Le choc du Top 14, ce dimanche soir, va mettre aux prises en cours de rencontre les deux frangins anglais. Qui se poussent pour être le meilleur depuis leurs premières bagarres dans le jardin familial.
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Stade Toulousain contre Union Bordeaux-Bègles. Champion de France contre champion d’Europe. Mais aussi meilleur joueur du Top 14 en 2025 contre meilleur joueur de la Premiership en 2026. Soit Willis contre Willis. L’aîné, Jack, 29 ans et capitaine des Rouge et Noir, contre Tom, 27 ans, recrue phare du club girondin. Si le premier, de retour de blessure, est déjà titulaire, le second débutera le choc sur le banc. Mais leurs chemins devraient se croiser en cours de rencontre. Un duel fratricide très attendu vu l’impact des deux frangins dans le jeu de leur équipe. Le cadet a ainsi inscrit deux essais samedi dernier pour son retour à Bordeaux, dont il avait déjà porté les couleurs en 2022-2023.
C’est que les deux solides gaillards (1,91 m, 112 kg pour Jack ; 1,92 m, 120 kg pour Tom) évoluent pratiquement aux mêmes postes. À l’aile de la troisième ligne pour le Toulousain, au centre de la troisième ligne pour le Bordelais. Et comme le premier est un défenseur enragé et le second un porteur de balle dévastateur, les défis auront lieu. Sans volonté de se faire mal, tant ils s’apprécient, mais avec la féroce volonté de prendre le dessus. Comme quand, gamins, ils se défiaient pendant des heures dans le jardin familial.
Ce n’est pas forcément quelque chose que nous nous attendions à vivre. Je pense que nous nous imaginions tous les deux aux Wasps pour le reste de notre carrière
Tom Willis
«J’ai beaucoup de beaux souvenirs de cette époque. Nous avons grandi en se battant l’un contre l’autre dans le jardin. On faisait des choses un peu folles. On essayait simplement de progresser et on adorait ça. Que ce soit faire des passes ou se battre», a confié, tout sourire, Jack Willis à Rugbyrama. Des bons moments confirmés par Tom Willis, sur le site… du Stade Toulousain ! «Nous avons vécu une superbe enfance côte à côte, ponctuée de nombreux souvenirs de rugby dans le jardin familial, avec notre père (ancien joueur amateur, NDLR). Nous avions déjà l’esprit de compétition et nous luttions pour nous dépasser mutuellement dans tout ce que nous faisions. Depuis cette époque, nous rêvions de devenir professionnels ensemble et nous nous sommes poussés dans ce sens, jusqu’à nos derniers matchs chez les Wasps.»
Ils ont, en effet, longtemps ferraillé côte à côte. D’abord au Reading Abbey RFC, où ils ont été formés, puis aux Wasps de Londres, en professionnel, jusqu’en 2022. «Tom a régulièrement évolué au-dessus de sa catégorie parce qu’il était très bon pour son âge.» Donc ensemble dans la même équipe malgré les deux ans d’écart. Mais les frères amis se sont déjà affrontés. Une première fois le 7 mai 2023 au Stadium. Juste avant la pause, Jack avait inscrit un essai, malgré le plaquage désespéré de Tom, et le Stade Toulousain avait dominé l’UBB 31 à 17. Et une deuxième fois en janvier dernier, en Champions Cup, où Tom avait pris sa revanche avec les Saracens (20-14), inscrivant à son tour un essai.
Une confrontation qui n’est pas leur «cup of tea». «C’est étrange, peut-être même bouleversant», avoue l’aîné. «C’est une sensation étrange, confirme le cadet. Ce n’est pas forcément quelque chose que nous nous attendions à vivre. Je pense que nous nous imaginions tous les deux aux Wasps pour le reste de notre carrière.»
Tom est le préféré de ma mère. Et moi le préféré de mon père
Jack Willis
Au-delà de l’enjeu sportif, il y aura cependant aussi une question de fierté familiale. «Je vois bien que la trace que laisse son frère dans son équipe, et plus globalement dans le rugby français, l’inspire. Je ne peux pas dire que c’est un poids pour lui, mais on sent qu’il ne veut pas décevoir et qu’il veut vite rendre la confiance qui a été placée à lui en le recrutant», a ainsi confié cette semaine le manager de l’UBB, Yannick Bru.
Sur le site du Stade Toulousain, les deux frères ont lancé le débat. À la réponse «Qui était le chouchou de la famille ?», les réponses sont diamétralement opposées. «Haha ! Pour ma mère, c’est définitivement mon frère, assure Jack. Elle s’est toujours occupée de lui. Il est comme le prince à la maison, qui ne cuisine pas, ne fait pas la lessive et c’est toujours ma mère qui le fait pour lui… Mais pour mon père, je suis son préféré, c’est sûr. Nous aimons faire des barbecues et aller pêcher ensemble, donc je suis définitivement son préféré.» Tom s’est montré beaucoup plus diplomatique : «Ma petite sœur, Annabel, a toujours été la préférée ! Jack et moi devions nous battre pour avoir la deuxième place…» Maman et papa qui seront dans les tribunes. Pour, en priorité, consoler le perdant.
