Trois soirées à Budapest veulent relancer l’audience de l’athlétisme.

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Trois soirées intenses avec la crème de la crème, des primes impressionnantes et un show pensé pour la télévision: les championnats Ultimate qui débutent vendredi à Budapest (Hongrie) innovent pour relancer l'audience de l'athlétisme.

«On ne peut pas se permettre d'échouer, il faut absolument que ce soit un succès sinon ce sera difficile de redonner un nouveau souffle à cet évènement», affirmait déjà en 2025 le président de la Fédération internationale d'athlétisme Sebastian Coe.

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Le Britannique le sait: son sport peine à attirer les téléspectateurs en dehors des Jeux olympiques et des championnats du monde. D'où l'idée, annoncée en 2024, de créer des «championnats Ultimate» pour les années sans Mondiaux et d'en faire un rendez-vous rentable, pensé pour les jeunes et la télévision quitte à déstabiliser les fans traditionnels.

Fini les championnats qui s'étalent sur plus d'une semaine, matin et soir. Les «Ultimate» se dérouleront en trois soirées de trois heures, avec des finales directes pour les concours et le demi-fond (1.500 m, 5.000 m) et en deux tours pour les courses du 100 m au 800 m, le tout dans un stade au style léché avec un revêtement noir en lieu et place de la pelouse et des jeux de lumières toute la soirée.

«Je crois en ce concept. Il était temps qu'on innove et qu'on ait ce genre de championnats plus modernes», estime le perchiste suédois Armand Duplantis, véritable ambassadeur de l'évènement pour lequel il a composé un hymne qu'il chantera dimanche dans le stade.

«On avait besoin d'un championnat comme ça. Avec les finales directes, on sait qu'on vient voir un feu d'artifice», abonde le demi-fondeur britannique Josh Kerr.

« Trois soirées, 28 finales »

Sebastian Coe

«C'est fait pour la télé, on l'assume. On a besoin de nouvelles audiences, affirme Coe. Trois soirées de trois heures. 28 finales (contre 48 aux JO, NDLR). Pas de quota par nation, simplement les meilleurs des meilleurs. S'il y a cinq Américains par course... Ainsi soit-il!»

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Les athlètes, qui porteront le maillot national, ont été sélectionnés via le classement mondial avec le champion du monde, le champion olympique et le vainqueur de la Ligue de Diamant également invités.

«Aux États-Unis, on est souvent obligé de laisser des talents à la maison. Là, il y aura tout le monde», apprécie Masai Russell, une des cinq Américaines engagées sur le 100 m haies.

Certaines disciplines ont toutefois été écartées pour garder un format restreint, comme la marche, le steeple, le disque, le poids ou encore le triple-saut masculin, suscitant la colère des athlètes concernés qui s'estiment arbitrairement mis de côté d'une compétition où les primes sont immenses.

Car chaque «Ultimate champion» remportera un chèque de 150.000 dollars (129.000 euros), plus de deux fois plus que pour un titre mondial (70.000 dollars) et trois fois plus que pour un record du monde (50.000 dollars). Tous les athlètes repartiront avec une enveloppe plus ou moins garnie pour une dotation totale de 10 millions de dollars, du jamais vu en athlétisme.

Des grands absents

La saison dernière, la légende du sprint Michael Johnson avait déjà tenté de dépoussiérer son sport en créant un circuit de compétitions avec des innovations et des primes importantes, le Grand Slam Track, mais le projet avait été avorté après quelques meetings en raison de problèmes financiers.

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Pour éviter un échec, les organisateurs des Ultimate misent sur un stade plein à Budapest (environ 21.000 places), ce qui avait fait défaut lors du Grand Slam Track, et la présence de toutes les stars du sport pour des confrontations flamboyantes.

Certaines auront bien lieu: sur 800 m femmes, Audrey Werro, Keely Hodgkinson et Femke Broeders-Bol sont attendues pour une ultime bataille cette saison. Sur 1.500 hommes, Jakob Ingebrigtsen retrouvera son ennemi Josh Kerr pour un duel aussi tendu qu'attendu. Et sur 100 m femmes, Julien Afred et Melissa Jefferson-Wooden seront sur la même ligne de départ.

L'organisation a néanmoins essuyé les forfaits de dernière minute de plusieurs stars: la très populaire championne olympique de la longueur Tara Davis-Woodhall a dû mettre fin à sa saison après un accident de voiture, tout comme le champion olympique du 100 m Noah Lyles, blessé.