Dans un documentaire consacré à Zinédine Zidane, Marie-George Buffet est revenue sur les consignes reçues concernant les contrôles antidopage au sein de l’équipe de France en 1998.
Passer la publicité Passer la publicitéMinistre des Sports entre juin 1997 et mai 2002, Marie-George Buffet fit de la lutte antidopage l’une de ses priorités sous le gouvernement de Lionel Jospin. Plus de vingt ans après avoir quitté ses fonctions, la femme politique a témoigné dans un documentaire consacré à Zinédine Zidane («Zidane, la fabrique d’une légende» sur BFM TV), le nouveau sélectionneur des Bleus et champion du monde avec l’équipe de France en 1998.
Un test inopiné à Tignes qui avait provoqué la colère du staff tricolore
Celle qui fut aussi députée communiste a reconnu que les contrôles antidopage inopinés menés sur la sélection tricolore dirigée par Aimé Jacquet avaient cessé avant la Coupe du monde en France. Des tests (tous négatifs) avaient pourtant été effectués lors d’un stage à Tignes quelques mois avant la compétition, en 1997, de manière inopinée mais la venue des contrôleurs dans la station savoyarde avait provoqué l’agacement de l’encadrement des Bleus.
Passer la publicitéJe ne devais plus embêter les Bleus jusqu’à la Coupe du monde
Alain Garnier, médecin chargé des tests sur l’équipe de France
Alain Garnier, médecin dépêché à Tignes à l’époque pour procéder à ces contrôles révèle dans ce documentaire avoir reçu des consignes pour lever le pied. «Je ne devais plus embêter les Bleus jusqu’à la Coupe du monde (...) En clair, plus de contrôles inopinés»,a-t-il déclaré avant de préciser qu’après le Mondial, le suivi avait repris normalement.
Des propos confirmés par Marie-George Buffet. «Si le Dr Garnier le dit, oui, c’est que c’était vrai. (...) On ne l’a pas dit comme ça, mais ça revient au même. C’était un recul (de la lutte antidopage, NDLR)», a expliqué l’ancienne ministre avant d’ajouter : «On a dû nous faire passer la consigne au niveau des cabinets.»
Quand Roland-Garros refuse les contrôleurs
Marie-George Buffet, qui avait dû gérer l’affaire de dopage Festina durant le Tour de France 1998, avait été auditionnée en 2013 par le Sénat devant la Commission d’enquête sur la lutte contre le dopage. Elle avait, à l’époque, confié que le monde du football n’avait pas été le seul sport à freiner des quatre fers lorsque les contrôleurs de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) tentaient de multiplier les tests. Le monde de la petite balle jaune, aussi, avait montré des réticences : «L’AFLD fait fort bien son travail ; encore faudrait-il que toutes les grandes fédérations sportives acceptent ses interventions, ce qui n’est pas toujours le cas. On sait très bien que l’Agence n’a pas ses entrées à Roland Garros !», avait-elle expliqué.
Une audition au cours de laquelle elle avait aussi abordé le sujet des contrôles sur les Bleus de 1998. Ses propos corroborent ceux lâchés dans le documentaire : «Le seul moment où j’ai senti que ma volonté s’infléchissait, du fait d’une trop forte pression, c’est après le contrôle inopiné de Tignes, à propos duquel je me suis presque excusée sur les ondes.»