Alors que le journaliste sportif de 37 ans est incarcéré près d’Alger depuis près de 500 jours, ses parents relancent une campagne pour réclamer sa libération. Le Conseil de Paris lui a récemment décerné la médaille du citoyen d’honneur de la capitale.

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Après trois mois passés dans le silence pour tenter de calmer la colère du gouvernement algérien, les parents de Christophe Gleizes relancent une campagne médiatique afin de réclamer la libération du journaliste sportif de 37 ans. «Christophe est solide, il tient bon grâce à tous les témoignages de solidarité et la mobilisation», a remercié sa mère, Sylvie Godard, au micro de France Info ce jeudi 15 octobre.

Un message de soutien en particulier a donné de la force à son fils, celui de Zinédine Zidane. Lors de sa première conférence de presse en tant que nouveau sélectionneur de l’équipe de France le 28 juillet dernier, le légendaire milieu de terrain d’origine algérienne avait sobrement manifesté son soutien : «Je suis parent et je veux juste qu’il rentre chez lui pour voir sa famille.»

Cette prise de parole très attendue a conféré un nouveau statut au journaliste au sein de la prison de Koléa, où il est détenu depuis le 29 juin 2025, à l’ouest d’Alger. «Il est considéré comme un héros, je n’ose pas dire légende, par tous ses co-détenus - il y a environ 8000 prisonniers», a expliqué Sylvie Godard, qui a pu rendre visite à son fils il y a dix jours. «C’est incroyable, il n’en revenait pas», a-t-elle ajouté.

«Il se sent redevable»

Cela fait 473 jours que Christophe Gleizes est emprisonné en Algérie, où il a été condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme» et «possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national». Les autorités algériennes lui reprochent principalement d’avoir été en contact, dans le cadre d’un reportage pour les magazines So Foot et Society, avec un responsable sportif lié au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation indépendantiste classée comme terroriste par Alger depuis 2021.

Depuis, les parents du journaliste se battent pour obtenir sa libération. Hantée par la crainte que son fils reste emprisonné pendant sept ans, Sylvie Godard a déclaré qu’il était «important que les gens continuent de parler de lui, sinon il sera oublié». «Christophe se sent fort parce qu’il veut être à la hauteur de toutes ces personnes qui le soutiennent. Il se sent redevable», a-t-elle précisé avec émotion.

Le beau-père du journaliste, Francis Godard, a salué la décision de la mairie de Paris de décerner à Christophe Gleizes la médaille du citoyen d’honneur de la capitale. «C’était un grand moment car le vote est passé à l’unanimité, j’étais très ému», a-t-il affirmé, ajoutant que les élus de la mairie d’Agen avaient eux aussi conféré le statut de citoyen d’honneur à son beau-fils, tout comme le conseil régional d’Île-de-France. «On aimerait bien que les collectivités locales françaises s’adressent aux collectivités locales algériennes», a-t-il indiqué.

Colère algérienne

La famille de Christophe Gleizes, soutenue par Reporters sans Frontières, déplore en effet que le sort du journaliste soit dépendant des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. Si Sylvie et Francis Godard se sont murés dans le silence cet été, c’est parce que le gouvernement algérien aurait été «en colère» après leur déplacement à New York lors de la Coupe du Monde de football. «On s’y était rendu pour interpeller Abdelmadjid Tebboune », a expliqué le beau-père.

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La prise de position de Gianni Infantino a aussi alimenté la colère algérienne, selon la famille. Le président de la Fifa s’était exprimé en marge de la Coupe du Monde qui se déroulait aux États-Unis l’été dernier, déplorant que Christophe Gleizes soit «le seul journaliste sportif au monde à être emprisonné».

Mais las de ce «feuilleton diplomatique» sans fin, la famille de Christophe Gleizes a fait le choix de repartir en campagne avec une série de mobilisations à venir. Un match caritatif devrait notamment être organisé en novembre à l’occasion des 500 jours de son incarcération, a indiqué Thibaut Bruttin, le directeur général de Reporters sans Frontières, également invité sur France Info.

«Aujourd’hui, on change de pied. La patience, le silence, le vacarme, tout ça n’a pas marché. Il est important de dire à l’Algérie que la campagne reprend. On en a sous la pédale», a-t-il fermement déclaré. Il s’est par ailleurs indigné que Christophe Gleizes soit «traité comme un prisonnier de droit commun», il invite donc à «se poser la question de savoir maintenant si ce n’est pas un otage d’État». Et les parents de Christophe Gleizes de conclure : «Nous, on n’abandonnera jamais le combat pour faire libérer Christophe.»