L’instance fidjienne réclame des indemnités de formation pouvant atteindre 50.000 euros par joueur, s’appuyant sur la réglementation de World Rugby.

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Avant les années 2000, ils n’étaient que quelques rares pionniers, comme Emori Bolo Bolo (Stade Français) ou Waisele Serevi (Stade Montois), à avoir tenté leur chance en France. Ensuite le phénomène Rupeni Caucaunibuca (Agen), étincelant lors du Mondial 2003, est venu enflammer les terrains de l’Hexagone. Avant que les joueurs fidjiens ne viennent, de plus en plus nombreux, dans le championnat de France.

Désormais, chaque équipe, ou presque, compte dans ses rangs au moins un joueur venu du Pacifique, un artiste du ballon ovale, capable de renverser un match sur une inspiration géniale. Une situation que les nouveaux dirigeants de la Fédération fidjienne (FRU) contestent aujourd’hui, en demandant aux clubs français des indemnités de formation.

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Une quinzaine de joueurs fidjiens recrutés cet été par des clubs de Top 14 et de Pro D2 - notamment Vannes, Castres, Aurillac, Mont-de-Marsan ou Provence Rugby - sont au cœur d’un différend financier entre leurs nouveaux employeurs et l’instance dirigeante de leur pays d’origine. Cette dernière réclame des indemnités de formation pouvant atteindre 50.000 euros par joueur, prévues par la réglementation de World Rugby, rapporte Midi Olympique. La FRU avait initialement refusé de délivrer les lettres de sortie («clearance») nécessaires à la qualification des joueurs tant que ces sommes n’étaient pas réglées.

Le service juridique de World Rugby examine ces dossiers

Face au risque de blocage du début de saison, la FFR et la LNR sont intervenues auprès de la fédération fidjienne, qui a finalement délivré l’ensemble des lettres de sortie fin août. Selon la réglementation mise en place par World Rugby, le non-paiement d’une indemnité de formation ne peut pas constituer un motif pour empêcher un joueur libre de changer de pays. Reste que le différend financier perdure, le bras de fer continue. Le service juridique de World Rugby doit examiner les différentes demandes fidjiennes et leur conformité avec les barèmes et critères prévus par les règlements.

Ce contentieux intervient alors que les fédérations de plusieurs nations du Pacifique cherchent à obtenir une compensation pour la formation de joueurs recrutés par les clubs européens. Les Fidji ne sont pas un cas isolé puisque la Fédération australienne réclame, elle aussi, depuis plusieurs mois des indemnités à trois clubs professionnels français, dans un dossier également suivi de près par World Rugby.

Une éventuelle clarification ou un durcissement des règles pourrait avoir des conséquences sur les politiques de recrutement des clubs français, notamment concernant les jeunes joueurs issus des championnats fidjien et australien.