Arrivé dans le Tarn en catastrophe après la grave blessure de Dalton Papali’i, Hamish Watson n’a pas tardé à trouver ses marques. À 34 ans, l’Écossais s’apprête à découvrir samedi face à Toulouse l’un des rendez-vous les plus brûlants de la saison castraise.
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Arrivé à Castres dans l'urgence de l'intersaison, le troisième ligne international écossais Hamish Watson découvre le Top 14 à 34 ans et semble déjà bien acclimaté avant de vivre son premier derby face au Stade toulousain samedi. Au cœur de l'été, le ciel tarnais s'est brusquement assombri lorsque la recrue phare du CO, le All Black Dalton Papali'i (28 ans, 37 sélections) s'est rompu le tendon d'Achille.
Les appels se sont succédé, et trois jours plus tard, le 17 juillet, Castres tenait son remplaçant en même temps qu'un joli coup réalisé dans l'urgence. «Tout s'est fait en 24, 48 heures, c'est allé très vite, c'était assez mouvementé parce que normalement, vous avez quatre ou cinq mois pour planifier tout ça», sourit Hamish Watson, troisième ligne aux 15 saisons passées à Edimbourg.
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Une intégration express
«Trouver un joueur de ce niveau à la dernière minute comme c'était le cas, c'est très positif pour nous», se réjouit le centre néo-zélandais Jack Goodhue, conscient de la belle prise réalisée par ses dirigeants. Hamish Watson fêtera ses 35 ans le 15 octobre et a débarqué dans le Tarn précédé d'une jolie réputation : 59 sélections avec le XV du Chardon, une cape avec les Lions britanniques et irlandais, deux Coupes du monde disputées...
«Il est arrivé en toute simplicité, et il est déjà très bien intégré», note le manager castrais Xavier Sadourny, estimant que son apport «est aussi sur ce qui n'est pas visible mais qui est palpable en salle de muscu, sur des petits moments, sur des regards, c'est là qu'il est important».
La faim malgré les années
Avant d'arriver, le flanker, également capable d'évoluer comme troisième ligne centre, a échangé avec John Beattie, un autre troisième ligne, passé par le CO (2014-2016). «J'ai fait ma première cape avec lui, ça montre à quel point je suis vieux», s'esclaffe Watson auprès de l'AFP.
«Je pense aussi qu'il a parlé au coach parce qu'ils voulaient avoir une image globale, pas seulement sur le rugby, mais sur ma situation, ma personnalité, et j'ai fini par signer donc c'est qu'il a fait du bon boulot pour me vendre». Dans un club réputé pour développer un jeu rugueux et centré sur la conquête, mais qui tente d'élargir sa palette avec Jean-Luc Sadourny, la greffe a semblé prendre rapidement. «Je ne suis pas le joueur le plus lourd, surtout en France, mais j'ai toujours aimé l'aspect physique du jeu, je pense que ce style de jeu me correspond parfaitement», juge le natif de Manchester auprès de l'AFP.
Décrit comme «discret» par son nouvel entraîneur, Hamish Watson s'est toutefois rapidement ouvert auprès de ses coéquipiers après une fin d'aventure difficilement digérée à Edimbourg et un passage en demi-teinte à Leicester. «On a trouvé un joueur de très haut niveau, extrêmement prêt physiquement et qui avait vraiment faim de rugby, il avait aussi envie de retrouver un peu de fierté dans un maillot», indique Baptiste Delaporte, capitaine et compère de troisième ligne.
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Watson face au derby
«Sur le terrain, l'avoir à côté de soi, c'est quand même sécurisant, et l'homme en lui-même est un mec génial, assez sociable, ce n'est pas forcément visible, mais passé une certaine heure, c'est plus facile...», s'amuse-t-il. Et le flanker a vite pris la mesure du championnat.
«Voir l'atmosphère, la passion... C'est une des choses positives d'être dans une plus petite ville comme Castres, où le rugby fait vraiment partie intégrante de la ville et de la culture locale: dès qu'on va en ville, les gens viennent nous parler de rugby, dans leur mauvais anglais ou dans mon mauvais français, et ils souhaitent bonne chance pour le match du week-end», explique-t-il à l'AFP.
Avant de défier le Stade toulousain dans un stade Pierre Fabre chauffé à blanc, dont l'ambiance de derby pourrait le «choquer» selon Delaporte, le nouvel arrivant écossais a été mis au parfum de l'enjeu de cette affiche face au voisin. «Ça a été mentionné par les quelques mecs qui parlent anglais, ils ont dit à quel point ce match est particulier (...), il y a beaucoup de rivalités mais ils m'ont dit que celle-ci est très spéciale donc j'ai vraiment hâte d'y prendre part», affirme Watson.
