Lâché de toutes parts jusque dans sa garde rapprochée, le patron de la Fifa va devoir s’accrocher pour survivre à la tempête.

Passer la publicité Passer la publicitéSon silence pesait plus que d’autres, à en juger les commentaires et les articles parus en Angleterre ces derniers jours. Mais Arsène Wenger a fini par sortir du bois, pour se désolidariser à son tour de Gianni Infantino et de ses projets. «La décision de retirer le projet était absolument nécessaire et incontestable», a remarqué dans un communiqué l’ancien entraîneur légendaire d’Arsenal dans un communiqué au sujet du très controversé projet de Fifa Forward Entreprise, abandonné le week-end dernier par le patron de la Fifa.

«Je n’étais pas impliqué dans ce projet dont j’ai appris l’existence dans la presse», promet l’Alsacien au sujet du projet mercantile de société commerciale de la Fifa révélé par le Times mardi dernier. Arrivé en 2019 au sein de l’organisation internationale, où il occupe le poste de directeur du développement du football, Wenger assure «fermement croire à une Fifa indépendante, qui sert le football avec engagement, transparence, et intégrité».

Passer la publicitéUne rupture attendue mais surtout claire et nette avec le projet de Gianni Infantino, lâché dans le même temps par le numéro 2 de l’instance, Mattias Grafström. Dans un mail envoyé mardi aux salariés de la Fifa, auxquels il promet de «toujours avoir sa porte ouverte», le secrétaire général de l’instance a reconnu une «semaine à la fois extraordinaire et éprouvante pour l’ensemble des membres de la Fifa». Le Suédois a regretté «une série d’événements tristes et condamnables», qui ont «heureusement abouti à l’abandon permanent» du projet.

«Les individus et les épisodes malheureux passent»

«Les individus, les moments d’instabilité et les épisodes malheureux passent», appuie l’ancien proche d’Infantino, passé de son chef de cabinet lors de l’accession de ce dernier à la présidence en 2016, avant de devenir secrétaire général de l’instance en 2024. «L’institution, sa mission et sa responsabilité envers le football continuent, promet Grafström. C’est pourquoi nous devons faire preuve de professionnalisme, de recul et de sang-froid».

Ces dernières défections s’apparentent à un coup de grâce pour Gianni Infantino, désormais lâché par toute sa garde rapprochée. En fin de semaine dernière, c’est son proche conseiller Carlos Cordeiro qui s’était désolidarisé «catégoriquement» du projet de FFE avant que le Français Kévin Lamour, numéro 3 de l’instance, ne dénonce «le projet d’un seul homme».

Un soutien de Donald Trump comme dernier espoir ?

Alors, jusqu’à quand ce cavalier seul peut-il tenir ? Poussé à la démission de toutes parts, le dirigeant italo-suisse, qui convoitait la tête de la société commerciale tel un commissionnaire à l’américaine, avec des émoluments colossaux à la clé, se refuse à tout commentaire depuis l’abandon de son projet dans la nuit de vendredi à samedi. Hormis un satisfecit de rigueur sur la dernière Coupe du monde, «le plus grand évènement de l’histoire de l’humanité» selon lui et son fidèle allié, le président américain Donald Trump.

Ce dernier évite d’ailleurs de se mouiller depuis, esquivant les questions autour des projets de son «ami Gianni» depuis le coup de sifflet final du Mondial. Et si la presse américaine a fait état de quantité d’«appels à l’aide» de la part du président de la Fifa au 47e président et à son cabinet, c’est silence radio à Washington. «Le président de la Fifa n’a appelé à aucun moment le Président des États-Unis ou aucun membre de son administration dans les derniers jours, c’est de la pure fiction», a même commenté un compte officiel de la Fifa sur X, dans une manière très «trumpienne» de démentir les infos des médias.

Passer la publicitéEn quête de soutien public, alors que les lettres officielles de fédérations annonçant retirer leur soutien en vue d’une réélection en mars prochain, au Congrès de la Fifa à Rabat (Maroc), Infantino se retrouve plus que jamais acculé au sein d’une instance où les soutiens se font chaque jour plus rares. Pour ne pas dire existants. Par ailleurs menacé de poursuites judiciaires par l’UEFA, où on brandit également les menaces de boycott, du prochain Mondial des Clubs (2029) aux simples réunions, Infantino est plus que jamais isolé dans une tempête qu’il a grandement contribué à créer. Mais il ne semble pas encore décidé à plier.