ANALYSE - Le récital de Lamine Yamal face à la Croatie (4-1), le festival de Dan Ndoye avec la Suisse, la victoire poussive de l’Angleterre… Découvrez ce qui a retenu notre attention lors de cette deuxième journée.

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TOPS

Lamine Yamal encore et toujours

Qui d’autre ? Le prodige du Barça, sacré champion du monde il y a quelques mois et sérieux candidat au Ballon d’Or, s’offre un nouveau récital et fait, une fois de plus, vibrer les tribunes. Comme à Wembley la semaine dernière, il n’aura pas fallu attendre : Yamal a ouvert le score dès la première minute. Un but qu’il doit à son compatriote barcelonais Fermín López, auteur d’une glissade malheureuse qui l’a servi sur un plateau. Seul face au but, l’ailier de 19 ans n’a pas tremblé : cheville verrouillée, ajustement du gauche, et 1-0 avant même que le public n’ait fini de s’installer.

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La suite ? Encore lui. Yamal s’est transformé cette fois en fabricant de jeu, avec un centre soyeux envoyé depuis son couloir droit. Le caviar a trouvé la tête de Marc Pubill, qui ne se faisait pas prier pour tromper le gardien croate. Et comme s’il fallait enfoncer le clou, l’Espagnol s’offrait même un doublé personnel en seconde période : décalé en profondeur après s’être fait oublier dans le dos de la défense, il surgissait à la 63e minute, plongeait dans les six mètres et ajustait le portier du gauche, dans un angle qui ne laissait presque rien à voir. Doublement marqué toute la rencontre, harcelé à deux contre un, il finit tout de même par lever le pied à la 68e sur décision de Luis de la Fuente. Homme du match, sans le moindre débat.

Dan Ndoye régale la Suisse

L’ancien Niçois, auteur d’un joli Mondial sous le maillot helvète, a fait tourner en bourrique toute la défense écossaise. Insaisissable dès le coup d’envoi, c’est lui qui déverrouillait le match à la 8e minute : lancé seul devant le gardien, il provoquait la faute aux abords de la surface, synonyme de carton rouge immédiat pour Hendry. Double peine pour les Écossais : le penalty d’abord sifflé était finalement ramené juste devant la surface après vidéo, mais l’expulsion, elle, était maintenue. Ricardo Rodriguez se chargeait froidement de la sanction en transformant un coup franc plein de vice.

Ndoye n’en restait pas là. Omniprésent, il remettait le couvert en seconde période. Centre rasant depuis la droite à la 55e, ballon cueilli par Elvedi qui n’avait plus qu’à conclure. Une couche de paillettes supplémentaire pour une Suisse qui jouait déjà en roue libre depuis l’expulsion écossaise. Toujours lui, encore une fois, à la 82e : remise en retrait dans la surface, service parfait pour Zeki Amdouni, qui n’a besoin que d’un contact pour fusiller le gardien et clore la marque à trois.

L’Angleterre s’en sort…

Une première période sans relief, mais une charnière qui, elle, a fait le travail. Malgré un scénario poussif, Tuchel peut dire merci à ses deux centraux : Chalobah et Guéhi ont verrouillé la baraque avec sérieux, solides dans les duels, précis dans les relances et toujours bien placés dans le timing de leurs interventions. Une République tchèque pourtant réduite à dix dès le premier quart d’heure aurait pu faire bien plus mal sans leur vigilance de tous les instants.

Devant, c’est Gordon qui a porté l’attaque anglaise sur ses épaules. Buteur et passeur décisif, il aura été l’élément le plus tranchant d’une équipe pourtant à la peine dans le jeu. De quoi sauver la mise et permettre aux Three Lions de repartir avec les trois points, malgré une prestation collective en dents de scie.

FLOPS

… mais peine à convaincre

Sur le fond, pourtant, difficile de se satisfaire de la copie rendue. Il aura fallu attendre la 47e minute aux Three Lions pour faire sauter le verrou d’une équipe tchèque à dix depuis la 25e. Un temps beaucoup trop long face à une formation largement diminuée. Et le symbole de cette soirée poussive porte un nom. Saka. Transparent sur son couloir droit, muet dans la construction, l’ailier n’a jamais réussi à faire la différence, contrairement à ses standards habituels.

Accrochée pendant 45 minutes, incapable de se montrer réellement dangereuse en dehors de ses buts, l’Angleterre de Tuchel a fini par l’emporter sans jamais convaincre. Un 2-0 qui flatte presque le contenu, et qui laisse déjà planer les mêmes doutes sur cette équipe.

Modric manque cruellement à la Croatie

Le tableau d’affichage parle tout seul. Et encore, ce 4-1 reste presque flatteur. Les Croates avaient pourtant surpris à la 28e minute, recollant au score après avoir passé une demi-heure à faire le dos rond — mais l’éclaircie n’aura duré qu’un instant. Il manque un supplément d’âme à cette équipe, et l’absence de Modric, laissé sur le banc, n’y est pas pour rien. Perisic et Kovacic livrent une copie honnête, mais la passivité collective se fait sentir sur l’ensemble de la rencontre. Rentrés avec de bonnes intentions au retour des vestiaires, les Croates n’auront jamais réussi à transformer l’essai ni à prolonger leur seul temps fort. Les buts se sont enchaînés en face, implacables. Modric, entré à la 81e, aura tout de même eu le temps de cadrer un tir. Difficile, cependant, d’en vouloir à des Croates qui auront su sauver l’honneur face à des champions du monde intouchables ce soir-là.