Jannik Sinner, Novak Djokovic, Carlos Alcaraz... Les forfaits des plus grandes têtes de série sont devenus une habitude au Canada. Un phénomène qui interroge et qui pénalise l’un des tournois les plus prestigieux du circuit.
Passer la publicité Passer la publicitéChaque été, ou presque, le scénario se répète. Souvent, quelques jours avant le coup d’envoi du Masters 1000 de Montréal, les annonces de forfaits s’enchaînent et les organisateurs finissent systématiquement par voir plusieurs des plus grandes stars du tennis mondial renoncer au déplacement.
Cette édition 2026, qui débute ce dimanche au Québec, n’échappe pas à la règle : Jannik Sinner, numéro 1 mondial, et le légendaire Novak Djokovic, toujours parmi les principales attractions du circuit, ont tous deux déclaré forfait il y a une semaine. Des absences qui s’ajoutent à une longue liste de désistements observés ces dernières années et qui alimentent une question devenue récurrente... Pourquoi Montréal est-il si souvent privé de ses têtes d’affiche ?
Passer la publicitéPour Valérie Tétreault, directrice de l’Omnium Banque Nationale et vice-présidente des communications et des tournois professionnels de Tennis Canada, le constat est sans appel : «C’est vrai que lorsqu’on regarde ce qui s’est passé dans les dernières années, mon impression, c’est que c’est arrivé trop souvent pour le tournoi de Montréal, que certaines des grandes têtes de série choisissent de faire l’impasse...»
La même Valérie Tétreault, au micro de Cantin le matin ce vendredi, poursuivait en soulignant tout de même être «un peu agacée» et «déçue» par la situation. Une déclaration qui traduit une certaine frustration au sein de l’organisation, consciente de voir son tournoi régulièrement amputé de plusieurs de ses principales attractions.
Un calendrier compliqué pour les joueurs
Ces forfaits ne doivent pourtant rien au hasard. Placé juste après Wimbledon et quelques semaines avant l’US Open, le Masters 1000 canadien occupe une position particulièrement délicate dans le calendrier ATP. Après plusieurs mois de compétition intense, de nombreux joueurs préfèrent privilégier la récupération ou adapter leur préparation en vue du dernier tournoi de Grand Chelem de la saison.
La transition entre le gazon londonien et la tournée nord-américaine sur dur représente également une contrainte importante. Les organismes sont mis à rude épreuve et les meilleurs joueurs, dont les calendriers sont déjà particulièrement chargés entre les Grands Chelems, les Masters 1000, les obligations médiatiques et les compétitions par équipes, n’hésitent plus à faire l’impasse sur certains rendez-vous afin de préserver leur condition physique. Dans une saison où la moindre blessure peut compromettre plusieurs mois de compétition, comme on l’a vu avec Carlos Alcaraz, lui aussi absent au Québec.
Tournoi prestigieux même sans ses vitrines
Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’Omnium Banque Nationale demeure l’un des tournois les plus prestigieux du circuit. Membre de la catégorie Masters 1000, il distribue un nombre de points conséquents au classement ATP et attire chaque année plusieurs centaines de milliers de spectateurs. Quoique son positionnement dans le calendrier continue de lui jouer des tours.
Passer la publicitéL’édition 2026 en est une nouvelle illustration. Malgré un plateau qui reste relevé, l’absence de joueurs tels que Sinner ou Djokovic prive inévitablement le public de confrontations très attendues et réduit l’impact médiatique de l’événement. Une situation qui semble désormais s’installer dans la durée et qui oblige les organisateurs à composer, année après année, avec les réalités d’un calendrier exigeant. Tant que celui-ci ne sera pas repensé, Montréal risque de voir les forfaits des plus grandes stars devenir une tradition dont le tournoi se passerait volontiers.
Un WTA 1000 bien plus stable
Si les messieurs peinent à réunir leurs têtes d’affiche, les dames affichent une assiduité plus régulière. Le WTA 1000 du Canada échappe largement à cette problématique, avec un plateau féminin généralement complet (72 des 75 meilleures joueuses du monde cette année) et fidèle au rendez-vous. Iga Swiatek, Aryna Sabalenka, Coco Gauff, Naomi Osaka, répondent présentes presque chaque année, inscrivant l’épreuve dans une continuité sportive plus stable après Wimbledon. Une différence notable qui met en lumière le contraste entre les deux circuits et les défis structurels auxquels le tournoi masculin doit faire face pour conserver toute son attractivité.
