Un psychiatre et un médecin interniste spécialiste de pathologies complexes ont déposé au 38e jour d’audience du procès sur les circonstances de la mort, en 2020, de l’ancien joueur.
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Diego Maradona, en plein sevrage d'alcool et de ce fait «pas dans son état normal», n'aurait jamais dû être hospitalisé à domicile pour une convalescence, mais en centre de réhabilitation, ont convenu mardi deux experts au procès de l'équipe soignante sur la mort de la star. Un psychiatre et un médecin interniste spécialiste de pathologies complexes ont déposé au 38e jour d'audience du procès sur les circonstances de la mort en 2020 de Maradona, lors d'une convalescence à domicile après une neurochirurgie.
Au-delà de l'opération, sans complication, Maradona souffrait d'un «syndrome confusionnel lié au sevrage alcoolique», de sorte qu'«il n'était pas un patient en état de sortir de l'hôpital», a affirmé le psychiatre Jose Luis Covelli. «Excitation psychomotrice, impulsivité, irritabilité, tentatives de fugue», étaient ses symptômes après l'opération, a-t-il énuméré. «C'est un patient pour lequel une hospitalisation en institution était indiquée. Une hospitalisation à domicile ne répond pas aux exigences nécessaires pour le suivi cognitif de l'évolution du patient dans cet état confusionnel», a-t-il insisté.
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Déposant après lui, l'interniste Ramiro Larrea a renchéri, jugeant que le footballeur «n'était pas dans son état normal, traversait un épisode de sevrage, ce qui le rendait difficile à gérer (...) il aurait dû être admis dans un établissement de réhabilitation». «Il s'est mis en place une hospitalisation à domicile qui n'en était pas vraiment une, c'était plutôt un suivi à domicile», a estimé le Dr Larrea, au sujet de la convalescence organisée alors pour Maradona, dans une maison louée pour l'occasion à Tigre, au nord de Buenos Aires. C'est là qu'il a été retrouvé mort dans la matinée du 25 novembre 2020, des suites d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Après, selon des témoignages d'experts au procès, une agonie de plusieurs heures.
Le procès, entamé mi-avril, a longuement évoqué l'inadéquation, en termes d'équipement médical de cette maison de Tigre, mais aussi des soins, ou examens qu'aurait requis Maradona, étant donné ses antécédents, notamment rénaux et cardiaques. Les deux experts sont membres de la commission médicale pluridisciplinaire d'une vingtaine de spécialistes - dont ceux qui pratiquèrent l'autopsie - mise en place 2021 par la justice sur la mort de Maradona, vécue en Argentine comme un drame national.
Au procès, les membres de cette commission se sont montrés les plus accablants sur le soin prodigué - ou pas - à Maradona aux dernières semaines de sa vie. Dans leur rapport en 2021, ils concluaient qu'il avait été «abandonné à son sort» par l'équipe soignante, et que «des signes de danger de mort» avaient été ignorés. Sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) sont jugés, vraisemblablement jusqu'à octobre, pour potentielles négligences fatales. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.
