L’ancien président du Medef a, ce jeudi, pris la tête du Cojop. Il succède à Edgar Grospiron.
Passer la publicité Passer la publicité
Après avoir brillé par sa candidature éclair et son élection surprise, les JO d’hiver 2030 traînent depuis de longs mois le poids des crispations. Comme si dans l’euphorie des débuts l’essentiel avait été oublié. Dans les arcanes du mouvement olympique, le murmure se fait de plus en plus lourd : le temps presse. Le bureau exécutif composé des représentants de l’État, des régions organisatrices, des comités olympique et paralympique réuni ce jeudi à Lyon a confié la présidence du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030 à Geoffroy Roux de Bézieux, l’ancien président du Medef. En espérant avoir (enfin) trouvé l’homme idoine. Un entrepreneur. Un profil à la mode, comme Giovanni Malago (président des JO d’hiver de Milan-Cortina 2026) et Casey Wasserman (patron des JO d’été de Los Angeles 2028).
Une nomination à trois ans et demi de l’échéance
À trois ans et demi de l’échéance, l’événement espère s’offrir de la stabilité et de l’essor, de la sérénité et de l’écho. Pour oublier un feuilleton truffé de rendez-vous ratés (Martin Fourcade longtemps espéré comme le « Tony Estanguet des montagnes »), de renoncements (Nice, par la voix de son nouveau maire Éric Ciotti, déchirant le projet initial et refusant de figurer dans le projet), de tensions internes, d’une cascade de démissions, d’incompréhensions, de retards (à l’image de partenaires tardant à se rallier), jusqu’à la grave crise de gouvernance qui n’a fait que creuser les différences, les divergences et poussé après dix-huit mois à la tête du Cojop, Edgar Grospiron à annoncer son départ le 10 septembre dernier.
Passer la publicité
Après une période d’intérim occupé par Vincent Roberti, le directeur général, Geoffroy Roux de Bézieux s’empare des rênes d’un événement tentaculaire. Il lui faudra réussir le grand écart entre Paris et la montagne, incarner le projet dans sa diversité, empocher l’adhésion des acteurs locaux, convaincre les sponsors (un tiers du budget provenant des partenaires privés) en ouvrant son immense carnet d’adresses, user de son expérience du dialogue pour apaiser le climat social interne, composer avec les parties prenantes politiques, faire coller des intérêts parfois divergents et faire basculer ces JO dans leur phase opérationnelle…
Une crise de gouvernance pour Alpes 2030
« Les fondations des Alpes 2030 sont solides, bien ancrées », avait résumé Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination du CIO, au terme d’une visite de trois jours en septembre pour observer les installations des épreuves de glace (hockey sur glace, le curling, le patinage artistique et le short-track) prévues à Lyon, à la place de Nice, dernier mouvement d’une carte des sites longue à dessiner. Les épreuves de patinage de vitesse (grande piste) se dérouleront à Heerenveen aux Pays-Bas. Le pôle Haute-Savoie accueillera les épreuves de ski nordique (le biathlon au Grand-Bornand, le ski de fond à La Clusaz), le pôle Savoie hébergeant le ski alpin et le saut à ski (à Courchevel et Val d’Isère). Le pôle briançonnais étant, lui, le théâtre des épreuves de ski freestyle, de snowboard et de ski alpinisme (à Serre-Chevalier et Montgenèvre).
Geoffroy Roux de Bézieux, chef d’entreprise de 64 ans, faisait déjà partie de l’organigramme du comité d’organisation depuis avril, après sa nomination à la présidence du comité des rémunérations, après avoir été membre du conseil d’administration du comité d’organisation des Jeux de Paris 2024 en tant que représentant du monde économique. Il va dans un premier temps s’atteler à sillonner le terrain. Pour prendre le pouls, sentir, comprendre, souder. Il va mettre son dynamisme, sa motivation, son expérience et son sens de la communication au service du projet. Avec méthode. Comme lors de la campagne conduisant à sa nomination. Discrète. Efficace. « Il connaît très bien le sport. Il ne va pas débarquer en mocassins dans la neige », sourit un proche. Avec leur nouvelle tête de gondole, les JO 2030 veulent rallumer la flamme…
