PORTRAIT - Le massif Anglais de 27 ans, de retour à Bordeaux après une parenthèse aux Saracens, est l’une des recrues à suivre cette saison en Top 14.
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Frère du Toulousain Jack
C’est la belle histoire dont tout le monde parle en ce début de saison. De retour en Top 14 (après un passage à l’UBB en 2022), Tom Willis (27 ans) a retrouvé son frère Jack (29 ans), le Toulousain élu meilleur joueur du championnat la saison dernière. «C’est une sensation étrange, affirmait il y a plusieurs années le cadet sur le site officiel du club rouge et noir. Ce n’est pas forcément quelque chose que nous nous attendions à vivre. Je pense que nous nous imaginions tous les deux aux Wasps pour le reste de notre carrière». Les deux frères avaient été frappés de plein fouet par la liquidation du club londonien en 2022, avant de rebondir en France. Ils se sont croisés dimanche, lors du choc des champions remporté haut la main par la troupe d’Ugo Mola (48-12). La revanche promet des étincelles.
Meilleur joueur de la saison en Angleterre
Avant même son arrivée (ou retour) en Gironde, Tom Willis avait déjà conquis les dirigeants bordelais. Par son passé sous le maillot de l’UBB, avec une saison 2022-2023 plus que probante. Mais aussi et surtout par ses performances récentes. Malgré la fâcheuse 5e place des Saracens au terme de la phase régulière, le massif troisième-ligne a été élu meilleur joueur de la saison 2025-2026 de Premiership, devançant notamment Tommy Freeman, champion avec Northampton.
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Un véritable bulldozer
C’est peut-être le profil qui manquait à l’UBB pour décrocher (enfin) son premier bouclier de Brennus. Un numéro 8 puissant (120 kg), qui gagne ses duels et qui écrase la défense adverse. Le jeune international Marko Gazzotti est en constante progression et reste une belle option. Willis, lui, n’a plus rien à prouver. Selon l’agence de statistiques OptaJonny, il est l’avant qui a battu le plus de défenseurs en Europe lors de la dernière saison (125, très loin devant le deuxième de la liste, Fletcher Anderson avec 69).
Pour sa première face au Racing 92 (victoire des Unionistes 64-5), le troisième-ligne international avait inscrit un doublé et marqué les esprits par sa densité physique. La place de titulaire lui tend les bras. Son nouveau manager, Yannick Bru, est conquis : «Tom est quelqu’un qui donne beaucoup à l’équipe, toujours positif, qui masque la douleur et qui veut s’engager à fond. Son énergie est contagieuse», se réjouit-il dans les colonnes de L’Équipe.
Aucun regret de quitter la sélection anglaise
Comme son grand frère, l’Anglais, qui cumule 8 apparitions sous le maillot du XV de la Rose, a dit non à son équipe nationale, la RFU n’étant pas décidée à changer les règles d’éligibilité à la sélection anglaise (un joueur évoluant en dehors du championnat domestique ne peut être sélectionné). «Je n’ai aucun regret, je suis très enthousiaste», promet l’intéressé auprès de la BBC. Et d’ajouter : «Il y avait beaucoup de facteurs en jeu, comme quitter le pays, déménager loin de ma famille, mais l’opportunité était trop belle pour la refuser.» Un nouveau crève-cœur pour le rugby anglais, qui perd un atout majeur en troisième ligne, alors que la Coupe du monde en Australie (1er octobre-13 novembre 2027) approche à grands pas.
Ignoré lors du dernier Tournoi des six nations
Officialisé par les Saracens dès octobre 2025, le transfert du jeune frère Willis a même fait polémique outre-Manche. Un choix que n’a guère apprécié le sélectionneur anglais Steve Borthwick, snobant le troisième-ligne durant la tournée de novembre puis le Tournoi des six nations. Au regard des résultats obtenus par le XV de la Rose en février et mars dernier, le Bordelais aurait certainement apporté beaucoup à son équipe nationale.
