PORTRAIT – Parti pour endosser le rôle de doublure de Matthieu Jalibert, blessé et absent au minimum un mois, Hugo Reus aura l’occasion de montrer aux suiveurs de l’UBB et du Top 14 qu’il a tout pour jouer un rôle prépondérant.

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Une formation à l’UBB… Pour y revenir 4 ans plus tard

Natif de Périgueux, Hugo Reus aura défendu les couleurs du Périgord durant sa jeunesse. De ses 5 à 14 ans, le demi d’ouverture a fait le bonheur des clubs de Ribérac, puis de Périgueux. C’est en 2018 que le rugby prend une autre dimension. L’Union Bordeaux-Bègles rapatrie le joueur sur les bords de Gironde, où il restera quatre ans en centre de formation, avant de s’envoler pour un nouveau défi : au Stade Rochelais.

Mais l’histoire avec le club girondin n’allait pas rester sans lendemain. En 2026, soit quatre ans après son départ pour La Rochelle, Reus revient là où tout a commencé. À la suite des blessures de Nicolas Depoortere et Joey Carbery, il intègre l’effectif du club bordelais en mars 2026. Un bonheur pour celui né en février 2004. «L’UBB avait besoin de moi, c’était difficile de dire non. J’ai pu me rapprocher de ma famille et de mes amis à Bordeaux. Je me sens plus apaisé. J’ai tout pour être heureux et épanoui dans un club extraordinaire», confiait-il à nos confrères de l’Équipe.

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Des débuts tonitruants

Mais, avant l’épanouissement, le chemin a été semé d’embûches. Même si les débuts se sont avérés fous. Lancé en 2023 à l’occasion de la 21e journée de Top 14, le Périgourdin inscrit deux transformations pour contribuer à la déculottée (6-36)… face à son ancien club de l’UBB, à Bordeaux. Coup du destin. Titulaire lors de la journée suivante contre Bayonne, Hugo Reus rend une prestation (très) aboutie en marquant 16 points… et un 100 % au pied. Délirant.

Ses prestations lui doivent des compliments de part et d’autre. «Il a un gros potentiel, c’était important pour nous de lui faire commencer un match. Il a énormément de maturité, il sait où il veut aller, il faut prendre le temps, il prend de l’expérience avec un match comme aujourd’hui (samedi), difficile à se décanter. Il a su tenir le match et le jeu. Il a toute la palette technique et il a tout pour être un grand numéro 10. Il veut faire partie des meilleurs joueurs du monde», expliquait Sébastien Boboul, entraîneur des trois-quarts de La Rochelle après le match face à l’Aviron bayonnais, dans des propos relayés par Rugbyrama .

De quoi même inquiéter un joueur du calibre d’Ihaia West, qui lors de son retour au Stade Rochelais, déclarait auprès de nos confrères de Rugbyrama : «Hugo a 19 ans mais on dirait que cela fait dix ans qu’il joue en Top 14.» L’avènement d’un futur grand champion ?

Sur le toit du monde… et suivi par Galthié

Tout en prenait la direction à l’été 2023 lorsque le Rochelais était convoqué avec les Bleuets pour disputer le Mondial. Résultat ? Le titre de champion du monde avec une génération dorée (Gazzotti, Depoortere, Jauneau, Nouchi…). Et comme si cela ne suffisait pas, Reus raflait même le titre de meilleur réalisateur de la compétition, inscrivant pas moins de 62 points… en cinq rencontres. Des chiffres dingues.

À cette époque, son nom est évoqué du côté du staff de Fabien Galthié. C’est dire… En conférence de presse, le sélectionneur du XV de France avait été très élogieux envers le numéro 10 : «Il faut le féliciter parce qu’il est champion du monde des moins de 20 ans. C’est un exemple, en effet. Je me souviens d’ailleurs que lui et Baptiste Jauneau étaient dans une séance que nous avions menée à Sabres. Hugo Reus était dans le comité d’Aquitaine, quand on s’entraînait à entraîner. Ces deux joueurs, on les avait remarqués et, en quatre ans, ils ont fait un chemin incroyable. Il a le droit, il a tout le potentiel de penser, qu’il peut rentrer dans ce vestiaire.»

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Trois clubs en une saison

Mais la réalité s’est avérée tout autre… Et le retour à la réalité brutal. Si l’on se souvient de sa pénalité décisive en toute fin de match contre Bayonne lors de l’exercice 2023-2024, sa saison ressemble à des montagnes russes. Dans la rotation mais ne réussissant pas à s’imposer notamment face à la concurrence d’Antoine Hastoy l’année suivante, Hugo Reus s’engage à Montpellier en février 2025 avec effet immédiat avec pour l’objectif de réengranger du temps de jeu.

Une fin de saison compliquée avec le MHR, titulaire à seulement deux reprises sur les sept rencontres disputées sur la fin de saison en Top 14. Aligné d’entrée lors de la première journée la saison suivante, le champion de France à 7 en cadets ne le sera plus jusqu’à son départ inévitable à Perpignan quelques semaines plus tard, toujours en recherche de gain de temps de jeu. Entre-temps, il signe un accord pour rejoindre son club formateur, l’UBB, pour la saison 2026-2027. Mais, il s’y engage plus tôt que prévu. En mars dernier, le club bordelais annonce son retour en tant que joker médical. C’est donc bel et bien dans trois clubs que Reus aura disputés sa saison 2025-2026, soit un record dans l’élite française. «Ce n’est pas quelque chose que j’afficherai sur mon CV en termes de fierté, mais ça fait partie de mon histoire, de mon apprentissage et de ma carrière. Je l’assume ouvertement. Soit on dit qu’on a fait trois clubs et on s’en sert comme excuse pour ne pas être performant. Soit on dit qu’on a fait trois clubs mais on se relève derrière», expliquait-il dans un entretien à l’Équipe en mai.

Champion d’Europe avec son club formateur

Toujours est-il que son avenir s’écrira bien à l’Union Bordeaux-Bègles, où il a prolongé jusqu’en 2028. Signe de la confiance accordée par Laurent Marti et l’ensemble du staff de Yannick Bru. Après une saison où il a remporté la Champions Cup, le fan de Jonny Wilkinson, joueur qui l’a «rapidement impressionné par son jeu au pied et son calme», a disputé ses premières minutes cette saison dimanche dernier, à l’occasion de la 3e journée de championnat (victoire 40-10). Entré en début de rencontre pour remplacer Matthieu Jalibert, blessé et absent au minimum un mois, Hugo Reus en est allé de son essai quelques minutes après son entrée, suivi de quatre transformations.

Une belle prestation qui arrive à point nommé, car le jeune de 22 ans devra, logiquement – Lucu et Bielle-Biarrey pouvant dépanner au poste -, endosser le costume de numéro 10 pour guider l’UBB, avant le retour de l’indéboulonnable Jalibert. À ce moment-là, la concurrence redeviendra compliquée. Hugo Reus le sait. «Je serai confronté à la concurrence de Matthieu (Jalibert) qui est à l’heure actuelle le meilleur 10 du monde. Il n’y a pas photo. Qu’est-ce que j’en fais ? Est-ce que j’en ai peur ou je relève le challenge ? J’ai énormément à apprendre de lui. J’ai envie de continuer à progresser et de jouer un maximum de gros matches. Je dois être indulgent avec moi-même, mais j’ai les crocs», confiait-il à l’Équipe en fin de saison dernière. À lui de prouver qu’il a sa place. Il a un mois devant lui…