Boucle, le Slovène s’attaque à la Vuelta. Le seul Grand Tour qui manque à son immense palmarès.
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Il revient là où tout a commencé. Sept ans après son éclosion en professionnel marquée par trois victoires d’étapes et une troisième place au classement général, Tadej Pogacar retrouve (enfin) le Tour d’Espagne ce samedi. Au départ de Monaco, son habituel lieu de résidence, le champion slovène n’a qu’une idée en tête : ramener le maillot rouge de leader à l’arrivée le 13 septembre prochain, à Grenade. Un premier succès sur la Vuelta le ferait entrer dans le cercle très fermé des vainqueurs des trois Grands Tours aux côtés des illustres Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault, Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Christopher Froome et Jonas Vingegaard.
Des légendes qui s’attendent à être rejointes par le quintuple lauréat du Tour de France au panthéon du cyclisme. Ce n’est qu’une question de temps. Et l’heure est sans doute venue pour l’ogre de l’équipe UAE Team Emirates, immense favori d’une course ouverte - seulement pour le podium - avec des outsiders en pagaille. Leader de Decathlon CMA CGM en l’absence de Paul Seixas, Felix Gall, deuxième du Tour d’Italie, nourrit des ambitions. Tout comme le vétéran Primoz Roglic, qui a gagné quatre fois l’épreuve entre 2019 et 2024. Citons également Mattias Skjelmose et Richard Carapaz, déjà présents sur la Grande Boucle, ainsi que Mikel Landa, Oscar Onley et Enric Mas.
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Le défi du doublé Tour-Vuelta
Mais qui pourrait détrôner Pogacar ? Sur le papier, personne. Surtout s’il affiche le même niveau stratosphérique que sur le Tour en juillet. Le parcours semble en plus taillé pour lui avec six étapes de montagne, quatre dites de moyenne montagne et deux contre-la-montre (9,4 et 32,5 kilomètres). «Le Tour d’Espagne est un objectif qui manque dans ma carrière. Je vais donner le meilleur pour réussir à gagner. Remporter les trois grands Tours est un grand rêve depuis quelques années. C’est un grand objectif», a rappelé le double champion du monde en titre ce jeudi en conférence de presse. Sans crier victoire trop tôt, évidemment : «Je ne crois pas que le Tour soit beaucoup plus dur. Il y a des talents incroyables sur la ligne de départ et ça va être une course très difficile. Je m’attends à ce que tout le monde soit au meilleur niveau.»
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Privé de concurrence et encore épaulé par une armada à son service - João Almeida, Jay Vine, Pavel Sivakov et Pablo Torres pour ne citer qu’eux - le meilleur cycliste de la planète devra surtout éviter les pépins. L’histoire est au bout du chemin. En complétant sa collection dans trois semaines, il deviendrait, par la même occasion, le quatrième coureur à triompher sur le Tour de France et la Vuelta la même année.
Jacques Anquetil, en 1963, puis Bernard Hinault, en 1978, avaient réalisé cette prouesse lors d’une époque où le Tour d’Espagne se disputait au printemps (en avril ou mai). Depuis 1995 et la modification du calendrier, seul Christopher Froome a réalisé le doublé en 2017 après avoir échoué sur les routes espagnoles lors des deux saisons précédentes (non-partant à la 12e étape en 2015, deuxième derrière Nairo Quintana en 2016).
J’aurai encore trois grandes courses au programme après le Tour d’Espagne avec les Championnats du monde, les Championnats d’Europe et le Tour de Lombardie. Je ne peux pas finir la Vuelta complètement détruit
Tadej Pogacar
Le défi physique et mental s’annonce donc de taille. Mais à la (dé)mesure de «Pogi» le chasseur de records. Si sa victoire finale paraît inéluctable de l’autre côté des Pyrénées, pourra-t-il s’offrir le luxe d’économiser ses coups de pédale en vue des prochaines échéances ? «Il y a eu assez peu de temps depuis le Tour (quatre semaines), mais je pense que c’était suffisamment de temps pour récupérer. Je verrai comment est ma forme lors des premières étapes. J’aurai encore trois grandes courses au programme après le Tour d’Espagne avec les Championnats du monde, les Championnats d’Europe et le Tour de Lombardie. Je ne peux pas finir la Vuelta complètement détruit», a-t-il indiqué.
Le décor est planté. Gagner oui mais, si possible, à l’économie. Une équation complexe mais largement dans ses cordes. «Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait un autre coureur capable de rivaliser avec lui actuellement. Je pense que tout dépendra simplement de Tadej : il ne faudra pas qu’il soit victime d’un incident malheureux, comme une chute, un problème mécanique ou une maladie, pense comme beaucoup d’autres Alberto Contador, triple vainqueur de la Vuelta, interrogé par TNT Sports. Ce que Tadej a accompli est incroyable, tout comme ce qu’il continue de faire à chaque course à laquelle il participe. Ce n’est même pas tant ce qu’il gagne, mais la manière dont il gagne.» Rendez-vous en Principauté pour le début d’un nouveau récital.
