Barragistes en juin dernier, les Béarnais ambitionnent de découvrir le dernier carré du Top 14 pour la première fois. Le début de saison confirme leur statut de prétendants au titre.
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Nouvelle tête d’affiche du Top 14, la Section Paloise est loin d’être rassasiée. Éliminés en barrages par le Racing 92 la saison dernière (défaite 33-31 au Hameau), Émilien Gailleton et ses partenaires s’étaient juré de construire autour de cette épopée prometteuse. Et de revenir plus fort. C’est chose faite avec un départ en boulet de canon (4 victoires pour 18 points engrangés) qui place le club béarnais dans le top 2 du championnat après cinq journées.
Fort d’un système toujours plus rodé, d’une solide profondeur d’effectif et de résultats probants, Pau connaît actuellement les meilleures performances de son histoire récente. Au point de l’élever au rang de troisième meilleure équipe française derrière Toulouse et l’UBB ?
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Stabilité et formation
La troupe de Sébastien Piqueronies s’était affirmée comme la sensation de l’élite l’année dernière. Longtemps cantonnés au ventre mou et aux saisons sans gloire ni saveur, les Palois avaient enfin passé un cap, trouvé de la régularité et même bataillé pour les deux places directement qualificatives en demi-finales (avant de finalement terminer 4e).
Une ascension logique, sous l’égide d’un staff qui a construit son projet brique par brique et qui pense sur la durée (Piqueronies, arrivé en 2021, a prolongé jusqu’en 2031). «Le club évolue super bien depuis quelques années maintenant. Il faut qu’on se rende compte aussi de la chance qu’on a d’être dans cette équipe et qu’il faut la mener encore plus haut. On s’est fixé l’objectif de faire encore mieux», assurait le centre Fabien Brau-Boirie pour Le Figaro avant le début de la saison.
Un staff qui peut s’appuyer sur un effectif de plus en plus complet, aidé par une cellule de recrutement pertinente - en témoignent les prestations du Portugais Rodrigo Marta, ancien ailier de Colomiers arrivé à l’intersaison, auteur de 6 essais inscrits en 5 matchs - qui a permis au club de se renforcer sur ses points faibles, et notamment le paquet d’avants. Montoya et Isa avaient été déterminants la saison dernière. Les nouvelles recrues Pesenti, Vergnes-Taillefer, Grondona ou encore Couty espèrent offrir le même rendement cette saison.
Sans oublier la qualité de la formation béarnaise. Trois des quatre derniers lauréats du prix de la révélation de la saison de Top 14 sont… Palois. Émilien Gailleton en 2023, Théo Attissogbe en 2024 et Fabien Brau-Boirie, le 28 septembre dernier. Tous sont passés par le centre de formation du club, tous sont désormais internationaux et ont prolongé dans le Béarn malgré les intérêts de plusieurs écuries du championnat (Gailleton a notamment été convoité par le Stade Toulousain et La Rochelle).
Jeu séduisant
Pour s’installer définitivement au sommet, seule la régularité compte. «Il faudra éviter de se cacher et ne pas s’écrouler. C’est super important de confirmer parce que, si les équipes d’en face veulent nous voir comme une équipe compétitive et importante, il faut qu’on ait de la constance sur plusieurs années», prévient encore Brau-Boirie. L’objectif est clair : se qualifier une nouvelle fois pour la phase finale tant convoitée. Le sondage des entraîneurs de l’élite, réalisé par Midi Olympique en septembre, avait d’ailleurs placé la Section dans le top 6 final de cet exercice.
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Cette nouvelle saison, celle de tous les dangers et de toutes les attentes, est ainsi partie du bon pied. Sur les cinq premières journées, les Béarnais ont déjà marqué 204 points, dont 70 face à l’Aviron Bayonnais, actuellement troisième du championnat. Ils avaient préalablement fait tomber le dernier finaliste montpelliérain, le 5 septembre dernier (victoire 19-27 au GGL Stadium), et ce malgré un groupe amoindri par les blessés.
À Vannes samedi dernier, le jeune ouvreur Axel Desperes (auteur d’une prestation de grande qualité) et les siens ont écœuré les Bretons en première période. La créativité offensive de la ligne arrière, la science du jeu aérien et les relances de feu de Théo Attissogbe ont fait exploser la Rabine, avant de résister au retour de leurs adversaires (victoire finale 40-43). Le groupe se tire vers le haut, de Hugo Auradou, de plus en plus complet dans l’alignement, à Aaron Grandidier-Nkanang, auteur d’un doublé dans le Morbihan.
Des cadors historiques en retrait
La comparaison avec les cadors historiques est implacable. La Rochelle a clairement décliné depuis deux saisons, Toulon est en pleine crise et vient d’enregistrer le départ de son directeur du rugby Pierre Mignoni, quand les clubs parisiens naviguent entre bon et (très) mauvais. Devant, l’ogre toulousain continue d’écraser le championnat, et l’UBB, malgré sa déception du précédent exercice (8e de la saison régulière), reste intrinsèquement son meilleur adversaire.
Pau s’affirme aujourd’hui comme le troisième as du meilleur championnat du monde. Flatteur, pour une institution rafraîchissante, à l’identité de jeu forte et qui semble encore loin d’avoir atteint son plafond de verre. Reste à savoir comment les Béarnais parviendront à répondre présent sur le plan européen, où ils ambitionnent aussi de performer. Jusqu’ici, leur nouveau statut est assumé à la perfection.
