Jacob «Jake» Whisenant, 30 ans, a fait une chute mortelle début août dans le parc national de Sequoia et Kings Canyon, en Californie.

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Deux heures, cinquante-cinq minutes et trente-deux secondes. C’est le chrono qui avait fait entrer Jake Whisenant dans le cercle très étroit des grimpeurs de vitesse d’El Capitan, le célèbre bloc rocheux situé dans le parc national de Yosemite. Deux ans plus tard, c’est une autre paroi de la Sierra Nevada qui lui a été fatale.

Le grimpeur américain Jacob «Jake» Whisenant, 30 ans, installé à Mammoth Lakes (Californie), est en effet mort au début du mois d’août des suites d’une chute survenue dans la zone sauvage des parcs nationaux de Sequoia et Kings Canyon, dans la Sierra Nevada. L’information a été rendue publique lundi par le bureau du shérif du comté de Tulare et par le National Park Service (NPS), peut-on lire dans la presse américaine.

Entre l’alerte et la découverte du corps, quarante-huit heures se sont écoulées. Selon le NPS, ses équipes sont intervenues le 2 août pour un «incident lié à l’escalade». Les opérations de secours puis de recherche ont duré deux jours, avant que des rangers ne retrouvent le corps du grimpeur. Le service médico-légal du comté de Tulare a fixé la date du décès au 3 août. D’après le New York Times, Jake Whisenant est mort de blessures traumatiques consécutives à une chute. Son amie Bailee Moore a confirmé sa mort au quotidien américain.

Une première dans Sequoia and Kings Canyon

Dans un hommage publié en ligne mardi et relayé par le Guardian, sa fiancée Emma London écrit avoir reçu «l’appel que personne ne veut jamais recevoir». La jeune femme précise que le grimpeur a chuté lors d’une ouverture dans le parc de Sequoia and Kings Canyon. Pour rappel, en escalade, une ouverture est la première ascension d’un itinéraire jamais gravi, sans topographie ni ancrages en place.

Jake Whisenant a grandi dans les faubourgs du désert de Sonora, en Arizona, à Scottsdale plus précisément, note le New York Times. Il s’est ensuite installé en Californie à Santa Barbara où il a suivi des études en environnement. Avant sa mort, il vivait à Mammoth Lakes, aux portes de Yosemite, avec sa fiancée. Bailee Moore a lancé une cagnotte GoFundMe destinée à financer des mémoriaux dans les lieux qu’il aimait.

Un chrono de référence sur El Capitan

Le grimpeur s’était fait un nom dans la communauté de l’escalade pour ses ascensions de vitesse à Yosemite. En octobre 2024, avec son partenaire de cordée Brant Hysell, il avait signé la plus rapide ascension de Lurking Fear, une voie d’environ 610 mètres sur El Capitan, l’impressionnant monolithe de granit du parc californien. La course, que les cordées bouclent d’ordinaire, avait été avalée en 2 heures 55 minutes et 32 secondes. Le précédent record datait de 2003 : 3 heures et 4 minutes, par le Japonais Yuji Hirayama et l’Américain Nick Fowler. Pour l’améliorer, les deux hommes avaient allégé leur matériel, après une première tentative dans la même voie, en un peu plus de quatre heures, deux jours plus tôt, avait expliqué Jake Whisenant au magazine spécialisé Gripped .

Le duo avait récidivé en juin 2025 dans Le Prow, une voie de Washington Column, une paroi de 1100 pieds (335 mètres) de Yosemite, en 2 h 52 min, selon un collectif qui recense les records du parc. En mai dernier, avec Noah Fox cette fois, le grimpeur avait enchaîné deux ascensions d’El Capitan dans la même journée par la voie du Nose, un exercice rare sur un itinéraire qui exige d’ordinaire plusieurs jours d’effort.

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Ces courses contre la montre bénéficient d’une visibilité nouvelle depuis 2018 et le documentaire Free Solo, qui a suivi l’ascension sans corde d’El Capitan par l’Américain Alex Honnold. Depuis, les records de vitesse se disputent à la minute sur quelques voies historiques.